DISCOURS DU PREMIER PRÉSIDENT
exprimer la conviction qu'une prompte réunion des États généraux devenait le seul moyen de parer aux troubles dont le pays était menacé. Elle chargea le premier Président de solliciter très humblement de Louis XVI renvoi des lettres de convocation, décision prise le 19 décembre qui fut aussitôt exécutée.
c Une effervescence dangereuse s'est répandue insensiblement dans tout le royaume, dit le premier Pré- «dent en abordant le roi, des idées d'innovation agitent les esprits, l'enthousiasme les échautTe, la contradiction les aigrit... Ce qui n'était d'abord que des opinions devient des prétentions trop réelles... On se fait une habitude perverse de violer et de braver les lois. • . On ne craint pas de présenter au peuple comme ses oppresseurs les magistrats qui maintiennent... l'ordre public, comme ses ennemis les ecclésiastiques qui prêchent les règles salutaires de la morale... On lui désigne comme des tyrans les nobles qui honorent la monarchie par leurs exploits... Lorsqu'il n'y aura plus de principes fixes qui déterminent la soumission du peuple^ plus de pouvoir dans les ministres de l'autorité légale qui Tordonne, de la religion qui en consacre les devoirs, de cette puissance militaire qui appuie les lois par les armes, où pourra se trouver l'obéissance?... On ajoute à celte commotion générale par des idées d'égalité qu'on s'elTorce d'établir en système... Cette spéculation, toute vaine qu'elle est, sème parmi les citoyens le germe de l'anarchie . . . , c'est là ce qui effraie voire Parlement, c'est ce qui le porte à une démarche plus pressante auprès de Votre Majcslé. . . pour qu'il lui plaisede faire expédier les lettres de convocation des États généraux. 11 est lomfïs
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de rapprocher les citoyens les uns des autres, il est f*
urgent de former enfin cette grande assemblée où ils
pourront conférer sur leurs droits réciproques..., se
parler sans défiance , s'expliqua sans vouloir se do- j''
miner réciproquement. » f
luuves Ce discours se terminait par un appel à la sagesse *
d«^ "^ et à la bonté du roi, pour assurer « la subsistance du
^!fr la peuple dans un temps où la rigueur de la saison se jo'mt
taariié. ^^^ autres causes de la cherté des grains Votre
Parlement y a pourvu , ajoutait le premier président, autant qu'il était en lui , par un arrêt qui défend les manœuvres employées pour augmenter cette cherté. Le même arrêt établit dans les marchés Tordre le plus favorable pour les personnes pauvres eldépou^ vues de la faculté de s'approvisionner. »
Après avoir signalé parmi les causes du rencl^rissement des grains, l'insuffisance des récoltes résultant des pluies, des inondations, et même des sécheresses, les magistrats en faisaient surtout retomber la responsabilité sur les marchands coupables d'accaparements, sur les propriétaires et cultivateurs qui emmagasinaient leurs moissons et exigeaient des arrhes pour livrer leurs blcs. Les officiers a chargés de veiller dans les lieux de leur arrondissement sur la police publique, X) demandaient le rétablissement des anciens règlements. <ic C'est en vain, déclarait l'avocat durcit Séguier, que le fanatisme d'une indépendance absolue dans le commerce des grains, se flatte de procurer l'abondance... Que deviendraient les citoyens des villes si les propriétaires des campagnes et les laboureurs cessaient de fournir a leurs besoins?... Est-il possible qu'il y ait des hommes assez barbares pour