‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 131 sur 245 · AFFAIRE RÉVEILLON · texte numérisé non relu

AFFAIRE RÉVEILLON

eoartiMDS. — Rapport de Necker tor les finances, 24 leptembrc 1789. Conclusion de Mirabeau. — Les femmes de Paris marchent sur Versailles, 5 octobre. — Envahissement du château par la foule, 6 octobre. Le roi se rend à Paris et s'engage à y résider. — Jugement de Barère sur le séjour de l'Assemblée à Paris, et de Mirabeau sur celui du roi dans cette ville. — Caractère de Louis XVI décrit par le comte de Péronne.

Le comte de Montlosier, lors de son voyage a Pans Arrivét

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au mois d avril, fut surpris de voir les campagnes Airmire r< partager les passions qui agitaient la capitale, ce Chaque fois qu'il m'arrivait, écrit-il, durant le séjour qu'il fit à Fontainebleau, de rencontrer dans mes courses des troupeaux de cerfs ou de daims, mes guides s'écriaient en faisant allusion aux ravages causés par ces animaux dans leurs champs : Voilà la noblesse y>. k peine eut-il franchi les barrières de Paris qu*il put, comme il le dit, étudier les volcans de la politique au sein d'un peuple inquiet, tourmenté d'un vague désir de changement, qui, pour employer le langage du marquis de Ferrières, paraissait au sortir d'un long enchantement avoir recouvré la faculté de penser et de parler. Les cafés regorgeaient de gens brûlant du désir d'apprendre des nouvelles et de se communiquer leurs réflexions. Dans cette foule où se discutaient tous les systèmes de gouvernement, où se faisaient jour toutes les défiances, toutes les espérances, où de nombreux orateurs étaient tour à tour applaudis ou siffles, s'accumulaient les matériaux d'un incendie dont la flamme jaillit le 27 avril. Â la suite d'équipages qu'attirait vers Gharenton le spectacle d'une course de chevaux, s'était porté un fk>t de peuple qui, se divisant en bandes, parcourait les abords de l'Hôtel de Ville, s'entretenait de ses

misères, de la cherté des vivres, des élections qui venaient d'avoir lieu, arrêtant les voitures pour exiger des gratifications au profit du Tiers -Érnt. Désertant rArchevêché où ils s'étaient réunis, les électeurs de la noblesse avaient fui la malveillance de leur entourage, quand la mauvaise humeur de la multitude s'attacha au possesseur d'une fabrique de papiers peints située dans le faubourg Saint-Antoine, L en l'accusant de vouloir abaisser à quinze sous le ^ salaire de Touvrier. La jalousie inspirée par la for- § tune qu'il s'était acquise, l'orgueilleuse attitude qu'on lui reprochait de prendre à l'égard de ses anciens compagnons de travail, déchaînèrent en un instant l'esprit de vengeance qui poussa la foule à ériger un simulacre de tribunal par lequel le manufacturier Réveillon fut condamné à être pendu, sentence immédiatement exécutée sur un mannequin en place de Grève. Le lendemain, 28 avril, les passions de la veille, loin de s'amortir, prirent plus d'intensité au sein d'une agglomération populaire plus nombreuse que celle du jour précédent, et les émeutiers se jetèrent sur la fabrique dont ils brisèrent les portes et se mirent à démolir les murs, forçant son malheureux propriétaire de chercher un refuge à la Bastille pour échapper à leur fureur. Les troupes envoyées trop tardivement pour rétablir l'ordre durent engager un combat meurtrier qui ensanglantait les rues de la capitale au moment où y arrivaient les députés des provinces et où le grand maître des cérémonies étudiait les costumes que devaient porter les représentants des différents ordres destinés à figurer aux Etats généraux.

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