‹ La France sous Louis XVI; (volume 5)Chapitre 29 sur 98 · JUGEMENT OU PUBIJC SUR LE SACRE · texte numérisé non relu

JUGEMENT OU PUBIJC SUR LE SACRE

q«e c'est au roi à se faire prêter serment par les prêtres. . . Le roi de France l'emporte sur tous les rois, puisqu'il fait des miracles. Il a touché à son sacre deux mille quatre cents malades d'écrouelles. Il est vrai qu'il y eut une des maîtresses de Louis XIV qui mourut de cette maladie, mais un tel cas est trèsrare. » Onn'a parlé ici, répond Frédéric, « quadu sacre de Reims, des cérémonies bizarres qui s'y observenty et de la sainte Ampoule, dont Thistoire est digne des Lapons. Un prince sage et éclairé pourrait abolir la sainte Ampoule et le sacre même. y> La lutte établie entre la partie éclairée de la nation et le pouvoir du clergé se ravive plutôt qu'elle ne s'amortit, par suite de cette cérémonie, et d'Alembert écrit en Prusse : « On dit qu'on a envoyé à Votre Majesté les détails des cérémonies du sacre ; elle aura été indi* gnée... de l'impudence avec laquelle les prêtres ne font faire au roi de serment que pour eux. On assure qu'ils ont mieux fait encore dans cette occasion, et qu'ils ont supprimé l'endroit de la cérémonie où deux des évêques assistants demandent au peuple s'il reconnaît Louis XVI pour roi. »

Le principe de la royauté théocratique ruiné dans l'esprit du peuple, il ne pouvait pas rester un grand fonds d'indulgence et de respect pour les personnes royales. Après les entraînements des foules lors des événements extraordinaires, après l'impression momentanée qu'ils produisent sur les personnes qui en sont l'objet, chacun reprend la trace de sa vie : les uns, les soucis qu'entraîne une existence précaire ; les autres, les distractions que permet la richesse.

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Promesse faite Marie- Antoinette, tout en conservant un souvenir

àM«« de '

Lambaiiede do recounaissance Dour les témoignages d'affection

rétablir la place ^ a' ' ' ^ A ' ^

de sQrintendante, qu eilc avait Tcçus et un desir smcere de voir le peu-

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pie heureux, se livra, comme une femme de vmgt ans, à ses affections intimes^ aux plaisirs qui lui étaient offerts, sans calculer les conséquences de ses actes. Elle s'était attachée» dès les premiers temps de sa venue en France, à une jeune veuve, la princesse de Lamballe, et l'affection qu'elle avait eue pour elle ne diminua pas quand de Dauphine elle devint reine. Maîtresse de faire pour son amie ce qui pourrait lui plaire et l'attacher de plus en plus à sa personne, elle pensa à ressusciter pour elle la place de surintendante de la maison de la reine , que Marie Leczinska n'avait pas voulu remplir depuis la mort de la comtesse de Clermont. Marie-Thérèse redoutait pour sa fille l'intimité, de M"' de Lamballe, qui, fille du prince de Garignan, était parente de ses deux belles- sœurs, ce Je crains que le parti piémontais ne gagne le dessus à la cour de France, » écrivait elle à Mercy. L'ambassadeur essayait de détourner la reine de son projet, par crainte des jalousies et des inimitiés que provoquerait une pareille faveur et des dépenses qu'elle pourrait entraîner. Il crut un instant y avoir réussi, mais l'impératrice n'avait pas cet espoir, ce II est dans le caractère de ma fille, » écrivait-elle à Mercy, le 4 février .1775, ce de précipiter les choses de son goût, pour esquiver les remontrances de ceux qui voudraient s*y opposer... Je crains qu'elle ne suive un jour, lorsqu'on y pensera le moins, la même marche pour exécuter son idée par rapport à la princesse de Lamballe. j> Les prévi-

MADAME DE LAM6ALLÉ StîRWTËNDANTE. 237

sions de Marie-Thérèse furent promptement réalisées : cinq mois après cette lettre, la reine avait promis à M""® de Lamballe la place de surintendante, et le roi y avait consenti. <c Cet arrangement est encore un secret, écrit Mercy • La princesse de Lamballe eh a actuellement la promesse positive. Ce n'est pas que celte pri ncesse n'ait beaucoup perdu de sa faveur auprès de la reine, qui, pendant un temps, accordait toute préférence à une comtesse de Dillon ; mais cette dernière vient d'être supplantée à son tour par une jeune comtesse de Polignac, pour laquelle la reine s'est prise d'un goût bien plus vif que ne l'ont été les précédents. De ces variétés d'affection résultent des embarras, des inconvénients. En satisfaisant à ses engagements avec la princesse de Lamballe, la reine voudrait bien en même temps rapprocher d'elle autant que possible sa favorite actuelle. »

Quand M°*® de Lamballe fut nommée surinten- m- de tambaiie dante, au mois de septembre, le public étranger à tendante.

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la cour S occupa pnncipalement de la charge nouvelle que lui imposait la volonté de Marie-Antoinette, ce Depuis longtemps, la reine, très-affectionnée à M"*"" la princesse de Lamballe, » lit-on dans un journal, a sollicitait le roi de rétablir, pour cette princesse, la charge de surintendante de la maison de la reine. Le monarque, effrayé de la dépense qu'entraîne une telle place, avait différé jusqu'à présent, et M. le contrôleur général surtout^ allant toujours à l'économie, soutenait le roi dans son refus. Enfin son auguste épouse^ ayant constamment un ascendant considérable sur son esprit, Ta emporté.» Mercy, n'ayant pu empêcher la reine de faire

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ce qu'il regardait comme une faute, la supplia « de consentir au moins que les attributions qui seraient données à cette place, soient de nature à se combiner, avec le moins de dépenses possible » avec toutes les autres conditions nécessaires au meilleur service, s

Puisqu'il faut « que cette charge existe, écrit-il à l'impératrice, c'est toujours gagner quelque chose que d'en diminuer les inconvénients. » Il cite entre autres prérogatives absurdes de cette charge « qu'aucune personne de la maison de la reine ne pouvait exécuter, ni un ordre, ni une commission donnée immédiatement par Sa Majesté, sans au préalable avoir été prendre l'attache de la surintendante, d Ce seul point <r ainsi que plusieurs autres de même tournure, exigeaient un nouveau règlement, et l'abbé de Vermond se charge de le rédiger d'après nos remarques communes... de façon à prévenir les conflits de juridiction et les tracasseries qui en résulteraient. »

Mercy devait encore échouer dans ce monde de la cour, qui est un peuple d'enfants où la raison périt devant les fantômes d'une vanité puérile. L'abbé de Vermond avait rédigé son règlement, la reine l'avait approuvé et apostille, quand arriva la princesse de Lamballe en larmes. Elle annonça à la reine or que le duc de Penthièvre s'opposait à ce que sa belle-fille, prit une charge qu'on regardait comme déchue d'une partie de ses anciennes prérogatives, » et déclara qu'elle ne l'acceptera que si elle est maintenue telle que l'avait Mademoiselle de Bourbon. La reine se hâta de céder, et Mercy ajoute, en annonçant sa déconvenue : m tout est resté dans l'ancien chaos. » Les prétentions de M"'"' de Lamballe pour le trai-

Madame de lamballe: sur^tendante:. à^îo

tement dont elle jouirait forent les mènes que pour les prérogatives honorifiques. Les états anciens fixaient les appointements d'une surintendante à quinze mille livres, en outre de trente mille livres pour tenir une table à la cour, ce qui faisait en tout quarantecinq mille livres. Mademoiselle de Bourbon les avait fait porter, sous différentes dénominations, jusqu'à cent cinquante mille livres. M"' de Lamballe voulut être sur le même pied qu'elle, et Mau« repas, saisissant cette occasion pour se remettre en grâce auprès de la reine, se chargea c de trouver et de faire agréer au roi des expédients au moyen desquels il serait pourvu aux désirs de la nouvelle surintendante. T> Malesherbes approuva tout comme ministre de la maison du roi, et la reine, satisfaite de ces deux ministres, ne montra de la froideur qu'à Turgot. Mercy, qui signale ce fait, ajoute : « J'espère que, pendant son séjour à Fontainebleau, il y aura moyen de ramener Sa Majesté sur le compte d'un ministre duquel elle n'a aucun sujet de se plaindre. » Le roi, qui au premier mot de la reine avait approuvé la fixation des appointements accordés à M"*® de Lamballe, y ajouta, un mois après, unepension decinquante mille livres, à titre d'étrennement, comme il dit, pour lui donner « les moyens de se soutenir dans cette charge importante avec la dignité convenable à une princesse de son rang. »

Le jour même où le roi avait signé l'ordonnance qui assurait les appointements de M"* de Lamballe, Marie-Antoinette lui demanda de payer quinze mille livres de dettes faites par le comte d'Esterhazy. Louis XVI y consentit, comme il avait consenti

i raugmentatton de là pension de la reine, dont cinquante mille livres furent consacrées immédiatement à doter la fille de la dame de compagnie de M'"'' de Lamballe, mademoiselle de Guébriant, comme il donna au frère de M""^ de Lamballe, le prince de Carignan, trente mille livres de pension, avec un régiment, sans consulter aucun des ministres. ^mai^chOTxd^*** ^ ^^* ayant voulu envoyer le duc de Penthièvre maîîms présider les États de Bretagne, si agités pendant les dernières années de son prédécesseur, le commandant de la province, le duc de^ Fitz-James^ se plaignit vivement du tort pécuniaire qu'allait lui faire le gouverneur en remplissant une fonction qui lui avait été jusqu'alors confiée. Louis XV.I, compatissant à sa peine, lui donna une pension de cinquante mille livres, et lui promit le grade de maréchal de France à la première promotion qui serait faite. Quand il proposa la réalisation de sa promesse au Conseil, le comte du Muy s'y opposa^ nommant un grand nombre d'officiers généraux qui devaient l'emporter sur Fitz-James par leur ancienneté et leurs services. Le roi se rendit à ses observations et retira la parole qu'il avait donnée. Mais la princesse de Ghimay, dame du palais de la reine, ne se découragea pas ; elle s'adressa à Marie-Antoinette, la chargea de remettre au roi une lettre pressante en faveur des prétentions de son père, et Louis XVI, pour mettre tout le monde d'accord, fit sept maréchaux. Le public en voyant paraître leurs noms, les compara aux sept péchés capitaux. Le duc d'Harcourt représentait la paresse, le duc de Noailles l'avarice, le comte de Nicolaï la gourmandise, le duc de Fitz-James l'envie,

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