‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 108 sur 245 · RAPPEL DES PARLEMENTS · texte numérisé non relu

RAPPEL DES PARLEMENTS

ie nouvel exemple d'un roi qui aura eu le courage de se réformer lui-même. .? j> Après ce discours hautain dont la flatterie finale accentuait plutôt Tinsolence qu'elle ne l'atténuait, Séguier sortit de la salle laissant la déclaration royale et le texte de ses conclusions pour en requérir Tenregistrement.

Le préambule de Tordonnance dont il fut donné lecture après son départ n'était que la fastidieuse expression des intentions bienveillantes du roi pour son peuple et rhumble confession de ses erreurs : n Animé constamment par le désir d'opérer le bien de l'Élat, disait Louis XVI, nous avions adopté les projets qui avaient été présentés pour rendre l'administration de la justice plus simple, plus facile et moins dispendieuse.. . Nous n'avions eu pour but que la perfection de Tordre et le plus grand avantage de nos peuples.. . , les mêmes sentiments ont dû nous engager à prêter toute notre attention aux diverses représentations qui nous ont été faites, elles nous ont servi à nous faire connaître les inconvénients qui ne nous avaient pas tout d'abord frappés; et puisque différentes considérations nous ont engagé à rapprocher le terme des États généraux..., nous avons cru pouvoir renvoyer jusqu'à cette époque prochaine l'accomplissement de DOS vues bienfaisantes. Rien ne pourra nous détourner de la ferme intention où nous sommes de diminuer les frais des contestations civiles, de simplifier les formes des procédures..., nous ne changeons point, mais nous remplissons plus sûrement nos intentions en remettant nos dernières résolutions jusqu'à h tenue des États généraux... d

Aveuglé parla passion que fait naître une lutte pro-

longée, parles convoitises de Tambition, parrorgueil que développe Texercice du pouvoir et dominé par cette sorte d'esclavage résultant d*habitudes qui dans la vie enchaînent à la fois rintelligence et la volonté, le Parlennent ne comprit pas ce qu'avait de solennel et de tragique à la fois cet acte suprême d'une royauté expirante. Le chef envoyé par le ciel, Toint du Seigneur, suivant le langage usité dans les monarchies de droit divin^ en cédant sans contrôle la gestion des intérêts de la France à des courtisans vicieux ou incapables, s'était laissé oublier des populations. Depuis le règne de Louis XIY dont les contemporains firent une idole, la magistrature tendait à se substituera U personnalité royale qui s'efTaçait de plus en plus, ; sans se rendre compte que le glas funèbre qui annon cerait la disparition de la royauté fixeraitle terme desa ;& propre existence . Elle accueillit avec hauteur l'humble \ aveu d'impuissance que présentait avec une insolente ^ satisfaction un officier de justice du roi. Le Parlement renvoya au lendemain l'enregistrement de la déclara- ' tion, et après avoir remercié le premier Président pour la conduite qu'il avait tenue libella une supplique à ■ Louis XVI à TefTet de demander la mise en liberté des ^ juges inférieurs et des citoyens punis par suite des der- * niers événements, ainsi que le rétablissement c dans , leurs grades des nobles et généreux militaires que la ' pureté et la délicatesse de leurs sentiments avaientforcé à se démettre de leurs emplois. » Le lendemain, en présence des Pairs, il déclara persister dans les prin- , cipes qui avaient dicté ses arrêtés des 3 et 5 mai, faisant suivre la formule usitée dans les enregistrements de ces mots : a sans que Ton puisse induire du préaiu- •

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