‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 55 sur 177 · ROUSSEAU ET VOLTAIRE · texte numérisé non relu

ROUSSEAU ET VOLTAIRE

monument civil sous lequel s*abrite encore, à rheure qu'il est, la famille européenne. »

Le Contrat social n'offre, en fin de compte, qu'une affirmation dont on devait largement abuser : c'est que la souveraineté réside dans le peuple entier ; qu'elle ne peut être ni aliénée, ni partagée, ni représentée ; il substitue la tyrannie de la foule à la tyrannie d'un individu, jusqu'à affirmer que la volonté générale est toujours droite, à la condition, il est vrai, que les citoyens voteraient chacun à part sans avoir aucune communication entre eux. Le Contrat social f comparé aux aspirations de Voltaire et de Montesquieu, est le code à la fois de l'anarchie et du plus effroyable despotisme. Quand Rousseau, s'attaquant aux riches, dans son discours sur les fondements de Vlnégalité panni les homntesj les représente inspirant à leurs semblables des maximes qui changeront leurs adversaires en défenseurs de leur égoïsme, il touche une des faiblesses de Tesprit humain. Il avoue naïvement, sans s'en rendre compte, cette passion d'imposer sa volonté à ses semblables, qui^ dans les socialistes modernes, se traduit par un anathème contre ce qu'ils appellent l'individualisme. La tendance à la tyrannie est une lèpre inhérente à notre nature; les pays les plus libres la voient poindre comme une de ces monstruosités qui apparaissent de temps en temps dans les végétatit)ns physiques.

Les contemporains de Voltaire, en lui attachant Rousseau, obéissaient, sans le savoir, à ces entraînements passionnes qui, par suite des infirmités de Thumanité, allient si souvent le mal au bien. Tous

les écrivains, tous les orateurs qui préconisent les théories qu'on appelle sociales, seraient de Técole de Rousseau, si Rousseau les eût inventées; mais elles sont vieilles comme le monde. Rousseau ne fut^ comme Voltaire, que le traducteur des idées et des aspirations qui avaient cours dans la société. Il joua, et devait jouer souvent, en face de Voltaire, le rôle de ces insulteurs publics qui suivaient le char des triomphateurs romains. Ce rôle explique l'antagonisme des deux écrivains et le silence qui se fit autour de Rousseau au moment du bruyant enthousiasme qui saluait Voltaire \

« Mémoires secrets pour servir à Vhistoire des lettres^ tome XII, p. 10, 11, 36, 47, 55, 59. 77, 82, 105, 118. — Voltaire, son retour et sa mort, par Gustave Desnoiresterres, p. 401 et suiv., 408. — Œuvres de d'Alemhertf tome V, p. 407, 412, 518 et suiv., 524 et suiv. — Correspondance littéraire de Grimm et Diderot^ tome IV, p. 223 et suiv., 253 et suiv. — Mémoires et correspondances du général Lafayette, tome II, p 457. — Œuvres complètes de Rousseau, Paris, 1793, ia->8, tome ilf, p. 433 et suiv., 440; tome VIII, p. 62, 125, 132, 147, 259, 263; tome XXXI, p. 211. 237, 2G4, 265; tome XXXIV, p. 423; tome XXXV, p. 44. - Le dernier volume des oeuvres de Voltaire. Paris, 1862, in-8, p. 124. — Voltaire et Rousseau comparés en 18G1, par Edouard l'Hôle. — La France sous Louis XV, tome V, p. 209 et suiv., 575 et suiv. -- Archives nationales, 0*489 : Le ministre de la maison du roi à Lenoir, 26 juin, 4 septembre 1778| sur l'éloge de Voltaire à T Académie.

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Discours du comte do Gbatham, avril 1778. ^ Craintes da goaTemement anglais; mesures prises contre une invasion, avril 1778. — Projet d'une descente en Angleterre des frères de Broglie, le maréchal et le comte.

— Plan d'une descente en Angleterre adopté par les ministres le 20 juillet 1778. — En 1778 il s'agit de la liberté des peuples; en 1803 de leur servitude. — Les peuples progressent et échappent à l'oppression malgré des chefs incapables ou criminels. — Les disciples de Rousseau et ceux de Voltaire. — Combat de la Belle-Poule, 17 juin 1778. — Lettre de Louis XVI au duc de Pentbièvre, 10 juillet 1778.— Lettre de Silas-Deane k d'Estaing, 11 mai 1778. — Bataille de 6erman-Town, 3 octobre 1777. — Gates, Washington et le congrès.

— Fermeté de Washington, Valley -Forge. — Les pouvoirs de Washington amoindris par le congrès, Conway. — Lettre de Lafayette ; réponse de Washington. •— Jugement porté par Lafayette sur lui-même. — Le eongrès décide une expédition contre le Canada, 22 janvier 1778. — Colère provoquée dans l'armée et parmi les principaux citoyens par l'intrigue ourdie contre Washington. ~ Lettre des délégués anglais au congrès et réponses du congrès, juin et juillet 1778. — Joie de l'Amérique à l'annonce du traité conclu avec la France. — Philadelphie abandonnée par les Anglais, 22 juin 1778. — Bataille de Monmouth, 28 juin 1778.— Arrivée de la flotte française le 8 juillet 1778; d'Estaing.

— D'Estaing dans la rade de Newport , 8 août 1778 ; ses relations avec Lafayette et Grean. — Irritation du général Sullivan ; mécontentement des Américains. — Sagesse du congrès; Washington rend justice à d'Estaing. — Appréciation de d'Ëstaing par Lafayette. — D'Estaing se rend anx Antilles, 3 novembre 1778 ; le marquis de Bouille. — Réserve

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de d'Estaing vis-à-vis de Bouille. — Échec de d'Estaîng à Sainte-Lucie; sa lettre au ministre. — Calomnies adressées à Versailles contre d'Estaing. — Bouille rend malgré lui justice à d'Estaing. — Prise de Savannah par les Anglais; attaque de Charleston. — Conquête de Tile Saint-Vincent sur les Anglais, 19 juin 1779. — Conquête de la Grenade, 4 juillet 1779; Macartney et d'Estaing. — Victoires navales des Français, 6 juillet 1779. — Fierté pleine de tristesse de d'Estaing en face des calomnies. — D'Estaing obligé de renoncer au siège de Savannah après un assaut, 22 octobre 1779. — Jugement porté sur d'Estaing par le chevalier de Massac. — Combat naval d'Ouessant, 27 juillet 1778.

— Le duc de Chartres à Paris. Enthousiasme, puis désappointement.— Le duc de Chartres justifié par Lamothe-Piquet. — Le duc de Chartres nommé colonel-général des troupes légères, novembre 1778. — Le doc de Chartres et la reine. — Les ambitions de l'empereur Joseph. — Une institution royale ne donne aucune garantie de sécurité aux nations. ~ Marie-Thérèse, Marie-Antoinette et les ministres français. — Grossesse de la reine annoncée à sa mère^ 19 avril 1778. Mercy et ses leçons de diplomatie. — La czarine et Frédéric, Marie-Antoinette et Joseph II. — Mercy et Marie-Thérèse compromettent la reine devant les Français.

— Paix de Teschen, 13 mai 1779. — Naissance de Madaaie, fille du roi, depuis duchesse d'Angoulême, 19 décembre 1778. ~ Le roi et la reine viennent assister au Te Deum chanté pour la naissance de leur fille,

'8 février 1779. — Intérieur de la famille royale, projets de la reine pour l'éducation de sa fille, tendresse du roi pour son épouse et son enfant. — Irrémédiable scission entre les idées des cours et celles des peuples, révélées par les confidences des princes. — Causes nouvelles de conflits nées dans la société. — Espérances de Mercy toujours déçues ; les veilleurs de la reine. — Dépenses extravagantes, de 1778 à 1780.

— Le comte d'Artois, ses dettes et ses enfants. — Les grâces pécuniaires de 1776 à 1781. — Avidité du duc de Guines et de M»* de Lamballe. — Réflexions de M"** de Polignac sur l'instabilité de la faveur. — M">« de Polignac veut profiter de l'occasion pour la fortune de sa famille.

— Mort de Marie-Thérèse, 29 novembre 1780. — Les administrations provinciales ; mémoire au roi, 1778. — Assemblée provinciale du Berry, 12 juillet 1778. — Conceptions du duc de Choiseul en fait de finances ; ses plans pour les assemblées provinciales, 1778. — De l'administration des Ëlats provinciaux ouvrage de le Trône, 1779.^La France dans l'Inde en 1758. Clives et le comte de Chalham. — Clives en Angleterre, de 1760 à 1764. — Retour de Clives dans l'fnde ; il y réalise ses projets et fonde un vaste empire. — Situation de la France dans l'Inde en 1778. — Débats du conseil à Versailles. — Illusions des employés français dans l'Inde; prise de Pondichcry, 17 octobre 1778. — Alliance inutile avec le sultan de Mysore; la France n'a plus de possessions sur le continent indien, 20 mars 1779. — Expédition du Sénégal, novembre 1778. — Prise de Charlestown, 12 mai 1780. — Lafayette revient en France; enthousiasme public, janvier 1779. — Lettre de John Adams àSartines.—

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