OUVRAGE DE LE TUONE
priété, de manière qu'en police et en justice, il ne s'y fasse rien sans son approbation. » Puis il fait un projet de l'organisation des provinces. « Je ne vois pas quel avantage il y a à ce que l'ordre du tiers soit doublé » dit-il, et il voudrait que la composition des États dépendit « absolument du roi. »
Necker rendit définitive, le 9 mai 1779, l'assemblée provinciale, du Berry organisée l'année précédente. Le 1 1 juillet il en établit une dans la généralité de Montauban et, le 26 novembre, dans la Haute- Guyenne. Le 19 mars 1780 ce fut le tour de la généralité de Moulins dans le Bourbonnais.
A la fin de 1779, l'opinion publique commença à .^
radiDinistration
LeTr6ae,l779.
se préoccuper d'un gros livre in-4* intitulé : De de»
,,,... 1 ,s • • 11 États proTÎnciaux
l adrmmstratîon des Etats provinciaux et de la nature ^ ouvrage de^ des impôts, ce II perce difficilement dit un journaliste, et excite beaucoup de curiosité. On a lieu de présumer... qu'il est sinon de la composition de M. Necker, au moins dans son génie... que ce ministre a fait les frais de l'impression et qu'il le fait distribuer, attendu qu'il se délivre gratis... Il n'est qu'un homme très riche, ayant de grandes vues, et interressé à leur propagation, qui puisse avoir fait un pareil sacrifice. Le motif du mystère de cette distribution, c'est qu'on craint d'ameuter le clergé contre lequel il est spécialement dirigé. »
L'ouvrage n'est pas^ comme le dit le journal, dirigé d'une manière spéciale contre le clergé, c'est l'œuvre d'un économiste de l'école physiocratique qui cherche à réformer la base des impôts. Pour lui il n'y a qu'un travail productif, celui de Tagriculture, tous les autres travaux sont stériles ; la
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somme c qu'une nation a à dépenser est décidée par celle de la reproduction de manière à ne pouvoir plus s'accroître » . Le but qu'il poursuit l'amène, comme moyen de réalisation, à prôner des administrations provinciales, mais, avant d'en parler, il critique les impôts existants, parle du désordre qu'amène les dépenses qui excèdent toujours les revenus, s'adresse à « la partie éclairée de la nation, à celle qui est capable de voir, de discuter, de juger... C'est un devoir aux gens de lettres et aux compagnies littéraires de se rendre utiles... de se livrer à l'étude des lois de l'organisation sociale... d'en développer les conséquences et d'en présenter l'application. L'opinion publique a beaucoup plus de force qu'on imagine : n'en aurait-elle donc que pour égarer les hommes?., de quelque côté que vienne la lumière, c'est lui préparer les voies... c'est remplir dignement sa tâche de citoyen, que de fixer l'attention sur des principes si importants à connaître.. • d'en discuter les conséquences, et d'apprendre aux propriétaires à discerner leurs véritables intérêts et à calculer 2> . Puis, dans une éloquente adjuration au roi, qu'il plaçait dans la bouche d'un propriétaire, il mettait en lumière l'origine sacrée de la propriété^ en accentuant la grande découverte des économistes qui la fait sortir du travail individuel de l'homme, <c c'est la même terre qui nous nourrit tous... La terre par elle-même n'est pas richesse, elle est le fond qui la produit, mais ce fond n'acquiert de valeur qu'autant qu'il est mis en état de produire... il faut le créer par les avances foncières qui constituent sa valeur commerciale et locative. >
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