‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 115 sur 245 · ESSAI SUR LES PRIVILEGES · texte numérisé non relu

ESSAI SUR LES PRIVILEGES

îme... Ne devez- vous pas convenir au moins que tux à qui vous avez livré vos étranges brevets d'honur peuvent ensuite dégénérer dans leurs smtients?... Ce sera donc pour des citoyens indignes que 108 aurez aliéné sans retour une portion de la consiuration publique... Encore une fois, laissez les ciyens faire les honneurs de leurs sentiments... Mais lire paresse et votre orgueil s'accommodent mieux M privilèges. •• Vous demandez moins à être distinlés par vos concitoyens que vous ne cherchez à être istingués de vos concitoyens. Le voilà donc mani- !8té ce sentiment insocial, ce désir inhumain plein 'orgueil qui s'efforce de se cacher sous Tapparence & l'intérêt public. De ces considérations générales vr les privilèges honorifiques , descendons mainte* int dans leurs effets, n»

L*abbé Sieyès analysant ce qui se passe dans Tâme 'uD citoyen auquel est conféré un privilège, montre idée de patrie se rapetissant chez lui cl se résumant ins sa caste. « On voulait l'encourager à mieux faire; 1 n'a réussi qu'à le dépraver... Pénétrez, dit-il, d moment dans les nouveaux sentiments d'un priilégié. Il se considère avec ses collègues, comme îsant un ordre à part, une nation choisie dans la ition . Il pense qu'il se doit d'abord à ceux de sa iste et, s'il continue, en effet, à s'occuper des itres, ce lie sont plus, en effet, que les autresy ce s sont plus les siens.. • Ce n'est que le peuple..., iii bientôt dans son langage, ainsi que dans son cœur, 'est qu'un assemblage de gens de rien^ une classe 'hommes créée tout exprès pour servir, au lieu qu'il li fait^ lui, pour commander et pour jouir... Qu'est»

ktt LIVRE DEUXIÈME. \

ce qu'un bourgeois près d'un bon privilégié? Celui-ci . a sans cesse les yeux sur le noble temps passe..., il : vit de ses ancêtres. Le bourgeois, au contraire, lei yeux toujours fixés sur Tignoble présent^ sur l'indif* feront avenir j prépare l'un et soutient l'autre parles ressourcesde son industrie. Il esl^ au lieu à^amréU... Un bon privilégié se complaît en lui-même autant qo*!! méprise les autres.. % La vanité, qui pour l'ordinaire est individuelle..., se transforme ici promptement eo un esprit de corps indomptable : un privilégié vient^il à éprouver la moindre difficulté de la part de la classe qu'il méprise..., il enflamme tous ses coprivilégiés et il vient à bout de former une confédération ter* rible... C'est ainsi que l'ordre politique se renverse et ne laisse plus voir qu'un détestable aristocratisme. Cependant, dira-t-on, on est poli... avec les non privilégiés comme avec les autres... Le privilégié français n'est pas poli parce qu'il croit le devoir aux autres. Ce n'est pas les droits d'autrui qu'il respecte» c'est soi , c'est sa dignité. Il ne veut pas être confondu... avec ce qu'il nomme mauvaise eampagnie... Gardezvous de vous laisser séduire par des apparences grimacières. ..; ayez le bon esprit de ne voir en elles que ce qui y est^ un orgueilleux attribut de ces mêines privilèges que nous détestons... Ne confondons point avec la supériorité absurde et chimérique qui est l'ouvrage des privilégiés, cette supériorité légale qui suppose des gouvernants et des gouvernés. Celle-ci est réelle, elle est nécessaire, elle n'enorgueillit pas les uns, elle n'humilie pas les autres... Jusqu'à présent j'ai confondu tous les privilèges, ceux qui sont héréditaires avec ceux que l'on obtient soi-même...

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f a des places dans Tordre des maux et de Tabité^sansdoute les privilèges héréditaires y doivent pcr la première... Faire d'un privilège une proé transmîssible..., c'est renverser tout privilège, ^ raison... Une fausse idée n'a besoin que d'être idée par l'intérêt personnel... pour corrompre à 1 tout l'entendement... Ainsi voyons-nous s'éle- M>us nos yeux et sans que la nation songe même à imer de nombreux essaims de privilégiés dans une i et même religieuse persuasion, qu'ils ont un droit ris aux honneurs par leur naissance et à une perdu tribut des peuples par cela seul qu'ils contint à vivre... ; ce n'était pas assez que les privilégiés egardassent comme une autre espèce d'hommes, devaient se considérer... presque de bonne foi ime un besoin des peuples, non, comme des foncnaircs delà classe publique... S'ils parlent aux fs du gouvernement, ils se représentent comme pui du trône... Si, au contraire, ils parlent à la on, ils deviennent alors les vrais défenseurs d'un pie, qui, sans eux, serait bientôt écrasé par la anté... Une faut dans une société que des citoyens int et agissant sous la protection de la loi... La le hiérarchie nécessaire s'établit entre les agents a souveraineté... C'est là que se trouvent les vrais ports d'inférieur à supérieur... Un citoyen... qui \i point mandataire de l'autorité est entièrement aaltre de ne s'occuper qu'à améliorer son sort et luir de ses droits sans blesser les droits d'autrui... D donne son temps ou sa marchandise, l'autre d en échange son argent ; il n'y a point là de ordination, mais échange continuel... Toutes les

classes de citoyens ont leurs fonctions..., dont Ven- ^c semble forme le mouvement général de la société, a S'il en est une qui prétende se soustraire à cette loi i générale..., elle ne se contente pas d'être inutiteiil i faut nécessairement qu'elle soit à charge aux au- \ très. 9 L'abbé Siéyès terminait cette virulente attaque contre la noblesse française» en montrant les privilégiés contraints de demander à l'intrigue et i la mendicité la fortune que leurs préjugés de caste les empochaient de rechercher par des voies honnêtes» et dévoilant la pensée intime des personnages qui auraient voulu ressusciter en 1789 la composition des États généraux du passé, il mettait sous les yeux du Tiers État le texte de l'outrageant discours prononcé en 1614 par le baron de Sennecey» président de U noblesse. Une foule de pamphlets mis en lumière par les poursuites du Parlement appuyaient auprès du vulgaire les savantes déductions de Siéyès et accentuaient de plus en plus la scission profonde qui séf^r rait la nation de la magistrature.

Bord L*avocat général Séguieren requérant la condamna-

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tra tion d'un libelle intitulé : Délibération à prendre par le dioyenn. Ticrs-Êtat dans toutes les municipalités du royaume de FrancCj déplorait le grand nombre d'écrits polémiques dont la société était inondée, c On ne sait, faisait-il remarquer, si Ton doit être plus surpris de la fécondité de l'esprit humain que de son aveuglement. On ne s'en tient plus à proposer des doutes sur l'incertitude des premiers temps de la monarchie, sur les limites de la souveraineté, sur la sépa* ration réelle des ordres, sur l'étendue des privilèges, en un mot sur les droits de la nation réunie. . . Il est

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