‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 113 sur 245 · III. Î · texte numérisé non relu

III. Î

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lence. RieD n'est done plus pressé que de soumettre iiuii examen public rautorité législative des États généi^ttx.» Mirabeau s'appuyait sur rhistoire pour établir que la nation française n'avait renoncé dans aucun temps^u droit des peuples libres. Que.doitK>h penser, ajoutait-il»< de cette opinion si indiscrètement répandue et si perfidement fomentée, que les Parlements pourront remettre en question ce qui aura été décidé par les États généraux f Les Parlements c n'étaient, dans l'origine, que des tribunaux institués pour juger des procès... Les coups d'autorité des Parlements ne datent que de l'époque de leur avilissementt c'est-idire du temps où François I""" rendit vénales les charges de la magistrature. . . Le Parlement timide sous les rois forts, hardi sous les rois faibles, a déféré trois fois la régence, en 16tO, 1643 et 1715, en usurpant une folle prérogative. •• Cette malheureuse anarchiene pouvait durer, il fallait ou que la couronne reprit Tau* torité qu'elle avait déléguée au Parlement, ou qu'elle laissât ces corps consolider la pire de toutes les aristocraties... Les nouveaux établissements de Louis XV ne fîirent point affermis. Ce même Parlement de Paris, si redouté des plaideurs, si importun par ses prétentions législatives, devenu tout à couprecommandable: par son exil, fut rappelé dans ses anciennes fonctions.* On vit ce corps judiciaire, à peine réinstallé, s'oppo* ser aux projets patriotiques de Turgot, et accorder peu après la chute de ce ministre l'enregistrement d'un emprunt de 30 millions pour ne pas retarder d'un jour l'ouverture de ses vacances; on le vit rejeter la subvention territoriale parce qu'elle eût atteint les privilégiés parlementaires et consentir à la prorogation du

RÉPONSE AUX ALARMES. 4i0

nd vingtième pour revenir de Troyes, où il était en c Comment les injustes et orgueilleuses préten- \ d u Parlement trouvent-elles encore des soutiens ? ; que n'ayant pas suivi la marche actuelle du goulement on ne croit pas à sa sincérité ; et comme le ^otisme cause à l'espèce humaine des maux effroya* y le mal même qui limite ce despotisme parait un .•• Mais le prince qui a établi les assemblées pro* iales, qui a permis la publicité des comptes de it..., n'aura pas promis en vain la convocation des s généraux...^ qu'on ne dise pas que les Français perdu depuis trop de temps Thabitude des assems pour qu'il leur soit possible de se régénérer par s... Les États généraux ne répareront pas tout à p des maux invétérés.. ^ mais il dépend d'eux de ;iarer à lanation... le plus bel avenir... La dcliition de l'impôt jusqu'alors discrétionnaire... qui 1 des millions de Français trop pauvres pour ter des sabots..., l'abolition de tous ces privilèges t l'effet depuis des siècles est d'exhéréder la naen faveur de quelques milliers d'individus, Tir-» >cable abolition des lettres de cachet. . . ; mais t est à reformer, discipline militaire, marine, po* , jurisprudence; tout ce qui est nuisible au plus nd nombre est favorable aux hommes puissants qui Gtent des abus et les défendent..., le vrai remède »U8 ces maux..., c'est la liberté de la Presse », ■8 Mirabeau refaisant l'éloge de la Presse déclara Telle devait être à jamais la consolation des sages, imière des peuples, l'effroi des tyrans, » que la néûté de la réunion périodique des États généraux iposait pour consommer etperpétuer leur ouvrage.

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car il était impossible de « compter sur le bien qu'un prince destinait à sa nation quand il ne le faisait pas garantir par la nation elle-même, d Les bienfaits de Louis XII ont été anéantis par François P% Louis XHI a dissipé les trésors et abandonné les desseins de Henri IV. « Puisse le monarque, concluait-il , qui s'est si noblement rapproché de ses sujets, être toujourspersuadé qu'il vaut mieux commander à des hommes libres qu'à des esclaves ! »

Cet écrit devait, par sa modération et son bon sens, déplaireà une quantité d'opposants dans unelutte passionnée où Ton voyait souvent des alliés se métamorphoser en ardents contradicteurs sans se rendre exactement compte des mobiles qui dirigeaient leur conduite à un moment donné. Une lettre , adressée au duc de Lauzun, en révélant la pression exercée par les circonstances sur ce personnage dont le caractère réunissait tous les vices et les frivolités d'une cour, nous montre la perspicacité d'un homme qui en domptant par un travail opiniâtre et la puissance de son génie, les préjugés vulgaires, est devenu pour ainsi dire Tincarnation des bases fondamentales sur lesquelles repose la constitution d'une nation libre, oc J'ai appris ce matin, avec une peine très vive, monsieur le Duc, que vous désapprouvez ma conduite... En affaires publiques, les opinions doivent être libres entre les meilleurs amis..., il n'y a d'hommes essentiels que ceux qui savent conserver leurs principes , malgré toutes les fluctuations de la vie... Je suis convaincu que ce sont aussi là vos principes ; que désapprouvez-vous dans ma conduite?... Ma conduite a été très simple... f avais dil : voulez-vous une révohitm

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re? Je suis à vom, pourvu que vous travailliez rofit de la nation; et que tout soit subordonné à des Is généraux indiqués formellement ...^et comme cela ^eut se juger qu'après des actes solennels et sans

ur possible j je m' abstiens jusque-là Mais vous

; écrit cette brochure..., un libelle contre le Parant? Eh bien! je consens d'avoir écrit un li-

s. • . , et quand il pourrait être vrai que cet écrit eût au milieu du fanatisme parlementaire dont tout

londe est atteint , un mal véritable au Parle-

it..., de quoi pourrais-je me repentir? Mais, divous peut-être, vous avez détruit pour des gens ne veulent pas reconstruire. •• Veuillez écouter réponse : Ces gens-là, c'est-à-dire les ministres, t de bonne foi ou n'en sont pas... S'ils ne veulent reconstituer la nation , leur marche est impose : ils succomberont et la force des choses nous vrera d*eux, après qu'ils nous auront délivré du potisme des bonnets carrés... S'ils n'ont point de »n et s'ils sont soutenus, ils vont passer à la vio- ^•.., la liberté nationale n'en cheminera que plus \. S'ils sont abandonnés, Tautorité royale est peri et la crise très prochaine... Dans ta lutte qui se pare, le despotisme delà force ne vaut-il pas mieux \ celui des formes ' ? »

Archives nationales^ 0*243 : CérémoDial pour le duc d'Angou- , 30 décembre 1787. 0*432 : Le miniitre de la maison du roi à è DetauDoit, garde det imprimés de la bibliothèque du roi, 10 oeto* 788. 01484 : Le ministre de la maison du roi à Necker, au garde des H i M. Amelot, 19 noYembre, 5, 10, 11, 13, 21, 30 décembre 1788. iûiislre de la maison du roi à Necker, 15 octobre, 10, 25 noYem* 10,25, 27 décembre 1788; à l'évéque de Tarbes, 10 octobre 1788; an ede Périgord,25 décembre; au garde des sceaux Barentin, 4, 5 oeto* 1«, 19, 20 novembre 1788; i M. d'Aine, intendant de Tours, 3 octo-

Dans sa ferme et précise attente des événements qui allaient s'accomplir, Mirabeau mandait au libraire Levraut de Strasbourg, peu de temps après sa lettre à Lauzun : <k II n'est plus possible de douter que les Ëtats généraux auront lieu. Qui paierait le 1*' mai 1789, je vous le demande? Il est arrivé au gouvernement ce que je lui ai tant prédit : si vous ne les voulez pas à pied, ils viendront à cheval. En essayant de les reculer, ils en ont hâté Tépoque^ jusqu'à la précipitation que feront-ils? Certainement beaucoup de sottises; mais qu'importe? Les nations ont, comme les enfants^ leurs tranchées^ leurs maux de dents, leurs vagissements, elles se forment de même., Les premiers États généraux seront tumultuaires, ils iront trop loin peut-être, les seconds assureront leur marche ; les troisièmes achèveront la Constitution. Ne nous défendons pas du besoin d'ea créer une tout entière ; que tout soit juste aujourd'hui, tout sera légal demain. Surtout gardonsHnous de l'érudition, dédaignons ce qui s'est fait, cherchons ce qu'il faut faire, et n'entreprenons pas trop. Consentement national à l'impôt et aux emprunts, la liberté

bre; au comte de Périgord, 29 novembre, 5 déeembre; à M. de Bilaiavilliersy 6 décembre 1788. — Annales françaises, par Guy-Marie Sallier, p. 205 et tui?., 207 et tuiv., 209, 232 et suit. — Correspondance st crête j publiée par Lescure, t. Il, p. 292, 312, 320. ^ Delà révolulion rançaise, par Necker, in-8, an V (1797), t. I, p. 54, 55, 58, .61, 62. — Mémoires historiques et politiques du règne de Louis 1 F/, par Soutane (Mémoires secrets du cardinal Loménie de Brienne), t. VI, p. 242. — Œutres de Turgot^ Mémoire au roi sur les municipalitéi, in-S», PiriSp 1844, t. 11. p. 503. -^ Introduction au Moniteur, proeès-verbal de la seconde assemblée des NoUbles en 1788, p. 41 1 et suiv. , 433, 452, 455, 48S et suiv., 485, 498 et suiv. — La France sous Louis IV, t. VI, p. 427.— If^ moires de Mirabeau, écrits par lui-même, t. V, p. 164, 166 et suiv., 180 et suiv. — Mémoiru de Bouiîiéf collection fierville et Barrière, 1. 1, p. 7i

OYilNCB DB MIRABBAU. INCERTITUDE db NECKER. 423

, assemblées périodiques. Voilà les trois points lux..., le reste viendra assez. Quant à mes vues nilières, je vous le dirai nettement. . • , guerre aux

ëgiés et aux privilèges Les privilèges sont

contre les rois; mais ils sont détestables contre ations^ et jamais la nôtre n'aura d'esprit putant qu'elle n'en sera pas délivrée ; voilà pournous devons rester. •• très monarchique. Eh ! de e foi , que serait une république composée de 8 les aristocraties qui nous rongent ? Le foyer de is active tyrannie. Vous l'apprendrez assez par erre intestine qui dévorera les États généraux si avemement s'obstine à ne pas les vouloir nomc. Huit cents personnes... se mènent plus aiséque trois cents..., cinq ou six personnes dcterront toujours le troupeau, quelque gros qu'il S'il est petit, des rixes particulières auront plus Qencc ; si nombreux , ce sera le talent ; et sans Hnpre (ceux que l'on peut corrompre ne valent is d'être corrompus) , le gouvernement peut et ^'assurer ces cinq ou six hommes. » Bien diffédu gentilhomme qui rompt avec sa caste quand oaintien lui parait impossible, le citoyen genevois idécis et troublé. Après avoir cherché des conseils s appuis chez les Notables, il en demande au Parfit et obtient des magistrats l'abandon de Topion qu'ils avaient manifestée contre ce qu'on lait la double représentation du Tiers. <r Consencette double représentation, aurait dit Necker Sprémesnil, assure le conseiller Sallier, mais en letemps sauvons la Constitution en péril . . . ,il serait ereux que le Parlement se prononçât d'une ma-

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nière positive pour l'opinion par ordre, li suffira dans ce moment de ne pas abandonner le principe, de ne pas paraître le mettre en doute. » Renonçant à réclamer pour les États généraux une composition ana^ logue à celle des Étals de 1614, la Cour se prononça dans un arrêté du 5 décembre 1788, pour leur retour périodique, pour la responsabilité des ministres, pour l'abolition des lettres de cachet, pour la liberté 1^ time de la Presse et déclara s'en rapporter à la sagesse du roi en ce qui concernait la fixation du nombre respectif des députés de chaque ordre. Ni le Parlement ni le Ministère ne devaient profiter de cette concession tardive. Un écrivain, doué d'une puissance de logique impitoyable, ne pouvant voir sans indignation l'on* trecuidance hautaine des Notables, répondait à l'imprudente protestation des princes par un opuscule intitulé : Essai sur les privilèges.

c On a dit que le privilège est dispense pour celui qui Tobtient et découragement pour les autres... Imaginons une société la mieux constituée. .., n'est-il pas clair que, pour la bouleverser, il ne faudra que dis* penser les uns et décourager les autres?... Tous les privilèges sans distinction ont pour objet ou de dispenser de la loi ou de donner un droit exclusif à quelque chose qui n'est pas défendu par la loi... Demandons-nous quel est l'objet de la loi? C'est sans doule d'empêcher qu'il ne soit porté atteinte à la liberté ou à la propriété de quelqu'un... Il est une loi mère dont toutes les autres doivent découler : Ne fais point de tort à autrui. C'est cette loi que le législateur distribue en quelque sorte en détail. .. Hors la loi tout est libre : hors de ce qui est garanti à quelqu'un par la

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