PROJET D'ADRESSE DE MIRABEAU
Tranchisscment qui est notre ouvrage, n'a joui de bien inestimable qu'après des revers sanglanis. Et is, Messieurs» nous verrons la même révolution pérer par le seul concours des lumières et des sntions patriotiques. Nos combats sont de simples eussions, nos ennemis sont des préjugés pardon- )les, nos victoires ne seront point cruelles... listoire n'a que trop souvent raconté les actions i de bêtes féroces, parmi lesquelles on distingue loin en loin des héros; il nous est permis d'espérer ^ nous commençons Thistoire des hommes... and on pèse tout ce qui doit résulter, pour le iheur de vingt cinq millions d'hommes, d'une istitution légale..., du concours de toutes les ontés, de toutes les lumières pour le perfectionnent de nos lois..., de l'adoucissement des impôts,
l'économie dans les finances, de la modération 18 les peines, de la règle dans les tribunaux, de lolition d'une foule de servitudes qui entravent idustrie et mutilent les facultés humaines; en un i de ce grand système de liberté qui, s'affermisit sur les bases des municipalités rendues à des étions libres, s'élève graduellement jusqu'aux adnistrations provinciales et reçoit sa perfection du our annuel des États généraux..., on sent que le is grand forfait, le plus noir des attentats contre umanité, serait de s'opposer à la haute destinée
notre nation^ de la repousser dans le fond de btme... Mais ce malheur ne pourrait être que le lultat des calamités de tout genre qui accompaent les troubles, la licence, les noirceurs, les )minations des guerres civiles. Notre sort est
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dans notre sagesse. La violence seule pourrait... anéantir celte liberté que la raison nous assure... Tels nous nous sommes montrés... tels nous serons toujours affermis dans la résolution de travailler, de concert avec notre Roi, non pas à des biens passagers, mais à la constitution même du roy»iume.... »
L'Assemblée fut électrisée par ce discours dont nous avons tenu à citer de longs passages, parce qu'il peint à ce moment les convictions qui régnaient dans les esprits, parce qu'il représente le programme politique dont Mirabeau ne s'est jamais écarté. De tous les coins de la salle Ton demandait l'impression de cette adresse, quand Tannonce de Tarrivée de la noblesse en corps et de la minorité du clergé interrompit la séance, et la lusion de tous les ordres clôturait les États généraux, établissant d'une manière définitive l'Assemblée que l'histoire appelle laCoiistiluante.
« Messieurs, dit le cardinal de la Rochefoucauld, président de La minorité du clergé, nous sommes conduits ici par notre amour et notre respect pour le Roi, nos vœux pour la paix et notre zèle pour le bien public. » L'ordre de la noblesse, reprit à sa suite le duc de Luxembourg, a arrêté ce matin de se rendre dans la salle nationale, pour donner au Roi des marques de son respect et à la nation des preuves de son patriotisme. »
et Messieurs, répondit Bailly, le bonheur de ce jour qui rassemble les trois ordres.... ne me laisse pas la liberté d'idées nécessaires pour vous répondre dignement....