‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 70 sur 177 · D ESTAING CALOMNIÉ · texte numérisé non relu

D ESTAING CALOMNIÉ

avait feit forcer, par M. le marquis de Livaro... un poste avancé des ennemis... M. de Bouille, M. de Lowendal et moi, nous nous trouvâmes au même point; un engagement général en fut la suite, et une redoute anciennement construite dans le bois et emportée avec vigueur, devint le fruit d'une attaque très meurtrière, et que j'ai commis la faute de vouloir rendre décisive... La retraite a été faite d'après les dispositions de M. de Bouille, par M. le vicomte de Damas qui a replié tous les postes avec autant d'ordre que de sagesse... La profonde douleur dont je suis pénétré n'influe pas sur mes démarches, mais je ne vous dissimule pas que mon dévouement total pour le service du roi peut seul me faire résister à l'enehainement inconcevable de circonstances accablantes, elles ont sans cesse annulé le zèle et les moyens. »

Pendant que cette lettre, empreinte d'une noble calomnies adresdouleur, rendait justice aux officiers qui avaient co^nTred^E^iîTg. combattu, il partait de Fort-Royal une autre lettre pour le ministre dans laquelle l'amiral était représenté comme une sorte de fanfaron qui parlait à tout le monde de ses projets d'attaque contre les îles anglaises et de rembarras qu'il éprouvait à faire un choix. Le départ précipité pour Sainte-Lucie dans Tespoir de reprendre aux Anglais cette île surprise sans défenseurs, avant qu'ils n'aient pu y affermir leur autorité , y est décrit comme l'acte d'un étourdi. « Sans prendre conseil de personne, y lit-on, il donne ordre d'appareiller. On précipite rembarquement des troupes et l'on ne leur donne pas seulement le temps de se pourvoir de ce qui leur était nécessaire. » D'Estaing, d'après le

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correspondant anonyme, court des bordées en face de la flotte anglaise qu'il pouvait anéantir et s'éloigne après avoir annoncé qu'il l'aborderait à la portée de pistolet. Le débarquement s'est fait sans ordre. Bouille a été systématiquement éloigné, traité avec « indécence et hauteur, quoique cet officier général eut eu, vis-à-vis de ce vice-amiral, toutes les attentions de la soumission et du respect. » Dans le combat d'Ëstaing marche au hasard. M. de Bouille a a montré de la fermeté, du sang-froid » peut-être aurait-il réussi a s'il n'avait pas été gêné par les ordres de M. d'Ëstaing qui s'est conduit en homme qui n'a nulle notion, nulle idée, nulle connaissance de la guerre. » Tous les officiers de la marine, ajoute ce singulier mémoire ce paraissent fort peines de leur peu de succès et il y règne un dégoût général » puis il termine par ces considérations qui caractérisent l'hostilité systématique de l'écrivain, ce Pour bien juger jusqu'où va la démence et la folie, il faut que vous sachiez que quoique M. d'Ëstaing eût avis du départ de l'amiral Byron, le 25 novembre, avec quinze vaisseaux, il avait cependant le projet de faire attaquer la Grenade et Saint- Vincent par deux mille hommes aux ordres de M. de Bouille... Je vous épargne une multitude de misérables détails qui prouvent que si notre malheureuse patrie a mis sa ressource en M. d'Eslaing, elle est cruellement exposée à succomber sous les efforts des Anglais. » Bouille rend Si Bouillé, par suite d'une de ces divergences '"^à^^EstolC^ d'opinions politiques qu'accentuait la guerre d'Amérique au sein de la société française, avait ressenti redoubler chez lui la vexation que lui causait Tarri-

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