‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 16 sur 245 · ARRESTATION DV CARDINAL DE ROHAN · texte numérisé non relu

ARRESTATION DV CARDINAL DE ROHAN

viron dix minutes. Après quoi, M. le baron de Breteuîl,suivant ses instructions» a suivi le cardinal, a pris aveclui, de la part du roi» M. de JouiTroy» sous-lieutenant des gardes du corps... et Ta chargé d'arrêter le cardinal... L'après-midi, le cardinal a été amené à Paris. i> Le lendemain, M. deRohan était conduit à la Bastille, et le même journaliste disait : < On persiste à donner pour motif de sa détention, rescro(}uerie d'un collier sous le nom de la reine... Du reste, le cardinal fait bonne contenance... personne de sa maison ne semble impliqué dans cette aventure. On parle seulement de M""* de Lamotte, une des maîtresses de cette Eminence, qui est absente. r>

Il était difficile de connaître avant quelque temps les détails d'une aventure qui avait dû sa réussite a une spéculation commerciale et à Tinconcevable crédulité d'un cardinal. Mais le nom de Marie-Antoinette, l'objet dont il s'agissait, un collier, éveillèrent dès le premier jour Thostilité du public contre cette princesse et en même temps sa sympathie pour un grand seigneur impliqué, croyait-on, dans un désagréable procès par suite des luxueuses fantaisies d'une reine.

Depuis que Rohan avait cru voir Marie- Antoinette dans un bosquet de Versailles, il n'avait plus douté des relations de M""* de Lamotte avec sa souveraine. La comtesse profitant au plus vite de ce regain de conBance, demanda cinquante mille livres pour des personnes auxquelles s'intéressait cette princesse, puis cent mille qui furent aussitôt comptées par le cardinal, et l'abondance dès ce jour régna dans le ménage Lamotte.

et

4eLuM4te, SidéceA-

uporta Témoin de son luxe et an courant de ses vanteries^

an avocat en Parlement. La porte, ne doata pas plus que le cardinal des fructueuses relations de la comtesse, et songea aussitôt à tirer parti d'une aussi utile connaissance, tant dans son intérêt que dans celui de joailliers de la cour, MM. Bœhmer et Bassenge. Ces deux industriels composant un collier avec des diamants d'une grosseur et d'une pureté rares, l'avaient ofiFert à Marie-Antoinette qui s'était écriée, d'accord avec le roi : « Nous avons plus besoin de vaisseaux que de colliers, i» et depuis plusieurs années ce coûteux bijou se promenait de cour en cour sans être accepté ! La présence de M'** d'Oliva à Versailles sous la trompeuse apparence de sa souveraine, remontait à cinq mois, quand le 27 décembre 1784, Laporte vint trouver M"* de Lamotte en compagnie de Bassenge. Le joaillier exposa à la comtesse le service qu'elle pourrait lui rendre en l'aidant à mettre fm à une spéculation onéreuse. Elle allégua au premier moment qu'elle ne s'était jamais mêlée d'affaires de ce genre, et ce ne fut que sur l'insistance de Bassenge qui fit briller sous ses yeux le précieux joyau qu'elle finit par promettre d'en dire quelques mots si l'occasion se présentait.

Trois semaines s'étaient écoulées depuis cet entretien et Bassenge qui avait perdu tout espoir de réussite se plaignait au beau-père de Laporte, M. Âchet, des pertes considérables d'intérêts que lui causait une si coûteuse parure. Je donnerais bien mille louis à celui qui serait assez heureux pour nous en faciliter la défaite, dit-il. a Je ne demande

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