QU'EST-CE QUE LE TIERS-ÉTAT
« du Tiers-Etat a été forcée, pour obtenir son nécesc saire, de se dévouer à la volonté des hommes c puissants.... Outre Tempire de raristoeratie, qui, c en France, dispose de tout, et de cette superstition t féodale qui avilit encore la plupart des esprits, il y a a rinfluence de la propriété.... Dans les campa-
< gnes et partout^ quel est le seigneur un peu popuc laire qui n'ait à ses ordres, s'il le veut bien, une c foule indéfinie d*hommesdu peuple? Calculez les c suites et les contre-coups de cette première inc fluence, et rassurez-vous, si vous le pouvez.. .. c Plus on considère ce sujet, plus on aperçoit Tina suffisance des trois demandes du Tiers. Mais enfin, c telles qu'elles sont, on les a attaquées avec force. « Examinons les prétextes de cette hostilité. » Puis, passant en revue dans trois chapitres les objections opposées aux revendications du Tiers, objections dont il faisait ressortir la futilité, il parlait avec dédain des Notables qui a pouvant dicter à une grande na- « tion ce qui est juste, beau et bon, ont mieux aimé « prostituer cette superbe occasion à un misérable « intérêt de corps... Une société politique ne peut « être que l'ensemble des associés. Une nation ne « peut pas décider qu'elle ne sera pas la nation ou <c qu'elle ne le sera que d'une manière... Une nation « n'a jamais pu statuer que les droits inhérents à 9. la volonté commune, c'est-à-dire, à la pluralité, « passeraient à la minorité. La volonté commune ne % peut pas se détruire elle-même..., changer la a nature des choses et faire que Tavisde la minorité
< soit l'avis de la pluralité... Un pareil statut, au lieu « d'être un acte légal serait un acte de démence.
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c Si donc on prétend... que deux à trois cent mille
a individus fassent, sur un nombre de vingt-six mil-
a lions de citoyens, les deux tiers de la volonté
a commune, que répondre, si ce n*est qu'on sou-
a tient que deux et deux font cinq? » Et Tcminent écrivain résumait sa penséedans un dernier chapitre: (L Le temps n'est plus, où les trois ordres, ne son*
a géant qu*à se défendre du despotisme ministériel,
a ('taientprêtsà se réunir contre Tennemi commun...
(c La fierté des deux premiers ordres s*est irritée
(c en voyant les grandes municipalités du royaume
(K réclamer la moindre partie des droits politiques qui
c appartiennent au peuple. Que voulaient-ils donc
a ces privilégiéssi ardents à défendre leur superflu, si
« prompts à empêcher le Tiers-Etat d'obtenir.... le
< plus strict nécessaire? Entendaient-ils quelarégéce nération ne serait que peureux? et voulaient-ils a ne se servir du peuple, toujours malheureux, que c comme d'un instrument aveugle pour étendre et « consacrer leur aristocratie? Que diront les gênétf rations futures, en apprenant l'espèce de fureur a avec laquelle le second ordre de l*Ëtat et le pre- <i mier ordre du clergé ont poursuivi toutes les dece mandes des villes ?..•• Rien ne sera oublié dans les « fidèles récits que les écrivains patriotes préparent ce à la postérité. On fera connaître la nobleconduitedes ce magnats de France dans une circonstance si pro-
< pre, pourtant, àinspirer quelques sentiments de pacc triotisme aux hommes même les plus absorbés dans (C leur égoïsme. Comment des princes de la maison <c régnante ont-ils pu se déterminer à prendre parti ce dans une querelleentre les ordres de TÉtat ? Gom-
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ment ont-ils laissé de méprisables rédacteurs vomir les calomnies atroces autant queridicules,qui remplissent l'incroyable mémoire publié sous leur nom? « On se plaint de la violence de quelques écrivains du Tiers-État... Les véritables démarches du Tiers-État, celles qui sont authentiques, se bornent aux pétitions des municipalités..., qu'on les compare à la démarche également authentique des princes contre le peuple» qui se gardait bien de les attaquer. Quelle modestie, quelle mesure dans les premières! Quelle violence, quelle profonde iniquité dans la seconde !
n Inutilement, le Tiers-État attendait-il du concours de toutes les classes, la restitution de ses droits politiques et la plénitude de ses droits civils? la peur de voir reformer les abus inspire aux deux premiers ordres plus d'alarmes qu'ils ne sentent de désirs pour la liberté... Leur âme s'est identifiée avec les faveurs de la servitude... Tout est bien pour eux, ils ne se plaignent plus que de l'espritd'innovation'; ils ne manquent plus de rien, la crainte leur a donné une Constitution. Le Tiers- État... ne peut rien espérer que de ses lumières et de son courage... Il n*est plus temps de travailler à la conciliation des partis, quel accord peut-on espérer entre l'énergie de l'opprimé et la rage des oppresseurs? Us ont osé prononcer le mot scission. Ils ont menacé le peuple. Eh, grand Dieu! qu'il serait heureux qu'elle fût faite à jamais... Il faut avancer ou reculer, il faut abolir ou reconnaître et légaliser des privilèges iniques et insociaux... Autrefois, le Tiers était serf, l'ordre noble
ce était tout. Aujourd'hui le Tiers est tout, la noblesse <c est un mot; mais sous ce mot s*est glissée une € nouvelle et intolérable aristocratie. . . Dans une pa- <K reille position* que reste-t-il à faire au Tiers?... le <c prie qu'on fasseattention àladifTérenceénorme qu'il <c y a entre l'assemblée du Tiers-État et celle des deux « autres ordres. La première représente vingt-cinq « millionsd*hommes...Lesdeuxautres, dussent-elles <c se réunir, n'ont de pouvoirs qued'environ deux cent <c mille individus... Le Tiers seuKdira-t-on,ne peut <c pas former les États généraux. Eh ! tant mieux, il tf composera une assemblée nationale... Les députés <c du clergé et la noblesse n'ont rien de commun a avec la représentation nationale... Il n'est, dit une <K maxime de àro'\t\}n\\ene\, pas de plus grand dé fatU « que le défaut de pouvoir... La noblesse n'est pas d députée par le Clergé et le Tiers. Le Clergé n'est a point chargé de la procuration des nobles et des a communes... Chaque ordre est une nation dis- < tincte qui n'est pas plus compétente à s'immiscer ce dans les affaires des autres ordres que les États gé- (c néraux de Hollande ou le Conseil de Venise, par <c exemple, ne sont habiles à voter dans les délibéce rations du Parlement d'Angleterre..., il est... par- <x faitement inutile de chercher le rapport ou la proce portion suivant laquelle chaque ordre doit concooce rir à former la volonté générale. Cette volonté ne ce peut pasêtre une, tantque vous laisserez trois ordres ce et trois représentations. . . Que voulez-vous ? votre a maison ne se soutient que par artifice, à l'aide (c d'une forêt d'étais informes..., il faut la recons* c truire, ou bien vous résoudre à vivre au jour le