MIRABEAU ROMPT TOUTE RELATION AVEC GALONNE
faire menacent tous les instants de notre existence, puisqu'il n'appartient qu'à peu de citoyens de s*y soustraire. . . On croit trop aisément que vous savez ce que vous comprenez, que vous comprenez ce que vous écoutez d'un œil spirituel et fm, que Ton vous décidera facilement à ce qui vous est démontré. Ce sont autant d'erreurs. Uniquement occupé de prendre une attitude de corps et d*esprit favorable à votre amour-propre... d'échapper à la difficulté du moment, de trouver les moyens d'être ministre demain» sans savoir comment vous le serez dans huit jours, vous voulez des expédients et non pas des conseils, des prôneurs et non pas des amis, des louanges et non pas des vérités. » Mirabeau passait ensuite en revue une foule de questions financières qu'il avait traitées avec le ministre» et concluait en ces termes: a Hélas! nous avons dans votre administration de trop sûrs indices de ce qu'il faut attendre de vous... un retour aux emprunts viagers... une accumulation de services pour dévorer d'avance des revenus encore à naître ? une augmentation du nombre déjà si grand de fermiers, de régisseurs..., ^ui pour de chclives avances des mêmes fonds qu'ils ont déjà prêté sous d'autres formes, acquerront le droit de dévorer les derniers restes de la substance du peuple... Quand les derniers et tristes regains de votre moisson ministérielle seront consumés^ quandia méfiance générale se refusera au renouvellement des billets de finance.;. Evoquerez-vous Tombre de l'exécrable Terrai. . . Qu'on ne croie pas que je m'abaisse à me justifier d'avoir élevé la voix pour défendre la morale et la
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lose publique au milieu de la consternation du commerce et du concert d'éloges des lâches adulateurs de tout abus d'autorité. Quoi, il serait donné à un homme de ravager la France par son ignorance, son inapplication, sa frivolité..., et un autre homme sans intérêt, sans intrigue, qui n'a de puissance que celle de la raison..., ne pourrait pas sans crime essayer de sauver la chose publique... Le crédit public ne peut qu'être anéanti si les finances restent entre les mains d'un administrateur incapable... c'est vous qui tenez la grande chaîne des opérations du commerce, des engagements publicsetdetoutesles propriétés. Voilà, Monsieur... l'idée terrible qui m'a pénétré d'effroi pour la chose publique..., et décidé à prendre la plume. L'exemple que je donne est grand... La vertu suppose la force, la gloire le danger. . . Eh ! que deviendrait la famille universelle, la grande société humaine... sous les coups redoublés des préjugés, de l'ignorance, et du despotisme (ces mots sont synonymes), si la nature ne produisait pas quelquefois des hommes capables de se précipiter dans les entreprises qui demandent de l'énergie et qui exposent à des dangers. Au nombre de ces entreprises, il faut compter celles de réclamer infatigablement pour la chose publique dans un pays sans constitution et sans liberté, d'y travailler, d'y concourir à l'instruction ; peu de sujets sont plus hasardeux, mais il n'en est point de plus dignes d'intérêt et d'estime... c'est de l'instruction seule qu'il faut attendre la restauration du royaume... Un administrateur même habile n'a d'influence que pendant son action... Si rhonune passe avec ses projets, ses vues, ses