PROCESSION DES ÉTATS GÉNÉRAUX
Les députée de la France furent présentés à pr*Mn«»<
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Louis XVI le % mai, le cierge à onze heures du dw dépotés matin, la noblesse à une heure, dans le cabinet du mu i7i roi, et le Tiers-État à quatre heures, dans la salle de Louis XIV, différence trahissant l'intention de ne pas Q^BfoQdre les ordres, qui provoqua quelques rumeurs parmi les députés, a II ne s'est rien passé de remarquable, nous apprend le journal de Mirabeau; on a seulement été frappé du peu de solennité d'une présentation qui devait être si imposante... ; nous ne parlerons pas de la distinction des costumes, généralement désapprouvée... Une singularité qui n'a pas été moins défavorablement observée, c'est la différence dans la présentation des trois ordres, qui consiste dài)s l'appartement où ils ont été reçus ; les communes en ont été très affectées... On a proposé avec quelque véhémence de porter à T instant même une réclamation au pied du trône... L'avis qui a prévalu a été celui-ci : le premier sentiment que la vue des communes portera dans l'âme du roi ne doit pas être pénible... Le roi reçoit chez lui qui il veut, et où il veut. Le code de Téliquetle a été jusqu'ici le feu sacré des gens de cour et des ordres privilégiés, la nation ne doit pas y mettre la même impor-
pag. 59. — Mémoires posthumes de Marmontel; in- 12, 1804, t. IV, ptg. 155 el saif. — Mémoires de Mirabeau, i, Ur, pag. Ilb, 228 et 304., t. IV, pag. 54 et suivantes, 146, 168, 419 et suiv , t. VUI, p9g. 53. — Souvenirs et portraits, par M. de Lévis, in-8. Paris, lSi3, pag. 210. — Mémoires du général Lafayetle, in-8-, 1837, t. IF, ptg. 367 et foiv. — Esprit de Mirabeau. Un manuel de Vhomme €État, in-8. Paiis, 1797, t, 1, pag. 254 el suiv. — Mémoires de Èetenval, t, \\, pag. 40. — Lettres originales de Mirabeau écrites du donjon de Vincennes^ de 1777 à 1780, recueillies par Manuel, io-12, Paria, 1792, t. III, pag. 52.
tance... ». Puis Mirabeau ajoute : c C'est lorsque la nation demandera que les distinctions humiliantes soient toutes abolies, que les t(5moîgnages de respect décernés au monarque... soient uniformes et universels, parce que les variétés de ce genre ne sont plus un tribut d'honneur, mais un symbdlfc d'esclavage; c'est alors qu'on pourra citer cet exemple des rites servilcs. Aujourd'hui nous ne sommes que des individus auxquels le législateur provisoire n'a pas encore ouvert les lèvres. »
^®° Le 4 mai, une solennité religieuse devant consa-
Stî^"' ^^^^ l'ouverture des États généraux, les députés deN^iT' ^îï^^^"* de bonne heure prendre place dans l'église rerture Notrc-Damc, d'où partit une longue procession, {èDértuz. qui se dirigea de cette paroisse du ô^ateau vers l'église Saint-Louis, en parcourant des rues où les fenêtres étaient tendues de tapisseries, et les balcons ornés d'étoffes précieuses, au milieu d'une foule respectueuse et recueillie. A la suite du corps religieux de la communauté des Récollets, s'avançait le clergé des deux paroisses de Versailles, précédant les députés du Tiers qui marchaient sur deux lignes parallèles, parmi lesquels se faisaient remarquer des laboureurs bas-bretons du diocèse de Vannes, avec leurs vestes et culottes de bure, ainsi que le comte de Mirabeau, qui captivait l'attention par ses membres athléticiues, la grosseur de sa personne, son immense chevelure, dont, d'après le témoignage de M""* de Staël, il semblait tirer sa force comme Samson, et les traits accentués de son visage, labouré par la petite vérole, qu'éclairaient des yeux vifs et perçants. La noblesse suivait le Tiers^État, puis venait
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5 clergé, séparé des évéques par la musique du roi et î dais qui précédait Louis XVI et Marie-Antoinette.
L'aimable attendrissement peint sur tous les viages, la joie brillant dans tous les yeux, les battelents de mains, les expressions du plus tendre itérét, les regards qui nous devançaient, qui nous iiivaient encore après nous avoir perdus de vue, ibleau ravissant, enchanteur, que je m'efforcerais ainement de rendre, » rapporte le marquis de Ferière, dans sa relation écrite sous l'impression de ce )ur solennel.
Ces réflexions d*un témoin oculaire, qui reflètent i bien les sentiments dont la foule était animée, ont esoin d*être contrôlées par les remarques d'un obsrvateur étranger, de l'Américain Morris, qui trouva lagniflque le spectacle se déroulant sous ses yeux, lais ne put s'empêcher de constater Vjàiv peu satisfait e Louis XVI, malgré les cris de Vive le roi! plusieurs )i8 poussés par les assistants, et fut frappé du ^oid accueil reçu par la reine, (]ui paraissait indignée
qu'on lui fît jouer un rôle dans cette scène, et 30iblait dire : Ëh bien ! oui, je me soumets, mais aurai mon tour », observation dont il put vérifier I justesse lors de sa visite au Palais-Royal, où il omprit la mauvaise humeur manifestée par le roi ontre le duc d'Orléans, pour s'être placé parmi les ^présentants de la nation au lieu de se réunir aux rinces du sang, et l'attitude de la population en pré- 3nce de la reine, dont l'opposition était connue.
Le discours de l'évêque de Nancy, Mgr de la Fare, renoncé après l'évangile de la messe, « tissu^ au ire de Mirabeau, de pièces de rapport, sfûs plan.
s!» LIVRE i ROtsMMGf.
sans idées et sans style y>, n'émut TAssemblée qu'au moment où ce i)rélat; parlant du régime fiscal, de la misère des campagnes, de la situatiôii dû cultivateur, enleva lés applaudissements du Tiers*Éàt, affirmation spontanée de sentiments ihtimes dont la manifestation en un pareil lieu et en présence du Saint-Sacrement expose sur rautèl, révélait les pensées qui devaient assiéger les mandataires du peuple a la solennelle réunioii dfù lendéthaih. Coiivoqués dans la salle de^Êtals, lé 5 ihài, les detiùlé^'y aVi^'vèreiit dès neuf heures du matin, prenant place,' bailliâ^ci par bailliage, sur Tappel des héraîuts d'armes.
Le trône se trouvait sur une estrade, d'où le roîj li reine, les princes, le garde des sceaux, lé ^iil chainbellan, dominaient la noblesse et le cierge qiri se rangèrent à la dt^oite et à là gaucbe de \i i^tlè, ayant en face d'eux lés représentants du Tiers. A rapfparition dé Necker, de vifs a^laudli^sémënfe se firent entendre, applâudl'^^éinente qtil se rëïïouvelèretit lorsqu'un député de Rennes fit son entrée, rÎB- Vêtu de son habit de fertnier, affïcTiàht àinâl &on refus de porter le costtfàie pre^fcrit aux représëÀtkfîtS do tiëh. Des sifflets tiniîdes accùeîlliréVit Mfrabejiu. affirme Morris, qui tiôus peint là venue 'du rbî provoquant a des acclamations si vives et deà p(rè'Àiiâ d'affection telles qu'elles lui arirachèreril malgré liu dés larmes. La rein'e pleura ou sehibla ^Tè'upér, continue-t-il, mais pas une voix ne s'élévâ pour elle. Si j'avais été Français, j'aurais certaiiiement ^eve là mienne, mais je sollfïcitai eh vain ceux ^ùi étalent près dé nioî dé le faire. »
(c Ce }dûr qUé thoù cœiir ai!^endâit dët/ûisloîi^-