‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 122 sur 245 · LA LÈPRE DU COMMUNISME · texte numérisé non relu

LA LÈPRE DU COMMUNISME

xagérations auxquelles n'échappe pas Necker, quand méconnail les phases que traverse une société en erpéluel travail de transformation, et se fait Técho es préoccupations du jour en écrivant dans son ourage sur le commerce des grains : ce Si les propriétés laient égales, chacun travaillerait modérément et hacun saurait un peu..., mais dans Tinégolité des irtunes, effet de Tordre social, l'instruction est in- ^rdite à tous les hommes nés sans propriétés ; car )ute subsistance étant entre les mains de la partie e la nation qui possède l'argent ou la terre..., homme né sans autre ressource que la force est bligé de la consacrer au service des propriétaires. » La propension qu'ont les individus à s'exonérer 'efforts personnels pour s'assurer le bien-être que \\e leur imagination et à charger leurs semblables de avaux dont ils voudraient profiler sans les exécuter jx-mêmes, devait se manifester de temps à autre, )itsous forme de conseils moraux ou de conceptions ^ientifiques, soit sous celle de contrainte et de meace. En 1808, dans le système de Fourier, le pouoir des classes dirigeantes est remplacé par un ommunisme basé sur l'accord de toutes les passions armonisées dans sa riche imagination. Un industriel cessais, Robert Owen, étant parvenu quelques nnées plus tard à réaliser dans un centre manufactuier une sorte de société modèle constituée par une opulation de deux mille ouvriers, s'exaltait à la vue e son œuvre, et rêvant un avenir semblable pour les euples, courait exposer en Amérique la théorie de irresponsabilité de l'homme. A la veille de la révoitiondel830, on voitlessaint-simoniensse déclarer

les adversaires de la propriété individuelle, et la genèse d'une religion nouvelle allait sortir de la plume d'un écrivain qui est devenu l'un des plus fervents apôtres de l'économie politique libérale, autrement dit du libre échange \ Lors de Téclosion de la révolution de 1848, Louis Blanc reprend les principes des communistes et renouvelant la conspiration qui fit monter Babeuf sur Téchafaud en 1797, adopte en quelque sorte les termes du manifeste qu'adressait au peuple français ce maître et ce précurseur direct: . (c Nous voulons, disait Babeuf, l'égalité réelle n'im- • porte à quel prix. . . , nous la voulons au milieu de nous | sous le toit de nos maisons..., nous consentons à tout pour elle. . . Périssent, s'il le faut, tous les arts.pourvu qu'il nous reste l'égalité réelle... Plus de propriété individuelle des terres..., la terre n'est à personne..., nous voulons la jouissance communale des fruits de la terre : les fruits sont à tout le monde..., disparaissez, révoltantes distinctions de riches et de pauvres, de grands et de petits, de maîtres et de valets, de gouvernants et gouvernés... »

D'autre part, Louis Blanc emprunte au Contrat social, sinon dans l'expression, du moins dans le sens, une classification de la nation française en deux groupes ennemis, les bourgeois et le peuple : «c Par bourgeoisie j'entends, dit-il, l'ensemble des citoyens qui, possédant des instruments de travail ou un oc capital, travaillent avec des ressources qui leur <c sont propres et ne dépendent d'autrui que dans <c une certaine mesure.

<c Ceux-là sont plus ou moins libres.

« Michel ChAnlier.

LA LËPRE DU COMMUNISME. k^

a Le peuple est l'ensemble des citoyeBS qui, ne c possédant aucun capital, dépendent d'autrui cornr plètement et en ce qui touche aux premières néc cessités de la vie.

« Ceux-là ne sont libres que de nom. » Ennemi déclaré des citoyens qui vivent sans réclamer l'assistance de personne pour eux et leur famille, Louis Blanc en fait, sous la qualification de bour* jeois, des êtres à part atteints d'une sorte de vice spécial appelé individualisme, mot nouveau remplaçant celui d'égoïsnie, ce qui le conduit en analysant les différentes classes de la société à réserver le nom ie peuple à une horde de mendiants voulant asservir I leur profit les familles laborieuses et prospères ou s'emparer du fruit de leurs peines. Supposons, écritil, m deux hommes partis de deux points différents, 3elui-ci élevé dans une ferme, celui-là dans un compïoîr, qui se rencontrent tout à coup à un certain poteau le la route où est gravé le mot liberté; ce mot, il ^'agirait de le bien comprendre. Et que de malheurs épargnés au peuple si on l'avait défîni par la fraternité, sans laquelle le faible ne devient libre que dans l'abandon ! Mais le principe d'autorité avait tellement fatigué le monde que les penseurs aboutissaient à la victoire du principe opposé à l'affranchissement pur et simple. y> Quelques pages plus loin Louis Blanc avoue que « Turgot proclama en termes magnifiques le droit de travailler d, mais se hâte d'ajouter : « Ne vous y trompez pas, Turgot n'alla jamais jusqu'à reconnaître le droit au travail. Il voulait bien qu'on laissât les pauvres libres de développer leurs facultés, mais il n'admettait pas que

la société leur dût les moyens d*y parvenir. Il entendait bien qu'on supprimât les obstacles qui peuvent ! naître de Taction de l'autorité, mais il n'imposait pas j à l'État l'obligation de servir de tuteur aux pauvres, i aux faibles, aux ignorants. En un mot, c'était le droit { de travailler et non le droit à travailler qu'il admet- : tait, distinction capitale et dont on n'a pointasses ] jusqu'ici sondé la profondeur, d

Prenant au sérieux les conclusions de Thomas i Morus lorsqu'il dit : o: Je suis entièrement persuadé i que pour mettre les choses humaines dans un juste i équilibre..., il faudrait nécessairement abolir le droit a de propriété, » Louis Blanc se complait dans les rêves de ses prédécesseurs plus immédiats : € Mably pensait, observe-t-il..., d*accord en cela avec la i^ison de Morelly et le sentiment de Jean-Jacques, que les hommes sont inégaux en facultés et en besoins, mais égaux en droits, que chacun d'eux ayant reçu de Dieu la loi d*être utile et de vivre, tous ont un droit égal de développer leurs facultés et à jouir des conditions de l'existence. La justice, il la faisait consister à exiger davantage de qui peut davantage et à donner plus à qui la nature impose plus de besoin... Si je retiens comme superflu ce qui est nécessaire à mon voisin pour qu'il exerce son droit de vivre..., je m'oppose à l'accomplissement de la loi divine et je suis impie. y> Le même Louis Blanc blâme le mot de Voltaire ce le grand nombre doit vivre de sa peine d, déclare fausse et dangereuse la doctrine des économistes du xv!!!** siècle et ajoute : ce Ne nous hâtons pas cependant de les condamner, ils adopteront avec une passion aveugle le principe de l'indi-

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