SERMENT DU JEU DE PAUME
er, et après que ses secrétaires eurent suivi son emple, il formula à haute et intelligible voix la me intention de l'Assemblée : ce de ne jamais
séparer, et de se rassembler partout où les cir- QStances l'exigeront, jusqu'à ce que la Constitution
royaume soit établie et affermie sur des fondemts solides, x» Ses paroles entendues au dehors >rovoquèrent des applaudissements et des cris unirsels et réitérés de : a Vive le roi ! j> poussés à la fois r le peuple et les députés qui attestèrent par leurs (natures l'inébranlable engagement qu'ils venaient ^contracter. Un seul député, Martin d'Auch, fit op- «ition et se sépara du reste de ses collègues. C'est ec un sentiment de respect et non sans émotion le Ton peut voir dans nos Archives nationales les iges de ce registre, couvertes de ces signatures, au ilieu desquelles se remarque encore la trace des mites de pluie qui tombèrent à travers la toiture lal jointe du Jeu de Paume.
Presque au moment où se passait cette scène, dont J^^SSm
grandeur reste vivante dans l'imagination des **""JiJ}J|jJ :*ançais, comme rappelant l'un des faits les plus i9«iioi«i ^marquables de leur histoire, le garde des sceaux arentin allait retrouver le roi à Marly. Il avait été écidé, la veille, dans un conseil des ministres que . délibération constituant le Tiers-État en Assemblée alionale serait annulée. Necker y avait lu deux proits de déclarations prescrivant aux trois ordres, au om du Roi, de se réunir pour délibérer sur toutes 18 affaires générales, le souverain se réservant forlellement le droit d'approuver ou de rejeter les dis- OBÎlions civiles et politiques qui lui seraient pré-
sentées» tout en tolérant Texamen c des défauts inhérents à la vieille ordonnance des États généraux et la recherche des moyens de perfection ». Louis XVI, dans ces déclarations, écartait avec vigueur les idées naissantes de la constitution de ces États en une seule assemblée, annonçant, d'une manière positive, qu'il refuserait son assentiment à toute espèce d'organisation législative qui ne serait pas composée au moins de deux chambres. Une discussion des plus vives sur Taudace des concessions accordées par le banquier genevois aux prétentions populaires, s'ouvrit dai» le conseil qui, après avoir fixé au lundi 22 juin la date de la séance royale, la remit au mardi 23. Le samedi 20 juin qui précéda ce jour, le conseil des ministres auquel assistèrent les deux frères du Roi et le conseiller d'État Lambert, devait, par une singulière coïncidence, donner aux hommes de l'avenir l'étrange spectacle de chefs d'un grand pays discutant dans le vide de leur puissance écroulée, les volontés d'une nation au moment môme où ses représentants prenaient avec l'autorité d'une force sûre d'elle-même la résolution de s'affranchir des liens d'un passé barbare et d'assurer à chaque individulefruitde son travail et le respect desa dignité personnelle. Incapables, parsuitedeshabitudesdeleur vie, des intérêts et des passions qui avaient rempli leur existence, de comprendre la portée des événe* ments qui venaient de se dérouler sous leurs yeux, les ministres et le Roi rejetaient les vaines et puériles avances que Nccker croyait devoir faire aux opinions populaires* Louis XYI biffait de sa main l'article ou le contrôleur général accordait les réunions des ordres,