TURGOT TRAITE LA QUESTION DES BLÉS
Turgot^ tout en ne se dissimulant ni les^ embarras du présent, ni ceux de Tavenir, se mit résolument à Tœuvre. Ce qu'il avait fait comme intendant, il allait Texécuter comme ministre, car le gouvernement d'un État n'est que celui d'une grande province, de même que le gouvernement d'une commune est en infiniment petit celui d'une nation. Les principes sont les mêmes dans une administration comme dans l'autre, les passions humaines sont les mêmes, et, heureusement pour les peuples, les facultés de l'esprit qui permettent de régir avec intelligence les relations des hommes entre eux et leurs intérêts communs, sont plus répandues que la brillante imagination du poëte et de l'artiste. Turgot, qui avait cru devoir, comme intendant, demander une obéissance raisonnée aux mesures qu'il prenait, au lieu d'user d'une brutale contrainte, ne pouvait pas vouloir, comme ministre, suivre un autre principe. Ne commettant pas Terreur de comparer une population tenue en tutelle depuis plusieurs générations avec un peuple habitué à régler lui-même ses affaires, il regardait comme un dévoir de lui faire connaître ses intérêts et de l'éclairer sur les actes du gouvernement. Aussi, quand, le 13 septembre, vingt jours après son entrée au ministère des finances, il s'occupe de la question des subsistances, que des préjugés et souvent des malversations ont obscurcie, il n'hésite pas à s'adresser à l'intelligence de tou§ pour justifier
juillet, août, septembre, octobre, décembre 1774. 0U17, dépêches de Saint- Florentin, janvier \llb,— Mémoires du prince de Wonbarrey, 1826, iB•8^ tome 1, p. 124 et suiv. — Correspondance secrète entre Marie-Thérèse et Jfcrcy,tomeII,p. 82,254. —iout* XVI, Marie-Antoinette et If-* Elisabeth, par Feuillet de Conch •«, tome 1, p. 44, 47 et suivantes.
la liberté qu'il donne au commerce des bléa et des farines dans Tintérieur du royaume.
Turgot décide a Le roi, écrit-il dans le préambule de l'arrêt
l'entrée des blés ..i.tS »' /•• t
étrangers en Fcndu par Ic conscu d Etat, s étant fait rendre compte
France, défend •• .■. . . ii«n>' < i* i
l'exporution des du prix dcs gTams dans les ditierentes parties de son i^mlrS^dr- royaume, des lois rendues successivement sur le T^nce^rprov^Me. commcrcc de cette denrée, et des mesures prises 1 3 septembre pQyp assurcr la subsistance des peuples .... a reconnu que ces mesures n'ont point eu le succès qu'il s'en était promis... Sa Majesté... convaincue que la variété des saisons et la diversité des terrains, occasionnent une très-grande inégalité dans la quantité des productions d'un canton à l'autre, et d'une année à l'autre dans le même canton, la récolte de chaque canton se trouvant par conséquent quelquefois au-dessus et quelquefois au-dessous du nécessaire pour la subsistance des habitants^ le peuple ne peut vivre, dans les lieux et dans les années où les moissons ont manqué, qu'avec des grains, ou apportés des lieux favorisés par l'abondance, ou conservés des années antérieures ; qu'ainsi le transport et la garde des grains sont, après la production, les seuls moyens de prévenir la disette des subsistances... la liberté de cette communication est nécessaire à ceux qui manquent de la denrée... Elle est nécessaire à ceux qui possèdent le superflu, puisque sans elle ce superflu n'aurait aucune valeur, et que les propriétaires, ainsi que les laboureurs, avec plus de grains qu'il leur en faut pour se nourrir, seraient dans l'impossibilité de subvenir à leurs besoins. •• aux avances de la culture, indispensables pour assurer la production de l'année qui doit suivre.