PROTESTATION DE LA NOBLESSE. BW
L'attitude résolue du Tiers-État déconcertait la )our et les ordres privilégiés. Une colère mêlée ^épouvante s'était emparée des chefs de la nation en résence du calme parfait des représentants des rovinces, qui contrastait avec la perpétuelle rumeur es foules encombrant les places et les rues de Paris t de Versailles. Le 14 juin, tandis que le Tiers-État ormaitses premiers comités chargés de mettre de Torre dans les délibérations et de traiter l'urgente et viaie question des subsistances, le clergé réuni dans sa aile continuait à entendre depuis six jours une suite ['orateurs, dont les uns demandaient la vérificaion des pouvoirs en commun, et les autres la conestaient, enfm, après un chaleureux discours de 'abbé d'Âbbecourt de Goulmiers, il passa au vote, i 139 suffrages contre 135 décidèrent, en réservant a question de la distinction des ordres, que les pièces elatives aux élections seraient soumises à une
énérauXf par Mirabeau, premier noméro qui n*a pas eu de suite. VerliUet, 2 mai 1789 ; Mémoires de Gouverneur Morriiy homme d^Êtat WÊéricairif t. I, page 241 et sui?. 244.; Esameneritique de V ouvrage potkumedeM'^'la baronne de Staêly ayant pour titre: Contidérationttur m principaux événemenis de la Révolution françaite, par J. Ch. Bailml, ancien député, in-8. Paris, 1818, t. 1, page 268 ; Mémoires littéaires et politiques de Mirabeau ^ in-8, Paris, 1835, t. VIII, page 527 et iiv; Mémoires du marquis de Ferriires, collection de Benrille et Barrière, t«S, Paris, 1821, t. I, page 18 et ïïavi.\ Introduction historique du fontleur, page 609 et suiv. ; Correspondance entre le comte de Mira' mu et le comte de La Marek, in-8, Paris , 1851 , 1. 1 , page 348 ; Lettres de liràbeauà ses commettants^ 1*% 2«, 3*, 4*, 6% T et 9* du 10 au 5 juin 789; Archives parlementaires de 1787 à 1860, imprimées par ordre du éMt et de la Chambre des députés, in-8, Paris, 1881, t. VIII, page cl suit., 28 et siiiv., 51, 55, 58, 61, 64, 70, 75 et sui?., 81, 84, 88, 7, 106, 129, 133; Mémoires de Malouet, publiés par son petit-fils, 1-8, 1868, t. 1, page 311 et suiv.; lettre autographe de Monge à L fin «le Beaune, 18 juin 1789.
Assemblée générale de tous les représentants du royaume. A peine cette résolution, prise à cinq heures du soir, eut-elle transpiré dans la foule en quête de nouvelles, pressée aux abords de la salle, qu'une joie bruyante se fit jour, des applaudisse^ ments frénétiques saluèrent, à leur sortie, Tarchevéque de Bordeaux, Champion de Cicé, et Tévêquede Chartres^ de Lubersac. Des curés furent embrassés, tandis que des cris de colère et des huées accueillirent Tabbé Maury cl les adversaires de cette importante résolution . Aceouranten toute hâte à Marly , où se trouvait le Roi depuis la mort du Dauphin, Tarchevéque de Paris de Juigné et le cardinal de La Rochefoucauld vinrent rendre compte de ce vote que les prélats n'avaient pu empêcher, en demandant à la royauté aide et assistance contre les entreprises du Tiers et conjurant le Roi, dont le clergé avait contribué i ébranler le pouvoir, de se porter au secours de la religion menacée.
»<c«w^ Le Parlement, d'après le témoignage du marquis ■ifMBM rojtie, de Ferrières, envoya, le même jour, une députation
secrète à l'effet d'offrir les moyens de se passer des États généraux. Necker écrit à ce sujet : « qu'après avoir épuisé les invitations, les conseils et les moyens de conciliation, il était temps de recourir à l'autorité royale... et que le monarque ne pouvait différer d'intervenir avec éclat dans une si grande querelle », puis nous apprend qu'il ouvrit l'avis d'une séance royale. Bailly, témoin de l'ivresse populaire à la sortie des membres du clergé, s'était endormi avec le contentement que lui causait la nouvelle d'une aussi importante adjonction