LES RÉPONDANTS DE MIRABEAU
'aurait soutenu une opinion qui eut détruit la li- €rté et déshonoré son esprit. t>
Le baron Malouet, dont la loyauté et l'élévation de aractère ne sont contestés par aucun parti, avoue les ►réventions qu'il nourrissait contre son illustre col- ^e lors de son arrivée à la Constituante et, se rapifochant de lui après l'avoir attaqué à la tribune, înit par reconnaître qu'il <t n'était pas homme à se endre lâchement au despotisme. Passionné pour la iberté, il ne pouvait soutenir une autre cause, il vouait tout à la fois arriver à la fortune et à la gloire. » je sage Bailly résume son jugement en ces termes : : Sa qualité principale était l'audace ; elle fortifiait son alentf elle en dirigeait l'usage et en développait la orce. Mais, quel que fût son caractère moral, quand I était porté par les circonstances, il s'agrandissait, I s'épurait avec elles, et alors son génie s'élevait à a hauteur du courage et de la vertu. ))
Nous pouvons, avec l'autorité de pareils repentants, aborder le récit des actes de la grande Assemblée qui va s'ouvrir sous la conduite de ce noble ^ide, certains de ne pas être démentis par un exemple [uelconque tendant à prouver que Mirabeau ait failli me seule fois à ses convictions et fait passer son ntérét ou sa passion avant le dévouement profond [u'il portait à son pays. Aussi Mirabeau a pu, sans traindre un contradicteur sérieux, lors des débats )rovoqués par un projet de déclaration des Droits de Tiomme dont il demandait l'ajournement, affronter lansla séance du 18 août 1789 les calomniateurs de k)n patriotisme en leur jetant ^ la lace ces fières paroles :
59^ M^RE TfU)IS|(|iE.
ce J'aj pp me tromper, san$ qu*U puisse âtre permis de jeter sur mes intentions un doute qu'aucun mml^re de cette Assemblée, qu'aucun citoy^ au courant des affaires publiques n'a pu concevoir surmcù. Saas doute , dj^ns le cours d'une jeunesse très orageuse, par la faute des autres et surtout par la mieoiie, j'ai eu de grands torts, et peu d'hommes ont, dans leur vie privée, donné plus que moi prétexte à la caloianie, pâture à la médisance; mais j'ose vous en attester tous ; nul écrivain, nul homme public n'a plus que moi le droit de s'honorer de sentiments courageux, de vues désintéressées, d'une fière indépendance, d'une uniformité de principes inflexibles. Ma prétendue supériorité dans l'^t de vous guider vers des buts contraires est donc une injure vide de sens, un trait lancé de bas en haut, que trente volumes repoussent assez pour que je dédaigne de m'en occuper *. »
* Mémoires du comte de MorUlosier sur la Révolution française, ïïï^, Paris, 1830, t. I, pages 175, 177. — Mémorial de Gouverneur Morris, homme d*État américain, traduits par Augustin Gandais, in^S, Paris, 1841 1. 1, pag. 230, 240, 310 et suiv., t. II, pag. 4, 12, 234, — Mémoire i» Bailly, collection de Berville et Barrière, t. l, pag. 28 et saiv., pig. 303 etsuiv. — Mémoires du baron Malouet, in-8, Paris, 1868,1. 1,pag.l49| 295, 298 et suiv., t. II, pag. Il , 16. 19. — Journal des ÉiaU générait par Mirabeau, premier numéro qui n*a pas eu de suite, Versailles, 2 mai 17S9. — Voyages en France pendant les années 1787-88-89-90, par Artlnv Young, traduit de l'anglais, in-8, Paris, 1793, t. 11, pag. 6S et loiv.— VAmi du peuple ou le Puhliciste parisien, par Marat, numéros 419. 420, 422 et suiv., 4, 5 et 6 avril 1791. --Mémoires du marquis à Ferrières, t. I, pag. 1 et suiv., 18 et suiv., 91 et suit., 41pi ei sMif.» 427 et suiv. ~ Correspondance entre le comte de Mirabeau et le comte de Lamarck pendant les années 1789-90 et 91, in-8, Paris, 1851, t. 1, p. 73 et suiv., 91, lO'i et. suiv. — Comidérations sur. les pfi^ cipaux événements de la Révolution française^ par Bailleal, aociet député, in-8, Paris, 1818, t. 1, pag. 242,246, 256,' 270. — F^motrei secrets pour servir à l'histoire des lettres, t. VI, pag. 164., t. XXVi,