‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 34 sur 177 · LE DROIT D'INSURRECTION · texte numérisé non relu

LE DROIT D'INSURRECTION

loi lui donnant ouvertement le conseil d'en appeler à la force, comme le fait Blackstone quand il écrit que, a pour venger leurs droits et les revendiquer lorsqu'ils seront attaqués ou violés », les Anglais devront s'adresser d'abord aux tribunaux de justice pour réclamer la protection des lois ; de là présenter leurs requêtes au roi ou au Parlement pour obtenir le redressement des griefs;... enfin... prendre les armes pour leur propre défense. » Mais, si, comme le disait Turgot au roi, « la société française était une société composée de différents ordres mal unis et d'un peuple dont les membres n'avaient entre eux que très peu de liens sociaux », elle n'était pas pour cela dénuée du sentiment de conservation, et elle comprenait, d'une manière instinctive et confuse, qu'à défaut de tribunaux pour assurer les droits de chacun, il y avait la résistance matérielle.

. Les embarras du gouvernement croissaient dans Embarras de toutes les affaires où était engagé le protestantisme, errlcT"" soit par suite des exigences du clergé, soit par suite de la révolte des esprits. Si l'archevêque de Paris refusait de marier des négociants qu'il prétendait n'être pas catholiques et persistait, contre les injonctions du Parlement et les observations du grandaumônier, à exiger qu'on lui prouvât son erreur par une attestation de l'ambassadeur de Hollande, les autres prélats avaient des préoccupations d'un tout autre genre.

L'abbé de Talsy et Tévêque de Chartres, dénonçaient les habitants des paroisses de Josne et de Guillonville qui avaient ouvert une école, établi un temple dans une maison de Neuville, refusant de se

des protestants.

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soumettre à leur juridiction. Ce qui se passait dans l*Orléanais arrivait aussi dans la Gascogne et le Béarn, où l'évêque de Dax demandait de réprimer Taudâce des religionnaires. En Picardie, les habitants de Templeux - le - Guérard et d'Hargicourt avaient établi leur service religieux dans une grange où un ministre faisait publiquement ses fonctions; il en était de même pour les habitants de Nauroy, en Champagne, qui se réunissaient dans la maison des enfants de Louis Bas. Dans la Saintonge, les protestants faisaient bâtir un temple à Saint-Fort de Cosnac. Le gouvernement donna Tordre d'arrêter le pasteur qui résidait à Hargicourt, fit emprisonner les enfants de Louis Bas, le maître d'école de Guillon ville; mais, quand il se trouva devant une population protestante plus nombreuse, il fut très embarrassé. Dans sa lettre à l'intendant d'Orléans, le ministre écrit « que le mal ne ferait que s'accroître par l'espérance de l'impunité, si on ne cherchait pas à en imposer (aux religionnaires de Jones et de Guillonville) ; il lui prescrit de faire comparaître, devant le subdélégué, les deux principaux religionnaires de ces paroisses et « de leur défendre, de la part de Sa Majesté, de continuer leurs assemblées et de leur enjoindre de fermer leur école, sous peine d'être sévèrement punis ». Pour la Saintonge, il prévoit que ses ordres seront plus difficiles à exécuter, car, en décidant la démolition du temple de Saint-Fort de Cosnac il dit : « Si vous prévoyez qu'elle puisse exciter quelque émeute qu'il soit ensuite trop difficile d'apaiser, vous voudrez bien la différer jusqu'à ce que, sur l'avis que vous m'en donnerez, j'aye pu prendre de nouveau les ordres de Sa

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