‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 48 sur 177 · RÉTRACTATION EXIGÉE DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

RÉTRACTATION EXIGÉE DE VOLTAIRE

pas la* force de continuer à voir ce spectacle. »

Le lendemain, l'abbé Gaultier d'accord avec ses L'tbbé caumer supérieurs, écrivait à Voltaire. « J'apprends, mon- de Sint-satpice sieur, par la voix publique, que vous êtes très dan- T^v^Slre?* gereusement malade. Cette nouvelle m'afflige beau- ^® ^ ™** *^^*coup; mais ce qui augmente ma douleur c'est qu'on ne m'envoie pas chercher de votre part... Hélas 1 si le Seigneur vous appelle à lui, quel bonheur pour vous de vous être mis en état de paraître devant ce grand Dieu, qui juge les justices mêmes 1 Quel malheur, au contraire, de périr sans avoir pensé à la grande affaire de votre salut... » Vers les six heures du soir, l'abbé Mignot vint chercher Gaultier, et Votre dernière lettre lui a fait une grande impression, aurait-il dit à cet abbé, d'après le mémoire adressé par Gaultier à l'archevêque de Paris, il veut se confesser et ne se confesser qu'à vous... Je répondis à M. l'abbé Mignot, que je confesserais volontiers M. de Voltaire pourvu qu'il fit la rétractation suivante dont je lui fis lecture et qu'il trouva bien. »

La rétractation était ainsi libellée : « Je rétracte Formule twrtce que j'ai pu dire, faire et écrire contre les ^"'^êrigéTdt***" bonnes mœurs, contre la religion chrétienne dans ^*^*'^^^»«^»'laquelle j'ai eu le bonheur de naître, contre la personne adorable de Jésus-Christ dont on m'accuse d'avoir attaqué la divinité, et contre son église dans laquelle je dois mourir ; faisant la réparation actuelle à h^iface de l'univers scandalisé par les œuvres qui paMttssâient ^ous mon nom depuis tant d'années ; la(pielte rëpaTation n'est point Teffet de l'affaiblissement de mes organes dans mon grand âge ; mais de

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tSO LIVRE PREMIER.

la grâce de Jésus-Christ dont j'étais si indigne, qui m'ouvre les yeux sur l'horrible danger où les délires de mon imagination m'ont plongé. Je désire que cette réparation soit insérée dans tous les journaux et gazettes de l'Europe, afin qu'elle égale, autant qu'il est possible, les scandales, que je voudrais détruire au prix même du peu de jours qui me restent à vivre. »

sitieèrité Rien ne manque, on le voit^ dans cette étrange ^ Jûuiucr. pièce, pour constater qu'il s'agissait, dans cette affaire, de Torgueil d'un corps et non d'une conquête religieuse. L'abbé Gaultier écrit à l'archevêque en faisant allusion au couronnement de Voltaire et aux ovations que le grand écrivain a reçues : « Pendant près de deux mois, M. de Voltaire fit bien des choses qui ne me plaisaient pas, et que j'aurais peut-être empêchées si j'avais pu m'entendre avec lui. » L'abbé Gaultier prouve, par cette naïveté, qu'il était sincère et étranger aux calculs de sa corporation. Il dit donc la vérité quand il ajoute : « M. l'abbé Mignot me promit de faire signer cette rétractation par son oncle ; alors, je lui dis que je serais charmé que M. le curé de Saint-Sulpice fut présent lorsque M. de Voltaire se rétracterait. Nous fûmes ensemble chez ce digne pasteur, qui consentit volontiers à nous accompagner chez le malade. Avant d'entrer dans la chambre de M. de Voltaire, je lus à M. le marquis de Villette la rétractation que j'exigeais du malade; il la trouva fort bien et dit qu'il ne s'y opposait pas. Nous entrâmes ensuite dans l'appartement j de M. de Voltaire. Monsieur le curé de Saint-Sulpice ; voulut lui parler le premier. » j

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