‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 152 sur 245 · PROJET D'ADRESSE DE MIRABEAU · texte numérisé non relu

PROJET D'ADRESSE DE MIRABEAU

Puis fixant son attention sur l'esprit d'anarchie, prêt >">»^^

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à envahir comme une flamme les nations qui n'ont projetd'adi pas su réteindre à sa naissance, Mirabeau développe la vraie sim un projet d'adresse aux électeurs français, destiné à ° ^*^" refréner les excès de la colère et à conserver dans la royauté une sorte de levier qui n'avait pas encore perdu toute puissance. « Les prétentions de la noblesse, son attachement à des lois gothiques et barbares, mais surtout les formes vraiment extraordinaires dont on s'est servi pour faire intervenir le Roi, ont échaufl'é les esprits, lorsque les plus grands ménagements sont tous les jours plus nécessaires... Us méritent d'être envisagés comme des incendiaires, et nous croyons devoir vous présenter le tableau de notre vraie position, pour vous prémunir contre les exagérations et les craintes, qu'un zèle trompé ou que des intentions coupables pourraient alîecter de faire prévaloir. Dans cette même journée où un appareil plutôt menaçant qu'imposant vous montrait un monarque absolu et sévère. . . , nous avons entendu de sa bouche les déclarations les plus pures de ses grandes vues. — Non, les formes les moins propres à concilier les cœurs ne nous déguiseront point les sentiments de notre Roi. . . Et comment les sentiments du Roi pourraient-ils causer quelques alarmes? Si nous connaissions moins ses vues, n'avons-nous pas la garantie de ses lumières et de son intérêt? L'aristocratie cessera-t-elle jamais d'être l'ennemie du trône ? N'est-ce pas une vérité démontrée, que le peuple ne veut que la justice, mais qu'aux grands il faut du pouvoir? Le Roi qui s'est déclaré le père de son peuple... ne consacrera point les titres de la spo-

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liation.... C'est à In fatigue des obsessions..., à l'espoir (l'opérer promptement la réunion... que nous attribuons les déclarations en faveur de la séparaiion des ordres, du veto des ordres, des privilèges féodaux... Ce qui est vrai, jusie, nécessaire ne peut pas être disputé louf^temps. . . Notre confiance est donc ferme et tranquille. Vous la partagerez avec nous... C'est à vous à nous aider dans la carrière qui nous est ouverte par vos conseils et par vos lumières : vous entretiendrez partout le calme et la modération ; vous serez les promoteurs de Tordre, de la subordination, du respect pour les lois...; c'est dans une classe vénale et corrompue que nos ennemis cbercheront à exciter des tumultes..., on exagère beaucoup, Messieurs, le nombre de nos ennemis. Plusieurs de ceux qui ne pensent pas comme nous sont loin de mériter pour cela ce titre odieux... Des bommes qui, entraînés par les préjugés de l'éducation et les babitudes de renfimce, n'ont pas la force de remonter le torrent... ont redouté de notre part des prétentions exagérées... Ces hommes méritent de notre part des ménagements : il faut plaindre les uns, donner aux autres le temps de revenir, les éclairer tous... Déjà nous pouvons nous honorer de plusieurs conquêtes heureuses et paisibles... Qu'il sera glorieux pour la France pour nous, que cette grande révolution ne coûte à l'humanité ni des forfaits ni des larmes!... Une nation, trop fière de sa constitution et des vices de la nôtre, a souiïeit plus d'un siècle de convulsions et de guerres civiles avant que d'aifermir ses lois. L'Amérique même, dont le génie tutclaire des mondes semble récompenser anjourdliui

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