‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 99 sur 177 · RETOUR DE CLIVES DANS L*INDE · texte numérisé non relu

RETOUR DE CLIVES DANS L*INDE

temps après son arrivée, au moment critique que je prévoyais depuis fort longtemps : je veux dire ce moment où il s'agit de décider si nous devons prendre, oui ou non, le tout sur notre compte. Suja* Dowla (le vizir de l'empereur) est chassé des provinces de sa domination, nous les possédons, et c'est à peine une exagération de dire que l'empire du grand Mogol sera demain en notre pouvoir. Nous le savons par expérience, les habitants de ces contrées n'ont d'attachement pour aucun gouvernement ; leurs troupes ne sont ni payées à Tégal des nôtres, ni commandées, ni disciplinées ; on ne saurait douter qu'il suffit d'une armée européenne convenablement nombreuse pour nous maintenir les maîtres du pays ; non seulement elle nous mettrait à l'abri des entreprises de tout prince indigène, mais nous rendrait tellement formidables que ni Français, ni Hollandais, ni ennemi quelconque n'oserait chercher à nous tourmenter... les princes de l'Indouslan doivent croire nos prétentions absolument illimitées. .. Le nabab, dont nous prendrons le parti, ne peut manquer de devenir jaloux de notre pouvoir ou envieux de nos possessions, l'ambition, la cruauté, l'avarice ne cesseront de conspirer notre ruine ; chaque victoire ne nous donnera qu'une trêve momentanée ; le détrônement d'un nabab sera suivi de l'intronisation d'un autre, lequel, aussitôt que l'état de ses finances lui perniettra d'entretenir une armée, ne manquera pas de suivre la route de ses prédécesseurs, c'est-à-dire de se brouiller avec nous... Il faut donc que nous-mêmes soyons nababs, au moins de fait sinon de nom... peut-être même de nom

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nnssi bien que de fait, sans le moindre dcguiseinenl. s>

Arrive à Calciilta le 3 mai, Clives réunilles merahres du gouvernement alors présent dans celle capitale de rinde anglaise, et leur demanda s'il fallait user des pouvoirs qu'il rapportait de Londres, malpré les changements qui avaient eu lieu dans les aiïiiires, ou s*il devait attendre de nouvelles instructions. La réponse à cette question fut qu'il fallait s'en servir, et chacun s'engagea par serment à ne rion révéler des délibérations prises en conseiL a Pou de jours se sont écoulés depuis notre arrivée, mandait Clives quatre jours après, mais tout ce que nous avons appris nous engage à ne pas hésiter un instant sur la nécessité de nous prévaloir du pouvoir qui nous a été confié; tout ce que nous voyons, tout ce que nous entendons n'est qu'anarchie, confusion, et, qui pis est, rorruplion. » Il ramena, par son énergique volonié, Tordre parmi les fonctionnaires, brisa, les résistances des. officiers soulevés dans l'armée et, dominant toutes les passions mauvaises, tous les obstacles matériels et moraux,, il étendit en moins de deux années la puissance effective de la Compagnie, ou plutôt de l'Angleterre, sur une vaste contrée bornée à Test par l'empire des Birmans, au nord par le Népaul, le Boutan et l'Oude, à l'ouest par l'ancien empire des Marattes, qui tombait déjà en décadence. Quand, le 16 janvier 1767, Clives présida pour la dernière fois, à Calcutta, le conseil du gouvernement, il put, en pensant à cette vasie étendue de côtes qui, de Masulipatam à Mangdou, olfrait poriout, sur la mer du Ber.gale, des ports à une puis-

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