‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 88 sur 177 · LES CONVOITISES DE MADAME DE POLIGNAC · texte numérisé non relu

LES CONVOITISES DE MADAME DE POLIGNAC

croit, ajoute l'ambassadeur, « pouvoir réussir à tenir secrète une grâce aussi exhorbitante. Il est plus que probable qu'elle sera connue dans peu de temps. ... La reine le sent très bien, et elle en est fort peinée... Elle m'a avoué qu'elle regrettait maintenant qu'on n'ait pas fait plus de résistance à l'arrangement dont il s'agit. La reine m'ajouta cette phrase remarquable ; que la comtesse de Polignac était toute changée et qu'elle ne la reconnaissait plus. s>

Marie-Thérèse essayant de modérer de pareilles faiblesses en opposant le blâme du public aux actes de la reine, écrivait à sa fille. « On dit que la Polignac, sous le seul titre de la faveur auprès de vous, a demandé le comté de Bitche à ériger en duché. Le public était surpris d'une demande qui annonce plus d'avidité que d'attachement. On dit à cette heure que vous voulez lui faire donner encore des millions. Je ne fais point de cas de ces bruits, ne les croyant pas vraisemblables, mais je trouve nécessaire et utile que vous en soyez instruite, surtout dans les circonstances où l'Etat a tant de charges à soutenir. » La reine surprise, fit de suite part à Mercy de ce paragraphe de la lettre de sa mère, ce qui lui attira de nouvelles remontrances et amena l'ambassadeur à mander à Vienne : « Si Votre Majesté juge à propos d'insister sur la matière qui est de très grande

conséquence, il y aurait les faits suivants à citer

Tout Paris sait maintenant que les Polignac ont touché 800,000 livres pour la dot de la jeune personne de ce nom... Votre Majesté pourrait ajouter une autre anecdote c'est qu'il se dit hautement dans

Paris qu'un certain comte de Vaudreuil, que l'on II. 20

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prétend trop intimement lié avec la comtesse Jules de Polignac, a obtenu, par le moyen de cette favorite, 30,000 livres de pension du roi et un domaine d'égale valeur de M. le comte d'Artois, et que ces deux grâces sont manifestement l'effet de l'intervention et de la protection de la reine. Ce fait n'est malheureusement que trop vrai, et il cause la sensation la plus fâcheuse. » Vous « ne m'avez rien répondu sur les grandes générosités que je vous ai marquées > écrivit aussitôt l'impératrice à sa fille, en lui citant les faits qu'on venait de lui révéler, mais tout fut vain. Mercy manda à l'impératrice peu de temps après cette lettre. La faveur de la comtesse de Polignac a ressemble à un prestige inconcevable. Je me vois obligé d'user de toutes les précautions possibles dans ce que j'ai à dire à la reine sur ce chapitre... La reine veut absolument se trouver présente au moment où cette comtesse accouchera... Il est très probable que la comtesse de Polignac, après ses couches, aura le titre de duchesse. Je sais que la reine y pense... il s'agit de plus de l'achat d'une terrre de douze là quatorze cent mille francs... Le ministre de la finance s'y oppose fortement; la reine, par conviction de raison, ne lui en sait pas mauvais gré ; mais il est à craindre que le comte de Maurepas ne déeide le roi à faire ce don... Toute cette famille presse moins sur les fav&urs honorifiques que sur «aUteifui sont d'une utilité plus réelle... en cela où ne ipeat tout au plus que modérer les mouvements de b reine, sans oser se flatter de lesarrêter. » — « L'inolination de ma fille pour la comtesse de Polignac ^ pondit Marie -Thérèse avectristesse, paraît trep affer-

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