RECOURS A LA PUISSANCE ROYALE
)ur le Tiers-État, quand, le lendemain samedi, le levalier dePangesqui suivait assidûment les séances i l'Assemblée nationale, vint de grand matin Taver- * qu'il n'avait pu pénétrer comme d'habitude dans salle. Un émissaire envoyé sur les lieux lui rap* ^rta que des gardes-françaises en défendaient les M>rds et qu'une affiche annonçait une séance »yale pour le lundi 22. Peu de moments après, le arquis de Brézé le prévenait par une lettre que les avaux, exigés par cette réunion, nécessitaient la ispension des séances des différents ordres. « Je ai encore reçu aucun ordre du Roi, Monsieur, rémdit aussitôt Bailly, pour la séance royale, ni pour suspension des assemblées, et mon devoir estde me «dre à celle que j'ai indiquée pour ce matin à huit 9ares. j> Bailly se présenta effectivement à l'entrée rinci pale où il ne tarda pas à se trouver au milieu d'une ule de curieux, à laquelle étaient mêlés un grand >mbre|de députés. Il fit appeler l'officier de garde, comte de Yossan, et protesta contre l'empêchement lia à l'ouverture de la séance qu'il déclara tenante. ne seconde lettre de M.' de Brézé affirmant que la remière avait été envoyée par ordre du Roi et M. de ossan craignant de manquer à la consigne qu'il rait reçue, s'il laissait libeller la plainte du président s l'Assemblée nationale en sa présence, Bailly joignit les membres de l'Assemblée, groupés au shors, exposés à la pluie. « Il ne m'était pas possible, 3rit-il dans ses Mémoires, de prendre seul un parti ir les intentions manifestées par le Roi, parce que t ne pouvais pas engager l'assemblée, c'était à elle à êlibérer. »
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57S UVRB TROISIÈIIE. ^
lit Ses collègues ayant tous opiné pour main- )]
,, tenir l'ouverture de la s^nce qui avait été résolue, Bailly, sur la proposition d'un des élus de Paris» Guillotin , se dirigea en les précédant vers le jeu de Paume de Versailles, dont plusieurs députés coururent prendre possession, de peur qu'on n'en fermât l'entrée ou que le public nerenvahit, jusqu'à ce que les gardes de la Prévôté de l'Hôtel vinrent d'eux-mêmes se présenterpoureontinuerleservicequ'ilsfaisaientàlassile des séances. Reçus avec empressement par le maître de l'établissement^ les membres de l'Assemblée virent en un clin d'œil les galeries se remplir de curieux, et la foule se pressa au dehors de cette salle dont les murs étaient sombres et dénudés et où les députés absents vinrent un à un rejoindre leurs collègues. Bailly, refusant le seul fauteuil qu'on pouvait lui offrir, se tint debout, et les représentants de la France n'ayantà leur disposition que cinq ou six bancs, commencèrent i délibérer, après la lecture des deux lettres adressées à leur président par le Roi et la narration de tous les|incidents de la matinée. La conduite de Bailly fut universellement approuvée, chacun sentant le danger d'admettre que le Roi eût la faculté de suspendre les séances, l'Assemblée s'occupa des moyens d'empêcher à l'avenir une pareille atteinte i ses droits, et quelques voix s'élevèrent pour proposer de se rendre à Paris, sur le champ, à pied et en corps, mais le calme de la sagesse devait présider aux actes de cette noble réunion des représentantsde la France, et chacun se rallia à la proposition de sceller par un serment la résolution qu'ils avaient prise de rester réunis. Bailly voulut le prêter le pre-