PROJETS MATERNELS
auguste enfant, auquel il marque la tendresse la plus touchante, d
La reine, dans le calme de la convalescence, ouvrant à Mercy et à Tabbé de Vermond « le fond de son âme, j> leur parlait de ses sociétés, des qualités et des défauts de chacun. « Nous avons été dans le cas d'admirer la justesse d'esprit de cette auguste princesse, dit Mercy, Nous avons reconnu qu'il n'y a que sur la comtesse de Polignac qu'elle se fait illusion. 30 Marie-Thérèse répondait : a Je ne conviens aucunement qu'on doit rayer les étiquettes dans le plan d'éducation des enfants de notre naissance; mais tout luxe, mollesse et service chargé. La mode d'à cette heure, selon Rousseau, où on les rend paysans à force de liberté, ne me plaît pas... Sans les pousser au point de nourrir leur orgueil, il faut les accoutumer dès leur, enfance à la représentation, pour obvier à tant d'inconvénients inévitables lorsque le souverain et sa famille ne se distinguent pas par la représentation de l'ordre des particuliers. — Dans le plan que la reine s'est formé, répliquait Mercy, pour l'éducation de son auguste enfant, je crois qu'elle ne s'est point éloignée des intentions de Votre Majesté. Il semble en efTet que le projet de la reine n'est pas un retranchement absolu des étiquettes.... malgré le retranchement susdit, la maison de la jeune princesse est encore considérable et se montera à près de quatre-vingts personnes destinées au service unique de sa personne royale. y>
Ces entretiens épistolaires, en faisant assister aux plus doux sentiments, aux plus exquises délicatesses du cœur dans l'intérieur de la famille, nous montrent
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Irrémédiable Ics deux époux préoccupés aussi des pauvres, des "idées des^cMpr enfants qui naîtront à la suite des mariages qu'ils ont peoUt'réYéTées favorisés. Mais aucuns de ces correspondants n'a co^dlnces conscicnce des idées de la foule qui les enveloppe des princes, ^j p^^j j^g étouffcr cn sorraut ses rangs. Uinapératrice, qui a aperçu, dans so.n existence agitée et laborieuse, quelques-uns de ces éclairs qui précèdent les orages, n'a eu qu'une appréhension fugitive des dangers possibles. Ses habitudes de vie ont empreint son intelligence comme ces marques faites sur le corps avec un fer rouge, qui ne s'effacent qu'en arrachant les chairs. Elle croit, d'une manière confuse, que les étages formés dans une société par les rangs, ne proviennent pas des circonstances et des aptitudes différentes des individus, mais de créations multiples comme celles qui diversifient les animaux entre eux et s'opposent à leur fusion les uns avec les autres. Elle croit en définitive que les peuples sont semblables à des ruches d'abeilles qui s'amoindrissent et meurent si la reine, qui est un être à part, vient à disparaître. Elle est de l'avis de Louis XVI quand il écrit à Vergennes, à propos du mariage d'un Infant d'Espagne avec une femme qui n'était pas d'un sang royal : a Je ne parlerai pas du mariage de l'infant don Louis.,. Je trouve la conscience du roi d'Espagne fort extraordinaire, car que faire des enfants qui en proviendront... J'aimerais mieux avoir des neveux qui puissent jouir du même rang que leur père que des êtres qu'on ne saura comment traiter ^ »
* Correspondance inédite sur Louis XVI, Marie-Antoinette, la cour et Uk vUUy publiée par Lescure, tome I, p. 166, 267. — Correspondance secrète entre Marie-Thérèse et le comte de Merqf, tome III, p. 276 et suiv.,
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