‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 114 sur 245 · ESSAI SUR LES PRIVILÈGES · texte numérisé non relu

ESSAI SUR LES PRIVILÈGES

ni, chaque chose appartient à tous. .. Chaque citoyen adistinctement a un droit inattaquable, non à ce que I loi permet, puisque la loi n'a rien à permettre, Qiis i tout ce qu'elle ne défend pas. A Taide de ces iriocipes, nous pouvons juger les privilèges. Ceux |ui auraient pour objet de dispenser de la loi ne peuent se soutenir; toute loi... dit directement ou indiectement : Ne fais pas tort à autrui^ ce serait dire lox privilégiés : Permis à vous de faire tort à autrui. 1 n'est pas de pouvoir à qui il soit donné de faire une elle concession... Pareillement on ne peut donner à personne un droit exclusif à ce qui n'est pas défendu «r la loi^ ce serait ravir aux citoyens une portion de eur liberté.. • Accorder un privilège exclusif à quel- |u'un sur ce qui appartient à tout le monde, ce serait aire tort à tout le monde pour quelqu'un, ce qui préente à la fois ridée de l'injustice et de la plus absurde léraison... Les privilèges honorifiques ne peuvent ^re sauvés de la proscription générale... Sous le titre lypocrite de privilèges honorifiques, il n'est presque loint de profit pécuniaire qu'ils ne tendent à en* rabir... Je leur trouve un vice de plus..., ils tendent i avilir le grand corps des citoyens. .. Ce n'est pas un »etit mal fait aux hommes que de les avilir. Conce* ra^t'-on jamais qu'on ait pu consentir à vouloir ainsi lumilier vingt-cinq millions huit cent mille individus, »oiir en honorer ridiculement deux cent mille?... Ne ionfondons point deux choses différentes, les privièges et les récompenses. Parlez-vous de services orlinaires? Il existe pour les acquitter des salaires... i'tgit-il d'un service important...^ offrez un avanceoent rapide de grade?.... Ce n'est pas assez dites-

VOUS, il nous faut des distinctions apparentes ; nous ^ voulons nous assurer les ëgards et la oonsidératioa publique... Liaissez le public dispenser libreqient tel témoignages de son estime... Si vous voulez que le prince s'enarrogela distribution, vous vouségarei..., la nature a placé la vraie source de la oonsidératioi iajis les sentiments du peuple... Les événements..., les mauvaises lois plus aveugles encore ont conspiré contrôla multitude. Elle a été déshéritée, privée de tout... Les administrateurs ordinaires, après avoir ruiné, avili le grand corps des citoyens, s'accoutument aisément à le négliger... Laissez le prix de II considération publique couler librement du seindeh nation pour acquitter sa dette envers de véritaUes bienfaiteurs. . . Applaudissons à cet admirable commerce de bienfaits et d'hommages qui s'établit poor la consolation de la terre, entre les besoins des peuples reconnaissants et les grands hommes, surabondamment payes de tous leurs services par ce simple tribut de reconnaissance. Tout est pur dans cet échange..., mais si la Cour s'en empare, je nevoisplos dans Testime publique qu'une monnaie altérée parles combinaisons d'un indigne monopole... Les signaux convenus pour appeler la considération sont mal placés, ils en égarent le sentiment..., il n'y a plus d'eâ* time réelle..., pourtant son langage, son maintien, subsistent pour prostituer de faux honneurs publics aux intrigants, aux favoris, souvent aux hommes les plus coupables. Dans un tel désordre le génie est pe^ sécuté; la vertu est ridicularisée. • . , une foule de signes de décorations. ..commandent impérieusement le respect... envers la médiocrité, la bassesse et le

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