LE COMTE DE GUINES ET VERGENNES
Louis XYI n*accepta pas la démission si noblement offerte par son ministre, et Vergennes continua à conseiller un jeune homme que sa bonté et sa droite nature lui faisaient aimer comme à Turgot et Malesherbes. Quelques jours après cette lettre, il prévenait Louis XVI que lord Stormond, Tambassadeur anglais, avait paru étonné de l'annonce de rappel de Guines : « Je crois que la cour de Londres regrettera le comte de Guines ; elle doit craindre un ambassadeur qui observera avec plus de réflexion. Je suis informé que les adhérents du comte de Guines se donnent des mouvements pour obtenir de Votre Majesté qu'Elle ne lui nomme pas un successeur avant son retour; ils se flattent, s'il a le temps d'arriver et de produire ce qu'ils appellent sa justification, qu'il réussira à se faire conserver. Sans passion personnelle contre M. de Guines, que je n'ai point sollicité Votre Majesté de révoquer, je n'ai dans tout ceci aucun autre intérêt que celui de votre service. Avec bien de la bonne volonté peut-être, M. le comte de Guines a prouvé que sa vocation n'est pas pour être ambassadeur. Son retour, que je regarde comme désormais impossible, serait sujet à de trop grands inconvénients. Si Votre Majesté veut s'épargner des sollicitations qui pourraient lui être importunes et écarter de la cour des intrigues qui peuvent compromettre le service public, il serait à propos de nommer dès à présent l'ambassadeur qu'Elle se. propose d'envoyer à Londres. »
Louis XVI suivit les conseils de son ministre, et le Nominaiioa au marquis deNoailles fut désigné pour l'ambassade de NoXrà Um
basBade de Londres ; mais la reine fut loin d'abandonner M. de
Londres ; la reine . . ^ . , . a ^ r .,
veut faire ren. Guines. En ppoio 3 un dogfe extrême a ces puériles ^^^ei TQ%ot. passionsde coteriequi sont plutôt un mélange de vanité et de faiblesse d'esprit qu'une tendance à des attachements sincères et sérieux, Marie-Antoinette se prit à détester ceux qu'elle regardait comme les ennemis de M. de Guines, et a vouloir faire renvoyer du ministère Turgot et Vergennes : « Votre Majesté sera sans doute surprise, écrit Mercy à Marie-Thérèse, que ce comte de Guines, pour lequel la reine n*a, ni peut avoir aucune affection personnelle, soit cependant la cause desi grands mouvements; mais le mot de celle énigme consiste dans les entours de la reine... Sa Majesté est obsédée. Elle veut se débarrasser; on parvient à piquer son amour-propre, à l'irriter, à noircir ceux qui, pour le bien de la chose, peuvent résister à ses volontés... Enfin, on réussit tellement à tenir la reine hors d'elle-même, à l'enivrer de dissipations, que cela, joint à rextrême condescendance du roi, fait qu'il n'y a dans certains moments aucun moyen de faire percer la raison. y>
Les conseils ne manquaient pas à Marie-Ântoinelte pour remplacer les ministres qu'elle voulait éloigner. Le comte d'Ësterhazy lui recommandait son ami le comte du Ghâtelet pour le poste de Vergennes, qui suivant lui ne devait pas y rester longtemps encore, et la comtesse dePolignac, nièce de M. de Maurepas, insinuait qu'il serait dans l'intérêt de la reine de faire nommer son oncle premier ministre* Lettre de Lc rctour prochaiu de M. de Guines devait exalter
Vergennes sor le . ^ i i • a tr • •* «
retour prochain de plus cu pi US la rcmc ; et Vergennes, qui voit que de de cofiioB. g^g projets uc sout pas changés, écrit, le 23 février, au