‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 13 sur 245 · MIRABEAU ET LE COUTEULX DE LA NORAYE · texte numérisé non relu

MIRABEAU ET LE COUTEULX DE LA NORAYE

Dans cette discussion des valeurs de bourse, Mira- .*!?*?"

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beau s'était occupe des actions des Eaux de Paris, «nr ie« «1101»

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dont il signalait la hausse exagérée. Beaumarchais desEaox qui ne pouvait partager son avis, puisqu'il était| Fn^areooira Tun des administrateurs de la Ck)mpagnie, contesta d^SlSZra^ ses calculs en insinuant malicieusement : a Si Ton osait se permettre avec le comte de Mirabeau d'adapter une épigramme badine à une question aussi sérieuse, ne pourrait-on pas appliquer à lui et i ses amis ces vers de Lafontaine :

Mailre Renard, peut-être on vous croirait, Maig, ptr milbeor, vous n*avez point de queue.

Ici la queue dont il s'agit, c'est quelques cents actions des Eaux. x>

L'image de Galonné qu'il entrevoyait, protégeant Tagiotage à la cour aussi bien qu'à la ville, exalta Mirabeau jusqu'à la fureur. Il adressa dans sa pensée sa réponse au ministre plutôt qu'à son spirituel contradicteur, et finit la discussion par ces mots qui caractérisent sa valeur comme pubîiciste : et Je ne me connais d'autre mérite qu'un zèle ardent à servir la raison et la justice; je ne trouvai jamais de talent que dans une forte persuasion, de noblesse que dans la bonne foi, de vertu que dans le courage utile. »

A la suite de celte polémique qui passionnait Paris autant que Versailles, M*rabeau quitta la France dans les derniers jours de Tannée 1785, et se dirigea vers Berlin d'où il envoya une lettre à ses amis avec recommandation pressante de la remettre à Galonné. Dans cette missive se révèlent la fierté d'une âme ardente.

5St LIVRE PREMIER.

les tourments de l'orgueil blessé et les facultés prévoyantes de rhomme d'État qui voit au loin la tem* pete prête à se déchaîner sur son pays et entend déjà le bruit de la foudre qui va le frapper \ ipto» « Il est donc arrivé, Monsieur, ce moment oue je

[Jalonne; vousai prcdit... ouma réputation, mes principes, mon liDistre honneur, et par dessus tout, le bien de mon pays, pré^ ' me commandent de vous citer au tribunal du public ï^re°4785. ^t ^^ '^ prendre pour juge entre nous » . Mirabeau exposait les circonstances diverses de ses relations avec le contrôleur général en lui reprochant les termes dont on s'était servi pour flétrir ses ouvrages : a Hélas ! Monsieur, s'écriait-il, en rappelant le dédain du ministre pour un arrêt du Conseil, leur multitude contradictoire, leur confusion inextricable, la certitude que souvent ils sont obtenus par l'intrigue les afTaiblissent dans Topinion publique. Mais ce malheur est grande car les arrêts du Conseil sont autant de lois d'administration, et les maux qu'ils peuvent

* Recueil général des anciennes lois françaises, tome XXVHI, p. 19. — Dénonciation de V agiotage au roi et à l'assemblée des notables, pur le comte de Mirabeau, in-8, 1787, p. 26, 87 et suiv. — Mémoires de Mirabeau^ écrits par lui-môme, son père, son oncle, son fils adoptif, in-8, 1834, tome IV, p. 143, 156, 176, 180, 183, 107, 202, 203, 206, 207, 208, 210, 212 et suiv., 219 et suiv., 224 et suiv., 279, 285. — De la Caisse d'escompte, par le comte de Mirabeau, in-8, 1785, p. 70 et suiv., 82 et suiv., 89, 107, 170 et suiv., 173 et suiv. — De la Banque d'Espagne dite de Saint-Charles, par le comte de Mirabeau, in-8, 1785, p. 25, 58, 73, 75, 114 et suiv. — Lettre du comte de Mirabeau à M, Le Couteulx de la Noraye, in-8, Bruxelles, 1785, p. 13 et suiv. — Mémoires secrets pour servira l'histoire de la république des lettres , tomes XXV, p. 229, 234, 286; XXVI, p. 24, 27; XXIX, p. 45, 63, 83, 105, 110, 118, 125,129, 131, 143, 148, 149, 155, 196, 249; XXX, p. 122; XXXI, p. 115. - Œuvres annpUtes de Beaumarchais, in-8, 1809, tome VU, p. 3. —Archives nationales. E, 2615 Ariêts du Conseil des 17 juillet et 24 août 1785, supprimant les écrits de Mirabeau.

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