MÉMOIRE DE MECKER AU ROI
proches à se faire. Puis ii entre vivement en matière.
« A peine peut-on donner le nom d'administra* L««dmiBtotrttiop, dit-il, à cette volonté arbitraire d'un seul daiw; mémoire
• an mi 1778
homme, qui tantôt présent, tantôt absent, tantôt instruit, tantôt incapable, doit régir les parties les plus importantes de Tordre public... qui ne considère sa place que comme un échelon à son ambition... comme un lieu de passage, et n'est point eflbcité i préparer des établissements dont le succès ne lui sera point attribué... Présumant toujours, peut-être avec raison, qu'on avance encore plus par Teifet de l'intrigue ou des affections que par le travail et l'étude^ il est impatient de venir à Paris ; et laisse à ses secrétaires ou ses subdélégués, le soin de le remplacer dans ses devoirs publics... Ges subdélégués n'ont jamais de rapport avec le ministre... ne peuvent acquérir aucun mérite direct auprès du gouvernement... De tels hommes, on le sent facile* ment, doivent être timides devant les puissants, et arrogants envers les faibles... Tous ces inconvénients, qui seraient sensibles dans les temps les plus heureux, deviennent plus aggravants quand les peuples gémissent sous le poids d'impôts accumulés... De là cette fermentation générale, et sur la répartition des impositions et sur les corvées, et sur l'arbitraire absolu et sur la difficulté d'obtenir justice. 5)
Après cette critique d'une administration centralisée, il montrait combien il était difficile d'organiser un contrôle en dehors des administrés; qu'à moins <c qu'on ne soit averti par des injustices éek-
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tantes ou par quelques scandales publics, on est obligé de voir par les yeux de l'homme même qu'on aurait besoin de juger... Il vient, disait-il, des plaintes d'un particulier ou d'une paroisse entière : que fait-on alors, et qu'à-t-on fait de tout temps? On communique à l'intendant cette requête : celui-ci, en réponse en conteste les faits ou les explique, et toujours de manière à prouver que tout ce qui a été fait par ses ordres a été bien fait ; alors on écrit au plaignant qu'on a tardé de lui répondre jusqu'à ce qu'on ait pris connaissance exacte de son affaire, et on lui transmet comme un jugement réfléchi du Conseil, la simple réponse de l'intendant '... C*est après avoir été frappé de la défectuosité de cette contexture de l'administration que j'ai désiré qu'on pût développer à Votre Majesté la nécessité de s'occuper essentiellement de cet important objet... Je sens plus que personne la convenance de n'employer que des moyens lents, doux et sages ; il faut désirer le bien, y marcher; mais c'est y renoncer, que de vouloir y atteindre par un mouvement précipité. . . il n'est rien où l'expérience n'ajoute encore à l'instruction et à a confiance. Ainsi ce n'est que dans une seule généralité que je proposerais à Votre Majesté d'introduire un changement qui consisterait essentiellement dans l'essai d'une administration provinciale ou municipale. Il est sans doute des parties d'administration qui tenant à la police, à Tordre public, à l'exécution des volontés de Votre Majesté, doivent constamment reposer sur un intendant seul, mais il en est
* C'est ce ({ui est resté dans lois sous le nom de juridiction gracieusei notamment pour Tadministration forestière.
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