QU'EST-CE QUE LE TIERS-ÉTAT
dans son impitoyable logique, fixait froidement^avec les sculesannes delà raison les droits imprescriptibles de la nation.
<c 0^' est-ce nueleTiers'Êtat?écv\\2i\lV2kbhéS\éy es. Apparition d«
^ * brochure :
Tout. Qu*êêi^ee quê
a Qu'a-t-il été jusqu'à présent dans V ardre po^ térTwrns». li tique? Rien.
« Que demande-t'il ? A devenir quelque chose. .
a Que faut-il pour qu'unenalion subsisteet prospère? € Des travaux particuliers et des fonctions publiques. « On peut renfermer dans quatre classes tous les « travaux particuliers : l"" celle de toutes les familles a attachées aux travaux de la campagne ; â"" depuis la a première vente des matières jusqu'à leurconsom- € malion, une nouvelle main-d'œuvre... ajoute à a ces matières une valeur seconde..., tels sont les € travaux de la seconde classe; 3^ entre la productt tion et la consommation, commeaussi entre les difa férents degrés de production, il s'établit une foule a d*[igentsintermédiaires, utiles tantaux producteurs « qu'aux consommateurs, ce sont les marchands et d les négociants; 4° outre ces trois classes de cice toyens laborieux et utiles, qui s'occupent d'objet c propre à la consommation et à l'usage, il faut en- « core dans une société une multitude de travaux « (>articuliers. . . Cette quatrième classe embrasse dece puis les professions scientifiques et libérales les a plus distinguées, jusqu'aux services domestiques « les moins estimés.
<c Tels sont les travaux qui soutiennent la société.
« Qui les supporte|?
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« Le Tiers-Etat.
<K Les fonctions publiques peu vent également, dans c l'état actuel, se ranger toutes sous quatre dénomi- « nations connues, TÉpée, la Robe, l'Église et l'Admia nistration... Le Tiers-Etat y forme partout les dix- € neuf vingtièmes, avec cette différence, qu'il est « chargé de tout ce qu'il y a de vraiment pénible... « Les places lucratives et honorifiques seules y sont € occupées par des membresderordreprivilégié. Lui <K en ferons-nous un mérite? 11 faudrait pour cela, ou c que le Tiers-Etat refusât de remplir ces places, ou « qu'il fûtmoinsen étatd*en exercer lesfonctions. On <K sait ce qui en est. Cependant on a osé frapper c Tordre du Tiers d'interdiction, on lui a dit: Quels « que soient tes services, quels que soient tes talents, «c tu iras jusques-là : tu ne passeras pas outre. Il n'est «c pas bon que tu sois honoré... Si cette exclusion est « un crime social envers le Tiers-Etat, pourrait-on i> dire au moins qu'elle est utile à la chose publique? 9 Eh! ne connait-on pas les effets du monopole...? <K ne sait-on pas qu'il rend inhabiles ceux qu'il favo- «c rise?...En dévouant une fonction quelconque à serc vird'apanage à un ordredistinct parmi les citoyens, ce a-t-on fait attention que ce n'est plus alors seulece ment l'homme qui travaille qu'il faut salarier, mais c aussi tous ceux de la même caste qui ne sont pas « employés, mais aussi les familles entières de ceux c qui sont employés et de ceux qui ne le sont pas?... c II suffit ici d'avoir fait sentir que la prétendue uti- « lité d'un ordre privilégié pour le service public, te n'est qu'une chimère... Qui donc oserait dire que % le Tiers-Etat n'a pas en lui tout ce qu'il faut pour
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« former une nation complète?.. Si l'on ôtait Tordre « privilégié, la nation ne serait pas quelque chose de « moins, mais quelque chose de plus. Aussi qu'est-ce ff que c*est que le Tiers? Tout, mais un tout entravé € et opprimé, que serait-il sans Tordre privilégié? « tout, mais un tout libre et florissant. Rien ne peut a aller sans lui, tout irait infiniment mieux sans les a autres... Je ne parle point du clergé. Dans mes idées ce n'est pas un ordre, mais une profession chargée d'un service public... Il n'est pas possible, dans le nombre de toutes les parties élémentaires d'une nation^ de trouver ou placer la caste des nobles. Je sais qu'il est desindividus, en trop grand nombre, que les infirmités, Tincapacilé, une paresse incurable, ou le torrent des mauvaises mœurs, rendent étrangers aux travaux de la société. L'exception et l'abus sont partout à côté de la règle. Mais au moins conviendra-t-on que, moins il y a de ces abus, mieux l'État passe pour être ordonné? Le plus mal ordonné de tous serait celui où non seulement des particuliers isoles, mais une classe entière de citoyens mettrait sa gloire à rester immobile au milieu du mouvement général et saurait consumer la meilleure part du produit, sans avoir concouru en rien à le faire naître. Une telle caste est certainement étrangère à la nation par sa fainéantise LeTiers embrasse donc tout ce qui appartient à la nation , et tout ce qui n'est pas le Tiers ne peut pas se regarder comme étant de la nation. Qu'est-ce que le Tiers? Tout... »
Sîeyès prouv9i^ par Tbistoire que le Tiers^Ëtat n'a-
vait jamais eu de représentants aux États généraux, que ses droits politiques étaient nuls. Dans le chapitre intitulé : Que demande h Tiers-État ? à devenir quelque cftos^, il signalait son inexpérience. <k On ne peut ap- <c précier, disait-il, les véritables pétitions de cet c ordre que par les réclamations authentiques que les a grandes municipalités du royaume ont adressées « au gouvernement. Qu'y voit-on? que le peuple «c veut être quelque chose, et en vérité le moins qu'il « est possible. Il veut avoir de vrais représenc tants... tirés de son ordre,.. y à quoi lui servirait a d'assister aux États-généraux, si l'intérêt contraire au sien y prédominait... « il ne peut venir voter aux <K Etats généraux, s'il ne doit pas y avoir tin^ influence a au moins égale à celle des privilégiés j et il demande a un nombre de représentants égal à celui des deux <c autres ordres ensemble. Enfin cette égalité de rece présentation deviendrait parfaitement illusoire, si ce chaque Chambre avait sa voix séparée. Le Tiers c demande donc que les votes y soient pris par têtes
et et non par ordre Mais ce qu'il y a de véritable-
c ment malheureux, c'est que les articles qui forment d la réclamation du Tiers sont insuffisants, pour lui <c donner cette égalité d'influence dont il ne peut <c point se passer. » Siéyès montrait le pouvoir exercé par les privilégiés venant dominer dans le sanctuaire même du Tiers. Les privilégiés ont « les postes, les c emplois, les bénéfices à donner..., les non privilea giés qui paraîtraient les plus propres par leurs <c talents à soutenir les intérêts de leur ordre ne sont- « ils pas élevés dans un respect superstitieux ou € forc^ envers la noblesse. ... La classe la plus habile