LES ÉCONOMISTES INSULTÉS
semblait que les questions soulevées n'avaient trait qu'à des affaires commerciales et agricoles, l'ironie paraissait suffisante pour attaquer des adversaires dont on dédaignait les théories, et, au commencement de Tannée 1775, circulaient les vers suivants, intitulés V Expérience économique :
Un Limousin, très-grand rérormateur, D'un beau haras fait administrateur, Imagine, pour enrichir son maître.
Un beau matin, de retrancher le paître Aux animaux confiés à ses soins.
Aux étrangers il ouvre la prairie ; Du râtelier il fait ôter le foin :
Un jour n'est rien dans le cours de la Tie. Le lendemain, les chevaux affamés Tirent la langue et dressent les oreilles. On court à Thomme; il répond: A merveille! Ils y seront bientôt accoutumés^ Laissez-moi faire. On prend donc patience. Le lendemain langueur et défaillance ; Et l'économe, en les voyant périr, Dit : Ils allaient se faire à Tabstinence; Mais on leur a conseillé de mourir, Exprès pour nuire à mon expérience.
Une année après, quand les réformes sérieuses de Turgot sont commencées, la colère se mêle à la raillerie, et le résultat de ce que Ton nomme ses idées systématiques est annoncé en ces termes :
Inonder TËtat de brigands.
Multiplier les mendiants,
De malheurs augmenter la somme,
Et soulever les paysans,
Sont les résultats effrayants
Du système de ce grand homme,
Dont les fous sont partisans.
Dans les Prophéties turgotineSj le roi était outragé, parce qu'il avait adopté les idées chimériques
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lie son ministre. La duchesse de Bourbon, demandant une sorte de boîte plate dans une boutique, la désignait sous le nom de Turgoline. ce Cela s'appelle des platitudes^ répliquait le marchand. — Oui, ripostait la princesse, c'est la même chose, t> et les ennemis des économistes se pourvoyaient de platitudes ou Turgotines, en répétant la malicieuse plaisanterie de la princesse, pampiiieida Lc frèrc du roi, le comte de Provence, qui avait pro^ncc ^ntre ^crit pour cmpcchcr le rappel des parlements, puis Turgot. s'était joint à eux quand ils étaient revenus, le comte ' de Provence, qui avait blâmé le comte de Saint-Germain, se mêla au débordement d'invectives déchaînées contre Turgot, contre Maurepas, contre les économistes. Dans un pamphlet clandestin intitulé le Poisson j ou le songe de M. de Maurepas j ou les machines du gouvernement français, il supposait que le génie de l'Angleterre, voulant dégrader les Français en altérant leurs mœurs constitutives, avait voulu égarer M. de Maurepas dans le choix d'un ministre des finances. Prenant la ressemblance de W^ de Maurepas, s'appuyant du fantôme de l'abbé Very, qui la gouvernait, il lui avait montré, dans un rêve, ce unomachine à ressort chargée d'ordonnances et d'édits... Maurepas étonné parcourt, mesure des yeux celte machine fatale... Considérez bien cette . machine, dit M"® de Maurepas, étudiez-la, cherchez dans la France une personne qui lui ressemble. C'est sur elle que votre choix doit s'arrêter, il sera le restaurateur de la France... Dans le monient, le mauvais génie de la France découvre à Maurepas, par la force de son art, tous les ateliers. 11 voit le