PAMPHLET DE CONDORCET
saisir le genre d'explications données par Augeard, puisque ce fermiet* général jugeait Turgot <c un être systématique dont aucune réflexion n'était posée. »
Pezai communiquait de son côté les chiffres du budget à Necker, et ils faisaient ensemble la critique des opérations de Turgot, les résumant dans des mémoires qui, après avoir été donnés au roi, arrivaient à Maurepas. Souvent Necker, enveloppé d'une ample redingote, allait attendre, dans un cabriolet caché au fond d'une remise, que son protecteur fût revenu de Versailles, tant il était impatient de savoir ce qu'aurait dit Louis XVI à son mentor.
Au mois d'avril 1776, commençait à se répandre rampiiietde
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de plus en plus un aprc pamphlet du marquis de necker. Condorcet contre Necker, intitulé : Lettre d'un laboureur de Picardie à M. N.... auteur prohibitif . Condorcet faisait allusion à la vanité de Necker, et rappelant les bienfaits médités ou donnés par Turgot, comme la destruction des corvées, la suppression des gabelles et de la taille arbitraire, il lui disait : ce J'ai peine à croire que votre législation sur les blés fasse de plus grands biens. » Rappelant les circonstances des séditions qui avaient eu le prix du blé pour prélexle, il lui reprochait d'avoir dit ce que le peuple haïrait toujours les marchands de blé; que cet état^ flétri par Topinion, ne sera jamais un état honnête. » « Mais, Monsieur, continuait-il, le peuple hait les financiers, qu'il appelle maltotiers, et les marchands d'argent, qu'il appelle usuriers : direzvous que ces étals sont malhonncies? Tous ces préjugés ont une source commune. Ces différents étais n'ont été remplis longtemps que par des hommes
déshonorés; tous trois, protégés, employés en secret par le gouvernement, étaient flétris par des lois... Mais ces préjugés, fondés autrefois sur la raison, et maintenant désavoués par elle, se dissiperont... Vous exagérez la stupidité du peuple. Nous sommes ignorants parce qu'on n'a point daigné nous donner les moyens de nous instruire... Si nous souiïrons des violences de la part d'un riche, des vexations de celle d'un subalterne, c'est que nous savons qu*il nous sera impossible d'obtenir une réparation, et qu'en osant la solliciter, nous nous exposerons à une vengeance dont les lois ne nous préserveront pas. Voilà l'origine de cette patience apparente que vous avez prise pour de la stupidité. Mais un roi juste et qui veut le bien de son peuple nous a rendu l'espérance et la voix... Croyez-vous, Monsieur, qu'il serait dangereux de souffrir que le peuple sortît de son ignorance? Croyez-vous que l'homme devient méchant en s'éclairant ? > Passant de la liberté du commerce des blés aux autres libertés publiques, il faisait dire à un prêtre que l'Etat serait perdu sans ressources si elles existaient. « Du pain et de la religion, voilà ce qu'il faut au peuple... Voilà précisément, ajoutait-il en développant celte théorie, ce que les Jésuites avaient fait au Paraguay ; ils distribuaient à chaque habitant un peu de maïs et beaucoup de reliques, et ils donnaient le fouet à quiconque aurait osé faire un pas, dire un mot, sans la permission du père supérieur, d A rironie La luttc cutre les économistes, qui veulent les liri'é^o^nomutM bertés publiques, et ceux qui les refusent s'accentuait ■Hccède nnsuue. chaquc jour avec plus de fougue. Au début, quand il