‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 125 sur 245 · MIRABEAU EN PROVENCE · texte numérisé non relu

MIRABEAU EN PROVENCE

uvé qu'un de vos collègues (Necker) me rermcra is les portes. .. Désirez-vous que j'aille vous voir,

sieur le comte ? »

icapable de juger les difficultés de la situation

'apprécier la valeur d'un publiciste qui avait

|uis une renommée populaire, Montmorin ne son-

(u'à débarrasser Necker d'un adversaire redouté,

[irabeau partit pour la Provence sans se douter

le ministre, dont il avait sollicité le concours, se

osait à le faire transporter aux Indes-Orientales, si

•iy sinon plus clairvoyant, au moins plus juste, ne

ut opposé ^ .

irabeau trouva en arrivant une division acharnée Mi«betu

eo Provence,

ele Tiers-Ktat et les deux autres ordres; d'une i5jaDTi«ri78 , les nobles possédant des fiefs entendaient rejelans les rangs du Tiers ceux qui n'en avaient pas ; tre part, la légalité des États de la province était estée par le Tiers, notamment à Sisteron, où une )ération du Conseil général de tous les chefs de

rehives nationales, X*" 8989 : Arrêt du Parlement, 5 décembre CSompte rendu au roi par le premier président relativement à la cftlion des États généraux, 10 décembre 1788. Expoaé ao Parlement iria de Tenquéte du procureur général fur lea cautei de TaaglUoA du prix des grains, 13 décembre 1788. Réquisitoire de Tavocat •1 Seguier contra un imprimé ayant pour titre : DélihértUionM d îreparle TierS'Élat dam toules les municipalités, 17 décembre 1788. leîation d'un imprimé intitulé : Pétition des citoyens domiciliés à (, du 8 décembre 1788. Interrogatoire par devant le Parlement do ar Guillotin , 19 décembre 1788. Récit par la premier préaident de ^age à Versai lle«, 22 décembre 1788. ^Mémoires ducomte de TiUy, PUia, 1828, t. III, p. 128 et a uiv. — Mémoires de Mirabeau, écriU li-méme, t. V, p. 187etsuiv.,203etsuiv.y231. — iniiaief/rafi(«ife<, ray-Marie Sallier, p. 227 et suit., 229. — Mémoires du marquis de Ué» iB-8, Paris, 1821, t. l,p.62etsoif.— llMCotrvpaWfiiMiilatrvde wokUion française, par Bûchez et Roux, in-S, 1834, t. II, p. y.— Italc mtofi française, par Necker, in*8o; Paria, 1797^ p. 33 aC aoiv.,

famille avait enjoint « au receveur de la ville et viguerie de ne verser dans la caisse du trésor de la province que les sommes nécessaires à racquittement des subsides royaux et de ne se dessaisir des sommes excédentes... que sur un ordre des consuls qui ne pourraient le donner qu'après que. .. les impositions, dites du pays, auront été librement délibérées par ceux qui doivent les payer, dans une assemblée légale et constitutionnelle, d II en était de même pour le Languedoc dans les villes de Toulouse, Béziers, Pézenas, dont le Tiers s'insurgeait contre la composition des États de la province.

C'est en vain que Mirabeau combattit la protestalion de la noblesse provençale contre les décisions du 27 décembre 1788, réglant la composition des Etats généraux^ et fit observer combien il était à la fois inutile et illégitime de refuser au roi la qualité de législateur provisoire de leur première réunion. Mirabeau ne fut pos plus heureux en plaidant la cause des nobles, non possesseurs de fiefs, exclus des Etats par

67, 82. — Mémoires de BaiUy^ 1. 1, p. 303. — Introduction au Jfoniteur. Rapport fait au roi dans son conseil par le ministre des finances le 27 décembre 1788, p. 500 et suiT., 557 et suit., 561. — Sur Cadministration de M. Necker, par lui-même, in-8, 1791, p. 7, 20, 28 et suif., 33 et suiv., 40, 44, 51, 53, 68. — Correspondance entre M. C*** etk comte de Mirabeau sur le rapport de M. Necker et sur Târrét du Conseil du 29 décembre, qui continue pour six mois force de monnaie au papier de la Caisse d'escompte; in-8, 1789, p. 24, 27, 42, 44, 49. — RecuiU des anciennes lois françaises, par Jourdan, Isambert, etc., t. XXVUl, p. 637 et suiv. — Mémoires de Brissot, 1. 1, p. 88 et suiv . — Essai sur les privilèges, par Siéyès, in-8, 1789. ^ Vue sur les moyens d'es^cutUm dont les représentants de la France pourront disposer en 1789, par Siéyès, in-8, 1789, p. 97 et suiv.— Correspondance entre le comte de Mirabeaa et le comte de Lamarck pendant les années 1789, 1790, 1791, iB-6; Paris, 1851, 1. 1, p. 109, 339 et suiv., 342 et suiv.,346 et suiv. — (Eiimt complètes de Voltaire, t. XXXll, p. 18 et suiv.; XXXIX, p. 430.— foyo^e

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^ngénèrcs. a Vous ne ferez pas entendre rainoblesse, mandait-il au gouverneur de la Pro* f . de Caraman , elle est de trop mauvaise foi, torante et trop cupide, vous n'apaiserez pas le » demandes sont trop justes et ces têtes cuites 1 de Provence sont trop calcinées. ^ Puis, enit au même moment dans une lettre son ami de des intérêts du peuple, il dévoile les misères lesquelles ont si fréquemment à lutter les s politiques. <k Le Tiers, dit-il, n'a ni plan ni s. Il s'acharne avec fureur sur des bêtises où il 1 mollit lâchement sur les points importants où )n..., c'est à peu près en vain que je m'efforce le Tiers.. ., nul ne fait plus de mal au peuple même. i>

nt l'impossibilité^ avec la composition des 3 la Provence, d'arriver à mettre d'accord its, Mirabeau appuya les projets de réforme Ss par plus d'une ville et d'une corporafit paraitre le mémoire qu'il avait écrit et

f pendant les années 1787, 1788, 1789, 1790, par Aribur liait par Decaianx, Jn-8, 1793» t. H, p. 118. — Œuvres de io-8, 1790, t. vil, p. 47, 56, 61, 13, 101, 105, 109, 113, 129, 141 , 254. — Bùtoire du communisme ^ par Alfred Sodre, «, 1850, p. 106, 108, 123, 144elaoiv., 150elsuiv., 163, 164, 97, 198, 223, 237, 240, 262 et suiv.» 287, 364 et sui¥. - Étude ùrmateurs socialistes modernes, par Louia Beybaud, in-12, p. i¥, V, Yii, 12, 14, 20, 29, 32, 34, 36, 72, 214 et aui¥., et et sDiv. — Histoire de la Révolution française, par Louia l, 1847, 1. 1, p. 121 , 525, 530 et suiv., 534 et 537, 540, t. Il, 15, 317, 330, 335, 358, 453, 463, 481, 490, 462 etaai¥. ~ Um pour Végalité, dite de Babeuf, par Baooarotti, in-8, 1828, t. II, p. 150 et suiv. — Idée d'une république heureuse I ée Thomas Morus, chancelier d*Aii(!leterre, traduit enfrançtia NteriUe, in- 12; Amslerdam, 1730, page 86. » Joumoi la Parférrier 1883. — Journal le Temps, 6 mira 1887,

M UVRB bBtJXIÊllB.

adressé au président des États : sur la représentation illégale de la nation Provençale dans ses États actuels et sur la nécessité de convoquer une assemblée générale des trois ordres. Un semblable recours à la publicité déchaîna la colère du clergé et de la noblesse. Mirabeau fut traité d'ennemi delà paix* et les privilégiés rappelant leur tentative d'association avec le Tiers-Etat pour obtenir Tabrogalion des règlements du 27 décembre 1788, l'accusèrent de rompre par une motion incendiaire une union déjà conclue et jurée, ce Cette circonstance, répondit aussitôt Mira* < beau, serait plus injurieuse pour les députés du (r Tiers que pour moi... Les mandataires des corntt munes mériteraient de grands réproches, si, contre a Tintërêt du pays et le vœu de leurs commettants, a ils avaient laissé échapper une seule occasion de (T faire les protestations dont ils étaient expressément <c chargés. . . Jamais la lutte de l'opinion publique te contre les prétentions des classes privilégiées ne (c s'était développée avec plus d'énergie que le jour ce ou j'ai faitma motion..., j'atteste le procès-ver- (c bal..., la déclaration soudaine des députés du a Tiers, leur vigoureux élan au moment où l'on n'a (( pas rougi de me dénoncer; l'ardeur avec laquelle v^c ils ont revendiqué l'honneur d'avoir porté les pre- « miersmon vœu...

c( Qu'ai-je donc fait de si coupable? J'ai désiré a que mon ordre fût assez habile pour donner au* a jourd'hui ce qui lui sera infailliblement arraché a demain; j*ai désiré qu'il s'assurât le mérite et la « gloire de provoquer l'assemblée des trois ordres, a que toute la Provence demande â Tenvi . . . y^oilà

ItikABEAÙ EN t>kOVËNGE. 191

c le crime de l'ennemi de la paix, ou plutôt j'ai cru « que le peuple pouvait avoir raison... Ah! sans K doute, un patricien souillé d'une pareille pensée K mérite des supplices! Mais je suis bien plus cou- I pable qu'on ne suppose : car je crois que le peuple K qui se plaint a toujours raison, que son infatigable t patience attend constamment les derniers excès de c l'oppression, pour se résoudre à la résistance; i qu'il ne résiste jamais assez longtemps pour obte- K nir la réparation de tous ses griefs ; qu'il ignore I trop que pour se rendre formidable à ses ennemis ( il lui suffirait de rester immobile, que... le plus c invincible de tous les pouvoirs, est celui de se re- I fuser à faire... Je pense ainsi, punissez l'ennemi < de la paix.

ce Mais vous, ministres d'un Dieu de paix. . . , instijc tués pour bénir et non pour maudire, vous avez c lancé sur moi l'anathème, [sans [daigner même es- € sayer de me ramener à d'autres maximes.

(C Et vous amis de la paix qui dénoncez au peuple K le seul défenseur qu'il ait trouvé dans son sein.

a Qui, pour cimenter la concorde, remplissez la « Capitale et la Provence de placards propres à arc mer le peuple des campagnes contre celui des « villes..., qui, pour préparer les voies de conci- « liation, protestez contre le règlement... de convo-* a cation des Etats généraux , parce qu'il donne au « peuple un nombre de députés égal à celui des deux <c ordres réunis..., généreux amis de la paix... je ce vous somme de déclarer quelles expressions de « mon discours ont attenté au respect de l'autorité « royale ou aux droits de la nation. Nobles Proven-*

418 UVRB DEUXIÈME.

c çaux, l'Europe est attentive, pesez votre réponsCf <c hommes de Dieu , prenez garde, Dieu vous écoute. . . a Si vous gardez le silence..., souffrez que j^ajoute <K un mot.

(1 Dans tous les pays, dans tous les âges, les aris- (I tocrates ont impitoyablement poursuivi les amis a du peuple; et si par je ne sais quelle combinaison (c de la fortune, il s*en est élevé quelqu'un dans leur (c sein, c^est celui-là surtout qu'ils ont frappé, avides a qu'ils étaient d'inspirer la terreur par le choix de (( la victime. Ainsi périt le dernier des Gracquesde a la main des patriciens; mais, atteint du coup mora tel, il lança de la poussière vers le ciel, en attestant <c les dieux vengeurs ; et de cette poussière naquit (c Marins: Marins moins grand pour avoir exterminé (( les Cimbres, que pour avoir abattu dans Rome l'aa rislocratiedela noblesse... Vous, communes, écoua tez celui qui porte vos applaudissements dans son a cœursansenêlre séduit. L'hommen'estfort que par (( runion,iln'eslheureuxqueparlapaix.Soyezfermes « et non pas opiniâtres; courageux, mais non pas (( tumultueux; libres, mais non pas indisciplinés; <k sensibles, mais non pas enthousiastes; ne vous (c arrêtez qu'aux difficultés importantes..., dédai- (c gnez les contentions de Tamour propre et ne noet- <c tez jamais en balance un homme et la patrie... 2»

Presque le même jour où Mirabeau défendait avec une éloquence enflammée la cause populaire et marquait, avec une voix qui devait dépasser les frontières de la Provence, le but à poursuivre et les moyens de Tatteindre, le prêtre qui avait analysé les maux causés par les privilégiés reprenait la plume à Paris et,

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