VOLTAIRE ET ROUSSEAU
i, pour sa famille, avec plus de vigueur et de ptai- *y que pour un maître...^ l'esclave a peu d'inclinaiQ pour le mariage.. M il craint de faire des esclaves mme lui. Son industrie est étouffée, sonâmeabrui... Le possesseur, au contraire, désire une femme li partage son bonheur.. ., son épouse et ses fils font s richesses. Le terrain de ce cultivateur peut dever dix fois plus fertile qu'auparavant, sous les mains une famille laborieuse. Le commerce général sera igmenté. 3» •
En regard de cette déclaration si nelte, si précise li, en définitive, indique le moyen de classer les immes par les résultats de leurs travaux, soit matéels, soit intellectuels, c'est-à-dire par eux-mêmes, ins la pression d'un despote, sans les contraintes un esclavage plus ou moins mitigé, placez les rêvea d'un rival éloquent cherchant à faire dispaittre dans un avenir plus heureux les misères dont est témoin, trop fier et à la fois trop intelligent oor croire que l'aumône de Thomme puissant, c'est- -dire du riche, suffise à cette tâche.
cDansKespèce humaine, dit Jean-Jacques Rousseau, y a deux sortes d'inégalités, l'une naturelle ou phyique, qui consiste dans la différence des âges, de la mté, des forces du corps et des qualités de l'esprit; autre qu'on peut appeler inégalité morale ou politi- [ue, parce qu'elle dépend d'une sorte de convention. . . s premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de lire c'est à mai et, ayant trouvé des gens assez simples lour le croire, fut le vrai fondateur de la société cirile, que de crimes, de guerres, de meurtres, de miières et d'horreurs, n'eut point épargné au genre hu-
m LIVRE DEUXiÊME.
main celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : gardez-vous d'écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oublia que les fruits sont à tous et que la terre n'est à par*
sonne » Après cette négation du droit k la pro«
priété individuelle^ Rousseau développe le panégyrique de r homme au début de son apparition sar la terre, n'ayant aucune des passions mauvaise qui le déshonorent dans Tétat social, jouissant d'une santé presque inaltérable, subvenant à ses besoins essentiels, ne souffrant pas de la privation de vêtements, mais il ne tarde pas, entraîné par la force des faits et l'impitoyable logique , à reconnaître que l'homme sera contraint par suite de ses instincts et des nécessités de son existence , à se réunir à ses semblables et, de cejour qui devait fatalement arriver, il le représente perdant la pitié naturelle qui l'em* pèche de faire du mal à ses concitoyens, a devenant fourbe et artificieux avec les uns, impérieux et dur avec les autres, entraîné par une ambition dévorante, par l'ardeur d'élever sa fortune, moins par un véritable besoin que pour se mettre au dessus des autres, que pour satisfaire à un noir penchant à se nuire mutuellement..., à faire son profit aux dépens d'autrui. Les riches, ajoute le séduisant écrivain, connaissent à peine le plaisir de dominer qu'ils dédaignent tous les autres..., ne songent qu'à subjuguer et asservir leurs voisins, semblables à ces loups affamés qui, ayant une fois goûté à la chair humaine, rebutent toute autre nourriture et ne veulent plus que dévorer des hommes. » En quête d'arguments, l'antagoniste de Voltaire compare l'avidité de la po-
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se repaître du spectacle d'un malheureux sur la roue, au plaisir d'aller « pleurer e* » à ses yeux « la pitié est un sentiment ux, qu'il n'est pas étonnant qu'on cherche ver. ]D Rousseau profite de sa brillante phrapour maudire ce qu'il nomme les puissants ^hes et pour exciter les haines du pauvre » mnt par s'ériger en homme d'État, prés bases d'une société idéale et cherche i vt la possibilité d'établir l'égalité parmi les de l'avenir * • Le lauréat de Dijon, enivré par de Tœuvre qu'avait fait éclore l'Académie loonne, ne tarda pas à reproduire ses divagas un écrit politique qu'il intitulait le Contrat re plus vanté que lu, où il pose en principe que est la conséquence de la nature de l'homme, force ne fait pas droit, » et s'efforçant «c de me forme d'association qui défende et protège e commune la personne et les biens de chaque » conclut que les clauses de ce contrat lisent à une seule, savoir : l'aliénation totale lie associé avec tous ses droits à toute la auté. . . , aliénation se faisant sans réserve,
issi parfaite qu'elle peut l'être 9 nul
l'ayant plus rien à réclamer : car s'il restait droit aux particuliers, comme il n'y aum supérieur commun qui pût prononcer i et le public, chacun étant en quelque point re juge, prétendrait bientôt l'être en tout.» B, proclame Jean-Jacques, doit perdre ainsi
lalyse de la question mise au coDcoonpar l'Aeadémie de Dijon, \n€€ tow Louii lY, tome IV, p. 202 et tuif.
« sa liberté naturelle pour conquérir la liberté civile i>. Étrange conclusion ofTerte à un peuple affolé de liberté , qui s'était rallié depuis longtemps ao principe romain de la propriété individuelle qui avait fondé la civilisation la plus haute du monde antique', conclusion détruite, aussitôt qu'énoncée, puisque Rousseau, après avoir affirmé que c lavo* lonté générale serait toujours droite et tendrait toujours à l'utilité publique..., j> exigeait qu'elle fût exprimée par des citoyens <k suffisamment informés, « n'ayant eu aucune communication entre eux , ce qoi le conduisait à invoquerrintervention d'un législateur providentiel, c II n'y a guère de pays au monde où les fortunes des particuliers soient plus assurées qu'en France, écrivait Voltaire. Le comte Maurice de Nassau, en partant de La Haye pour aller commander l'infanterie hollandaise, me demanda si on lui confisquerait les rentes qu'il avait sur l'Hôtel de Ville de Paris. On vous paiera, lui répondit Voltaire, précisément le même jour que le comte Maurice de Saxe qui commande l'armée française; et cela était vrai, à la lettre. 3> La tendance des peuples à un rapprochement qui devait conjurer les ruines accumulées par d'incessantes guerres, ne pouvait qu'accentuer l'attachement des Français à la propriété individuelle, inébranlable base de la civilisation moderne, que faisaient ressortir les œuvres des économistes en fixant son origine dans le travail personnel. Les déceptions éprouvées par les Fran^dans la mise en vigueur du traité de commerc^tBOQclu avec l'Angleterre,
* Voir l'analyse du Contrat soé^ dans La France soM Ufuit Xf,
lomcV, p. 50G cl suiv. ' ; mi.