NEGKER TRAITE LA QUESTION DES BLÉS
ment de son luxe. » Il affirme, dans sa verbeuse dissertation^ qu'il ne faut pas confondre Tinlérêt des propriétaires avec celui de Tagriculture, l'intérêt des fabricants avec celui des fabriques, l'intérêt des négociants avec celui du commerce ; qu'aucune des trois classes qui composent la société, le souverain, les propriétaires et les hommes de travail, ne peut avoir un bénéfice sans que cela soit aux dépens des deux autres ; il parle de toutes choses, et en voulant tout expliquer, il ne précise rien. Il vante, comme Rousseau, une société où les propriétés c étant égales, chacun travaillerait modérément et chacun saurait un peu; »pour blâmer ccl'inégalité des fortunes, effet de Tordre social, » qui interdit « l'instruction à tous les hommes nés sans propriété x> ; et raillant les économistes qui ont voulu que le pain fût à un prix tel que les agriculteurs eussent la rémunération de leurs labeurs, il leur dit a que les propriétaires.,, donnent des livres et des instituteurs au peuple ; il entendra peut-être, par l'étude d'un calcul économique, que plus le pain est cher plus on doit être heureux. » Le droit de propriété, que les économistes ont rendu inattaquable en démontrant que sa véritable origine est le travail, et que la société ne vit pas sur de simples conventions, est en plusieurs endroits méconnu par lui : ce La propriété héréditaire est une loi des hommes, écrit-il; elle fut établie pour leur bonheur ; » et copiste de l'écrivain qu'il a pris pour modèle, il s'écrie : ce Celui qui^ dans l'origine des sociétés, mit quelques pieux autour d'un terrain et y jeta de la semence... n'aurait jamais pu obtenir à ce seul titre le privilège exclusif de ce terrain. » Dans
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une suite de chapitres, Necker attaquait avec violence les marchands de blé, les accusant de faire, par leur présence, renchérir le prix des grains: «Qu'on ne croie pas, écrit-il, que ce soit un sentiment vague et inconsidéré que la haine populaire pour les hommes qui, dans certaines circonstances, exercent le commerce des grains, d Toute cette discussion confuse aboutissait à quoi ? A conseiller de ne laisser sortir du royaume que des farines, à ne permettre leur exportation que lorsque le blé serait tombé à vingt livres le setier, à ordonner aux boulangers d'avoir une faible provision de grain, enfin à ne faire une loi sur cette matière que pour dix années.
Ncckep a cherché Cclivre, parscmé de calculs et de considérations
un succès litté- * •/.*.! /.-ii
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d'une ▼érité scul but dc fairc triompher la solution vulgaire que • *^°^"'^®' nous venons de rapporter, et Necker ïïg devait pas
penser des propriétaires avec lesquels il vivait chaque jour ce qu'ils ne fixaient pas en raison de leur richesse le prix de leurs denrées et du travail consacré à leur usage, mais en raison deleur force ; » que « la part du peuple vivant du travail de ses mains sera toujours la même. . . que partout on a calculé ce qui lui était exactement nécessaire, pour attribuer ce prix à ce travail ; » que « s'il était possible qu'on pût découvrir une nourriture moins agréable que le pain, mais qui pût soutenir le corps de l'homme pendant quarante-huit heures, le peuple serait bientôt contraint à ne manger que de deux jours l'un » , que la classe de la nation qui vit de son travail a ne peut se ressentir de la bonté du souverain qu'autant que ses bienfaits sont momentanés, parce que toute faveur d'argent uniforme et con-