MESURES D'ORDRE
tent des munitions de guerre, nonobstant les défenses du gouvernement et les plaintes des Anglais. »
Il fallait à la fois trouver de l'argent d'une manière prompte et mettre fin au désordre et aux prodigalités inutiles. Il fallait reprendre le travail de Turgot, interrompu par le déplorable ministère de Clugny, qui, en moins de einq mois, avait ramené tous les abus et toutes les concussions.
Necker fit, dès le 22 décembre, deux règlements, RàgicmwBi l'un pour la liquidation des dettes et paiements des daroi.*^''
dépenses de la maison du roi, l'autre pour les pen- et fr«cei sions et autres grâces pécuniaires. 11 voulait que les nS^^^m. dépenses de la maison du roi fussent toutes soldées dans l'année, et que les dettes qui existaient fussent éteintes dans un délai de six ans. Pour les grâces et les pensions, il tenait à mettre sous les yeux du roi l'ensemble des sollicitations qui lui étaient présentées et des fonds qui devenaient disponibles. Il comptait frapper le monarque par le chiffre excessif des demandes qui lui étaient faites et obtenir, comme l'avait espéré Turgot, qu'il ne ressusciterait qu'une partie des libéralités devenues sans emploi.
<K Sa Majesté, disait-il dans le préambule de l'édit, a vu avec peine que des libéralités successives avaient extrêmement chargé l'état de ses finances... Sa Majesté a senti la nécessité de prévenir cet inconvénient dans la suite. Dans cette vue^ Elle se propose de renvoyer à une seule époque de l'année la distribution des grâces pécuniaires, . . • Elle pourra découvrir ainsi toute l'étendue des demandes; et, en rassemblant sous ses yeux la somme des différentes extinctions, Elle pourra remplir le dessein qu'Elle a formé de n'en
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Les peasioos
et les dons,
du mois
de
septembre
au mois
ded6cembrel776.
Le» brevets
<l*ii»s<iraDce.
n livuë: preuier.
appii(|uer qu'une partie à la distrifaotion des grâces nouvelles. »
Dans ce règlement, le public apprenait que la multiplicité des caisses de TÉtat, chargées de payer des pensions et des gratifications, était une cause d'abus et de confusion pourlesfinancesdu royaume. Toutes les pensions nouvelles devaient être payées au Trésor royal. Necker complétait ses mesures d'ordre en faisant revivre les prescriptions de Turgot défendant « toute attribution d'intérêt dans les ferm^ ou les régies de revenus royaux et dans toutes les affaires de finances... Son intention était, disait*iU de n'y admettre, à titre d'intéressées, que les personnes nécessaires à l'administration de ces mêmes affaires^ »
€ Vous aurez appris, écrit à ce propos un écrivain de répoque, que M. Necker, en vue de Tordre sans doute, non moins que de se concilier un peu l'esprit de ses adversaires, a fait... publier des règlements... On a trouvé sages ces règlements, et puis voilà tout. » Scepticisme très naturel, quand on voit que les pensions, pour services domestiques, n*ont pas cessé de s'accroître un seul instant. M°* Martin a 1,200 livres de pension parce qu'elle a été « employée à la garde-robe de la reine pour enfiler les diamants »; une femme de chambre obtient annuel* lement 1,650 livres après sa retraite de la cour. Le porteur de chaise de la reine, Lhollier, reçoit aniiuellement comme i*etraite 500 livres ; le porte-arquebusier du roi a une pension de 1,000 livres pour l'aider à marier sa fille, et une première femme de chambre de la reine voit fixer sa retraite à 6,000 livres. Une pension de même somme est donnée a
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