MIRABEAU ROMPT TOUTE RELATION AVEC GALONNE
efforts avec lui, rinstruction reste; elle fermente, elle germe, elle mûrit et sa plus faible récolte prépare encore d'abondantes moissons... Elle est donc vraiment belle la place d'instructeur... je ne me cache pas de prétendre à cette belle prérogative et... d'avouer cette ambition qui plaît à mon âme sans étonner mon esprit. Tout ministre dont les intentions sont pures, m'encouragera... les autres verront en moi un ennemi implacable avec le(|uel ils auront bientôt fini la guerre si je tombe en leur pouvoir. Mais si j'échoue en cette occasion. . . que les bons citoyens ne se découragent pas, qu'ils croient que c'est faute de talent ou mauvais choix de circonstances. Qu'ils me consolent en m'imitant... mais je ne succomberai pas... Notre souverain sentira qu'on doit quelque attention à Thomme qui, dans une attaque si sérieuse, n'a employé... ni le langage, de l'ignorance ni le babil de la présomption... Ordonner le silence sur de tels intérêts par l'arbitraire ou la violence, ce ne serait pas gouverner, ce serait peser sur un terrain miné en attendant l'explosion qui doit disperser les débris de ceux qui dorment sur la mine. Loin à jamais d'un auguste prince... l'imbécile et détestable maxime qu'il faut interdire aux simples citoyens de scruter les œuvres des administrateurs... quelles conséquences n'en résulteraient pas?... quel crime ne deviendrait pas sacré! On sait que les ministres peuvent se tromper... Eux seuls sont responsables de leurs fautes ; et peut-être cette opinion est-elle plus importante dans les monarchies absolues que dans les gouvernements limités. Car où la liberté n'est pas, le courage manque^ mais la fureur
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éclate quelquefois, on n'écrit pas contre les ministres, on ne se plaint pas du gouvernement, mais on songe, on se prépare à le détruire ».
Arrettauon Lcs amis dc Mlrabeau conservèrent sans les remet-
du CArdiokl ,
de RobAin tre à leur adresse ces prédictions hautaines que complètent et justifient le dénigrement moqueur de la plupart des nouvellistes en présence des faits qui se passent à Versailles, et Tirritationdes Parlements qui ne refusent pas encore absolument leur concours, mais s'attaquent aux personnes royales en mettant en parallèle les dépenses de la cour et le dénuement des populations. Les misères causées par le rigoureux hiver de 1784 et par les inondations qui venaient de ravager plusieurs provinces, rémolion produite au sein de la capitale par un agiotage eCTrené, les passions dcchaînccs par Tcspoir du gain et par les douleurs de la ruine, tout avait concouru à propager en France dès l'année 1785, une défiance presque universelle et une sourde colère, quand dans cette atmosphère de malveillance, le bruit se répandit le 15 août que le cardinal de Rohan venait d'êlre arrêté à Versailles.
<r Lundi, nous apprennent les Mémoires secrets, sur les dix heures et demie, la reine est venue chez le roi où ont été appelés le garde des sceaux et M. le baron de Breteuil. Dans ce comité, l'on a résolu d'arrêter M. le cardinal de Rohan, pour causes que Ton ignore. On sait seulement que le roi a dit qu'il était juste de l'entendre avant de le condamner. En conséquence, Sa Majesté Ta fait venir : il est arrivé en rochet, et tout habillé pour ses fonctions. L'on ignore également ce qui s'est passé dans cet interrogatoire qui a duré en-