‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 149 sur 245 · CONSEILS DES MINISTRES · texte numérisé non relu

CONSEILS DES MINISTRES

isde tenir une séance royale était une inspiraurageuse, puis, voulant répondre au reproche * émis des opinions trop téméraires, il opposa solutions pleines de prudence arrêtées dans le I, celles qu'il libellait en ces termes et qui t ne manquaient point de hardiesse, n fallait et beaucoup pour déclaref d*une )éremploire :

Que les prérogatives honorifiques attachées Tsonnes et les droits appartenant aux terres irraicnt éprouver de modification sans Tavis is ordres pris séparément ; Que le Roi ne donnerait jamais son approbaétablissement constitutionnel d'un corps légismposé d'une seule chambre; Que le Roi s'opposait formellement à l'admiss étrangers dans la salle des assemblées détes;

)ucle Roi se réservait le pouvoir exécutif dans sa de, et notamment l'administration de Tarmée ; Que toutes les dispositions civiles et politiques ts généraux devaient être soumises à la sanc-

monarque. »

laborant ces articles, Necker s'écrie : « Que iproche ces dispositions de l'esprit qui coml à se développer à la fin de juin 1789, et l'on si elles avaient un caractère de timidité. Ne

pas ôter au gouvernement l'appui de l'opijblique, continue-t-il, je conseillais exacte- 3 qu'il fallait pour la gagner et rien de plus, ait s'en fier à moi pour une telle appréciîi- ^lein de confiance dans le plan de conciliation

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qu'il préconisait, il déplore les mutilations subies par son œuvre et va jusqu'à écrire : a Si on eut accompagné ces importantes dispositions de toutes les vues générales de bien public exprimées dans la déclaration du Roi, il serait résulté... d'un tel ensemble un si grand mouvement d'amour et de confiance envers le prince et envers le gouvernement, que Tautorité royale, aidée de l'opinion publique, aurait pu diriger les États généraux ou les tenir du moins en respect. » Étranges illusions, auxquelles il serait difficile de croire, si nous n'avions pas le récit des deux principaux acteurs de ces conseils secrets qui faisaient fixer la séance royale provoquée par Necker au 23 juin et allaient compromettre de plus en plus Louis XVI aux yeux des Français, en changeant le titre de protecteur de la nation qu'une habitude touchante attachait encore à la personne du Roi de France en celui de traître et d'ennemi des aspirations nationales.

Ce fut dans la nuit du 21 que Bailly, réveillé à deux heures du matin, reçut une lettre de Louis XVI annonçant que la séance royale indiquée pour le lundi serait tenue le mardi 23. La lettre du marquis de Brczé chargé de cette communication portait rheure de minuit, ce qui prouve, dit Bailly, que cette décision fut prise à l'issue d'un grand conseil. Le 22 juin, l'Assemblée se rendit d'abord aux Récollets, puis dans la nef de l'église Saint-Louis, où s'installèrent dans le chœur des membres du clergé. Plusieurs députés absents lors de la séance du Jeu de Paume venaient signer leur adhésion et prêter serment, quand, en présence du public qui avait envahi

SÉANCK ROYALE DU 23 JLIN. 579

les places restées vides, se présenta Tévêque de Charircs à la tôle d*unc députation des représentants du clergé avec mission de faire connaître la résolution prise pur la majorité de son ordre de se réunir au Tiers-Élat pour la vérification des pouvoirs et réclamer une place parmi les communes,

Lo lendemain, la séance royale offrit l'odieux appareil d'un lit dcjustice; le Tiers-État, qui devait entrer par une porte détournée dans la salle des séances, 56 vil cnvirooné de soldats, séparé par des barrières Termant les rues voisines d'un public sympathique, sa véritable garde et son véritable appui. Les députés, en s'accumulant dans l'étroit espace d'une galerie où il y avait ordinairement un café, débordèrent bientôt au dehors, attendant sous la pluie (|ui tombait l'ouverture de la porte, pendant (jue les deux premiers ordres arrivant par le chemin de l'avenue occupaient leurs places. Des murmures, qui prirent bicnlôt le caractère de protestations contre une pareille inconvenance, ne tardèrent pas à s'élever et Bailly, sentant, conmie il l'écrit, que (c le soin de la dignité reposait sur lui seul » vint frapper à la porte des gardes du corps, lesquel sassurèrent qu'on allait bientôt entrer. L'attente se prolongeant, les murmures redoublèrent. Bailly demanda par la même voie que la première fois le grand maître des cérémonies. « On ne savait où il était ». Des manifestations exigeant la retraite des députés s'accentuaient de minute en minute, et Bailly, plein d'inquiétude en présence de la situation que créerait au Roi Tabsence des députés des communes devenus la majorité des élus aux États généraux depuis Tad-

jonction du clergé, prévint M. de Brézé que les représentants de la nation se retireraient, s'ils n'ctaient pas reçus à l'instant même. La porte s'ouvrit alors et Bailly entra, escorté du grand maître et du maître des cérémonies, à la tête des membres de rAssemblcc nationale qui vinrent dans le plus profond silence occuper leurs sièges entre les deux premiers ordres assis sur leurs bancs.

Le Roi, entouré comme d'habitude sur son trône, des princes du sang, des officiers de sa cour et de tous ses ministres, sauf de Necker qui au dernier moment avait refusé d'assister à la séance, prit un ton autoritaire et condamna en ces termes la conduite de rAssemblcc : « Je croyais avoir fait tout ce qui était en mon pouvoir pour le bien de mes peuples... Il semblait que vous n'aviezqu'à finir mon ouvrage...; les États généraux sont ouverts depuis près de deux mois, et ils n'ont point pu encore s'entendre sur les préliminaires de leurs opérations. Une parfaite intelligence aurait dû naître du seul amour de la patrie, et une funeste division jette l'alarme dans tous les esprits... Je dois au bien commun de mon royaume, je me dois à moi-même de faire cesser ces funestes divisions.... Après avoir établi clairement les droits respectifs des différents ordres, j'attends de leur attachement pour ma personne, j'attends de la connaissance qu'ils ont des maux urgents de l'État, que dans les affaires qui regardent le bien général, ils seront les premiers à proposer une réunion d'avis et de sentiments.... qui doit opérer le salut de TÉtaL (c A la suite de ce discours l'un des secrétaires d'État donna lecture de la déclaration suivante:

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