‹ La France sous Louis XVI; (volume 5)Chapitre 26 sur 98 · PRÉPARATION AU SACRE · texte numérisé non relu

PRÉPARATION AU SACRE

le reste de sa vie aux sciences et aux lettres, qu'il préférait à réclat de la puissance ; mais d'autres destinées l'attendaient * •

La nation pour laquelle il venait de parler, s'occupait dans ce moment, avec une singulière vivacité, du sacre du roi et des fêtes projetées à cette occasion.

Turgot, obligé de parer à la famine qui avait menacé Turgot une partie de la France, et de laisser en souffrance loLxvimÎi les engagements les plus sacrés du trésor public, •***^'^^^"** n'avait pu envisager sans douleur les dépenses qu'allait entraîner la cérémonie du sacre. Il essaya de persuader à Louis XVI de se faire sacrer à Paris, au lieu de se rendre à Reims, en lui démontrant l'économie qui en résulterait, a On a cru un moment, dit un écrit de l'époque, que cet arrangement aurait lieu ; mais ceux intéressés à ce que Tancien usage fût suivi ont renversé toutes les bonnes résolutions du jeune prince. » Et il ajoute : a II va en résulter une dépense énorme. »

Ne pouvant épargner au peuple cette charge nou- Turgot propose velle, Turgot essaya de faire modifier la formule du foïiiuie du *

• Œuvres de Condoreet^ t. V, p. 151. — /. Drox. Uisieire du règne de Louis XVI pendant Us années où l*on pouvait prévenir ou diriger la révolution française. Par», 1839, in-S", 1. 1, p. 173 eX suiv. ~ Mémoires secretSyi. VIU. p. 47, 57, nO. — Archives nationales, 0« 120, fol. 117, 119 : Lettre à Malesherhes du 28 avril 1875 ; 0 * 147, p. 249 : Lettre au procureur général de îa Cour des aides, 10 mai 1775. — Mémoire pour servir à Vhistoire du droit public, ou recueil de ce qui s*est petssé en la Cour des aides de 1756 à 1775, p. 628 et sui?. jusqu'à 693. Bruxeires, 1779. (La minute dès représentationà faites par JUalesherbes a disparu avec la plus graude partie des archives de la Cour des aides dans l'incendie de janvier 1776.) Archives nationales, 0 * 417, fol. 249 : le ministre écrit an procureur général de la Cour des aides qu'il lui indique le jonr oîi la Cour des aides pourra présenter ses remontrances : la lettre est datée du 10 mai 1775 ; elles ne furent donc pas présentées le 6 mai.

■ermeot prêté Serment prêté au sacre et de la purger d'engagements lo^du MCM. cruels, s'ils avaient pu être exécutés, et tout au moins puérils à une époque où personne ne croyait à la possibilité de les remplir. Pourrez-vous, disait Turgol à Louis XVIy exterminer tous les hérétiques nommément condamnés par TÉglise? Si vous le pouviez, le feriez- vous? Non. Pourquoi aller jurer que vous les exterminerez? Pourquoi, à ce serment d'une exécution impraticable, ne pas substituer un serment où vous vous contenteriez de dire : <c Toutes les Églises de mon royaume doivent compter sur ma protection et sur ma justice. » Livrerez- vous au bourreau impitoyablement tous les duellistes ? Êtes-vous décidé i le faire? Non, sans doute; il ne faut donc pas promettre de ne leur jamais faire grâce. Pourquoi ne vous contenteriez-vous pas de dire : « Je promets de faire tout ce qui dépendra de moi pour abolir la coutume barbare des duels, condamnée par la religion et proscrite par les lois de mes prédécesseurs. » Louis XVI avait trop de bon sens pour ne pas être convaincu ; mais comment vaincre les préjugés et les habitudes d'un entourage que tant d'intérêts, d'ignorance et de préventions rattachaient à un passe idéal?

Le clergé était aussi irrité de ce qu'il appelait l'esprit de parcimonie du ministre que les courtisans. Sur la demande d'une dame de la cour qui s'informait si l'on ne pouvait pas faire ses pâques et son jubilé en même temps, un évêque répondait : a Nous sommes dans un temps d'économie, je crois qu'on peut encore faire celle-là. »

La foule s'ébranlait, ou s'apprêtait à s'ébranler

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