‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 95 sur 177 · OUVRAGE DE LE TRONE · texte numérisé non relu

OUVRAGE DE LE TRONE

Dans la revue critique qu'il poursuivait, il rappelait les fameuses remontrances de la Cour des aides en 1775, qui, par la bouche de Malesherbes, demandait qu'on rendit à la nation le droit d'avoir des représentants auprès du roi, chargés de décider de Tassiette des impôts et de leur perception. Abordant les préoccupations du jour, c'est-à-dire l'économie à mettre dans les dépenses, il dit : « Mais la grande réforme à entreprendre est celle de la maison du roi qu'on prétend monter... à près de quarante millions et qui pourrait être réduite à vingt ou vingtquatre millions, sans toucher le moins du monde à la splendeur qu'exige la majesté royale. » Le clergé ne pouvait être passé sous silence dans l'énumération des contribuables et des moyens d'obtenir d'eux des revenus. « Le clergé, disait-il, ne peut prétendre d'être dans le cas des pays d'états dont les privilèges et la forme administrative sont fondés sur les contrats de leur réunion. Le clergé n'a rien de pareil à alléguer... Le clergé ne prétend plus nous persuader que ses biens ne sont pas contribuables, et que leur immunité est fondée sur le droit divin... Sous quel prétexte le clergé, qui doit se faire gloire d'être citoyen, qui doit donner l'exemple du dépouillement de toute vue personnelle, voudrait-il faire une espèce de schisme civil, en continuant de former une société distincte, un corps détaché au milieu de la nation. » Discutant les genres d'impôts qu'il proposait en remplacement de ceux qui existaient, et par conséquent la situation pécuniaire du clergé, il écrivait : flc Le clergé est grevé d'une dette considérable : l'Élat ne peut se dispenser de s'en charger...

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OÙ en serait le royaume^, si chaque province, au lieu de satisfaire annuellement à l'impôt, avait chaque année emprunté la somme demandée... c'est donc la nation qui va payer cette faute ancienne. Le clergé ne payera pas plus que les autres citoyens... Il faut pourtant convenir que tous les membres du clergé ne trouveront pas dans cette révolution un soulagement égal... qui ne sait que le clergé du second ordre est très foulé et que le premier ordre est très soulagé, en raison de la trop grande autorité qu'il a prise, par laquelle il se met au-dessus des plaintes, et refuse de donner à F imposition la publicité que les règlements prescrivent, d II admettait, comme Necker, que des administrations provinciales pouvaient seules faire réussir les améliorations qu'il proposait, mais, comme Turgot, il ne voulait que des propriétaires dans ces administrations, repoussant toute distinction d'ordre, parce que, disait-il, lesre- . présentants d'un ordre pourraient subdiviser « leur qualité et leur devoir » et se regarder « comme ayant à soutenir un double personnage, et comme étant obligés de s'opposer à des opérations que pourrait exiger le bien général. » Il excluait tout fonctionnaire qui n'y paraîtrait qu'en raison de ses fonctions et émettait cette sorte d'adage démocratique, c( qu'on doit admettre comme une loi constante, que personne, dans la société, ne doit cumuler deux fonctions publiques. » Vérité évidente que révèle tous les jours l'expérience, en nous montrant les questions les plus graves échappant, faute de temps et de loisir pour les résoudre, à des personnages surchargés de fonctions honorifiques, pour aboutir à une

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