OUVERTURE DES ÉTATS GÉNÉRAUX
emps e&t enfin arrivé, dit Lonfe XVr en ouvrant la séance ; tin long intervalle s'était écoulé depuis les iernîères tenues des États généraux, et quoique la (invocation de ces Assemblées parût être tombée en Mduétude, je n'ai pas balancé à rétablir un usajge iont le royaume peut tirer uifie nouvelle force... Mon ^rde des sceaux va vous expliquer plus arhplement mes intentions. » Barentin prit alors la parole ftt^, établissant un {Parallèle entre les rois oppresseurs e|iii veulent régner sans entraVes et <c sacrrfièr les iouceurs du gouvernement paternel aijx faui^^ës jotaiissances d'une dominationillimitéë », et lès sou- Wtains bons comme Louis XII, cléments cohfime Henri IV et bienfaisants comme Lduis XVI', il fit le panégyrique des œuvres accomplies pfehdatlt' ce dernier règne, exposant le vœu de la natibh qui ne î'était pas encore manifesté, lorsque le roi le prévint Ifltts sa sagesse.
«^ Les itfunicipalités', leiï buillia^ges^ lek bbnïifhés' iMBtruits darifi^ tous lefs états, ofli^été invités à coiic'oùrir par leurs lumières au grîiHd dtivrage de la refe-' Mnratibn projetée: . . Un cri presque généiril s*est an dWèttdre pour soîHcitéP une doublé repl^ësefatââOn en ' faveur dti plus noftibreux' de* trdlfe drires... En déférant à cette demande, Sa Maje^ë'n^a point diàngé la forme des antiennes déllbérartld^s, Bt quoique celle par têtes... partisse aVWr Tavàtttftgte' de foire mieux coTrnaîtt*e le déSir génériil; le «la voulu que cette notivelîe fortrtè ne puisse s*opSftper qàt du conientémeht libre des Étais ^néhvky Bt ôvteô ^approbation de Sa MaJeSté.,; P^îsqftfé? VitA'-^ [Mt ëtt lifte dette (:$6ttMMd[^éf'^
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juste que la noblesse et le clergé en partagent le fardeau... Sa Majesté examinera avec rattention la plus sérieuse tout ce qui pourra concerner la tnnquillité intérieure du royaume... Jamais la bonté da roi ne s'est démentie dans ces moments d'exaltation où une eiïervescence qu'il pouvait réprimer a produit des prétentions ou des réclamations exagérées... Il a pardonné jusqu'à l'expression de ces maximes fausses et outrées à la faveur desquelles on voudrait substituer des chimères pernicieuses aux principes inaltérables de la monarchie. . . Si les intérêts de la nation se confondent essentiellement avec ceux du monarque 9 n'en serait-il pas de même des intérêts de chaque classe de citoyens en particulier ? et pom^ quoi voudrait-on établir entre les différents membres d'une société politique, au lieu d'un rang qui les distingue, des barrières qui les séparent?.. . d
Ce discours, dont nous avons cité les passages qui caractérisent l'opposition acharnée des gens de cour contre les volontés du Tiers-État, fmit par cette phrase à double entente :
c L'intention du roi est que vous vous assemblies dès demain, à l'effet de procéder à la vérification de vos pouvoirs et de la terminer le plus promptement possible. »
ABarentin,|dont la faible voix avait laissé l' Assena blée inattentive , succéda le directeur des finances*
Après quelques mots pour exprimer a l'espoir d'obtenir un peu d'indulgence et de mériter au moins l'intérêt que l'on ne saurait refuser à des intentions sans reproche d, Necker entra en matière par cette apostrophe ; ^ Quel jpur.fjue celui-ci! QueUe époque
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lis mémorable pour la France ! Les voilà donc, lin si long terme, les voilà rappelés autour du
ces députés d'une nation célèbre à tant de ... Découvertes majestueuses dans les sciences, it éclat dans les lettres, ingénieuse^ inventions )S arts, hardies entreprises dans le commerce, tout fait, elle a tout obtenu, et souvent sans autours que ses propres efrorts...,que lui fallaitc encore pour son bonheur et pour sa gloire? r dans le plus beau de tous les desseins..., ter* ...la plus grande et la plus importante de
les entreprises... Ce n'est pas au moment préce n'est pas à une régénération passagère que levez borner vos pensées. . . , il faut qu'un ordre mt, durable et à jamais utile, devienne le résulvos recherches et de vos travaux... C'est vous, îurs, qui, en avant ^ pour ainsi dire, desgéné- 8 futures, devez marquer la route de leur ur... Mais, arrêtons-nous ici, et ne nous abanins pas encore à ces douces et bienheureuses mces... Je dois, messieurs, selon les ordres du ommencer par vous rendre un compte fidèle de les finances. Une guerre dispendieuse, une suite constances malheureuses avaient introduit une e disproportion entre les revenus et les dé- B... La conHance publique est ébranlée, et ceint cette confiance est indispensable : elle honore ation et constitue sa force politique... » Necker rait que l'écart entre les revenus fixes du ime et les dépenses obligatoires pouvait être dé à une somme annuelle de 56 millions; il it en revue les économies proposées, consistant
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entre autres dans l'abandon d'un revenu de cinq cent mille livres par le comte de Piovence, et une réduction de quatre cent mille livres consentie par le comted'Artois sur les frais desa maison, puis, constatant que la balance se trouvait ainsi rétablie entre les recettes et les dépenses, ajoutait : c Quel pays, messieurs, que celui où sans impôts et avec de simples objets inaperçus on peut faire disparaître un déficit qui a fait tant de bruit en Europe ! » Après quelques explications sur les ressources de Tannée courante, appelées anticipations j remboursements ^ dettes arrié* réeSy Necker résumait les divers examens auxquels devraient procéder les États généraux, et terminait en ces termes : a Enfin, messieurs, et il est bon de vous le luire observer, afin que vous aimiez encore davantage votre auguste monarque, ce n'est pas à li nécessité absolue d'un secours d'argent que vous devez le précieux avantage d'être rassemblés par Si Majesté en États généraux. En effet, le plus grand nombre des moyens qui vous ont été présentés comme propres à combler le déficit a toujours été dans la main du souverain... Combien de ressources ne seraient pas restées à l'autorité, si le roi, unique'* ment inquiet de la situation de ses finances, eût voulu suivre la route que plusieurs de ses prédécesseurs lui avaient tracée et s'affranchir en tout ou partie des différentes charges dont la libération eut augmenté considérablement la richesse du trésor royal? Vous en jugerez de môme, messieurs, si vous faites attention que dans le compte des dépenses fixes il reste encore : l'' vingt-neuf millions en pensions; â^ huit à dix millions en traitements militaires et
DISCOURS DE NEGKI:R. 547
S, tous susceptibles de diminution, ne fût-ce n se laissant aller jusqu'à celte extrême rigidité 3UX qui ont des emplois préfèrent la réduction us rigoureuse à la perle de leur état; 3"" sept ons environ en remises accordées aux provinces X contribuables, remises nécessaires au soulagetdes peuples, mais qui sont toujours, aux termes lois, un don libre du souverain ; 4° Je ne parle le la faculté que le roi aurait eue d'assujettir à une me quelconque la totalité des rentes ou des ins dont l'État est grevé; mais je fais observer 3ment qu'on à imposé autrefois un dixième sur ces payements sans éprouver aucun obstacle,
exciter aucun trouble, et une pareille opération loulagé les finances du roi de près de vingt mil- > par an ; 5*^ Je ne fais pas entrer dans cet aperçu ommes destinées volontairement à des actes de faisance, puisqu'un roi qui renoncerait au pouvoir îcourir les malheureux perdrait le plus bel apa- I et la plus grande jouissance de la souveraineté. Enfin, si le crédit s'était rétabli, le roi aurait vé dans l'extinction annuelle de quinze cents 5 livres de rentes viagères le moyen d'emprunter I dépenser vingt ou trente millions tous les ans,
altérer les rapports entre les revenus et les nses ordinaires.
Ainsi, tandis que la France, tandis que l'Europe ire attribue la convocation des États généraux à cessité absolue, au besoin inévitable d'augmenter nposilions, l'on voit par ce résumé précis qu'un aloux uniquement de son autorité aurait trouvé
les retranchements soumis à sa puissance ou à
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sa volonté un moyen de suffire aux circonstances el de se passer (le nouveaux tributs... C'est donc, mes sieurs, aux vertus de Sa Majesté que vous ]devez sa longue persistance dans le dessein et la volonté de convoquer les États généraux du royaume. x> Continuant ce singulier travestissement des faits contemporains en présence de plus d'un auditeur qui y avait joué un rôle, Neeker dans son pédantesque et verbeux discours, indiquait diverses réformes découlant des résolutions à prendre par les États généraux, telles que Tabolition des distinctions pécuniaires entre les différents ordres de l'État et la répartition équitable des impôts entre les provinces, telles que la mise en valeur eiïective des domaines de la couronne , telles (|ue la législation à établir pour le commerce des grains. Il signalait les améliorations qui pouvaient être confiées aux décisions des adoiinistrations provinciales, «c Le Roi, poursuivait-il, en considérant par la pensée cet important édifice de bonheur et de puissance que vous pouvez Taider à élever, désire véritablement qu'il puisse être fondé sur les bases les plus assurées; cherchez-les, indiquez-les à votre souverain... Sa Majesté appréciera justement le caractère de vos délibérations; et s'il est tel qu'elle respère..., s'il est tel que la plus saine partie de la nation le souhaite et le demande, le Roi secondera vos vœux et vos travaux. . . , et l'esprit du meilleur des princes se mêlant pour ainsi dire à celui qui inspirera la plus fidèle des nations, on verra naître de cet accord le plus grand des biens et la plus solide des puissances. C'est à vous, messieurs, i préparer une si belle alliance..., vous écarterez tous
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les systèmes exagérés. . . , vous vous défierez de toutes les opinions trop nouvelles, vous ne croirez pas que l'avenir puisse être sans connexion avec le passé... Vous ne serez pas envieux des succès du temps, et vous lui laisserez quelque chose à faire... Que seraitce, messieurs, si dès vos premiers pas une désunion éclatante venait à se manifester? que deviendrait le bien public au milieu de ces divisions où les intérêts d'ordre, d'état et de personnes occuperaient toutes vos pensées?... Le Roi connaît toute l'étendue de la liberté qui doit vous être laissée ; mais sans accord, votre force s'évanouirait et les espérances de la nation seraient perdues. Sa Majesté a donc fixé son attention sur des préliminaires dont les conséquences peuvent être si grandes... Le Roi m'a ordonné de vous présenter un petit nombre de réflexions. J'aurais aimé peut-être à en être dispensé, car on ne s'approche jamais sans danger de ces questions délicates dont l'esprit de parti s'est déjà rendu maître... Ce sera vous qui chercherez d'abord à connaître l'importance ou le danger dont il peut être pour l'État que vos délibérations soient prises en commun ou par ordre... Tout annonce que si une partie de celte assemblée demandait que la première de vos déterminations fût un vœu pour délibérer par tête sur tous les objets qui seront soumis à votre examen, il résulterait de cette tentative une scission telle que la marche des États généraux serait arrêtée... Tout prendrait au contraire une forme différente..., si les trois ordres commençant à se séparer, les deux premiers examinaient d'abord l'importante question de leurs privilèges pécuniaires, et si, confirmant des
vœux déjà manifestés..., ils se déterminaient d'un commun accord au noble abandon de ces avantages... Supposons maintenant que cette délibération soit prise par la noblesse et par le clergé..., vous verrez facilement que pour maintenir un ordre établi, pour ralentir le goût des innovations, les délibérations confiées à deux ou trois ordres ont un grand avantage, et que dans les temps où la célérité des résolutions et l'unité d'action et d'intérêt deviennent nécessaires, la consultation en commun mérite la préférence. Vous examinerezces principes et bien d'autres avec une impartialité inconnue jusqu'à présent... »
Ce discours achevé, au moment où le Roi se lève pour quitter la salle, l'Assemblée le salue a de cris de Vive le /îo?/ longs et affectueux, » remarque Morris. La Reine se lève également..., elle entend pour la première fois le cri de Vive la Reine! Elle fait une profonde révérence qui excite des acclamations très vives; elle y répond par une révérence encore plus profonde. »
Frappé de Tétrangeté d'un pareil discours, qui serait mieux placé dans la bouche d'un teneur de livres que dans celle d'un homme d'État, Mirabeau s'indigne dans le second numéro de son journal intitulé Lettres du comte de Mirabeau h ses commettantSj qui devait être supprimé par arrêt du Conseil, de n'avoir « pas entendu parler du droit inaliénable et sacré de consentir l'impôt, de ce droit que, depuis un an, le Roi avait reconnu solennellement à son peuple... Il n'y a pas un principe dans les paroles du ministre, disait-il dans|sa critique hautaine, pas une assertion inattaquable, pas une ressource d*homme