L'HOTEL DE VILLE ENVAHL
- de THôtel de Ville par l'imprudence d'un homme ^ ivre fumant sur les tonneaux ouverts, dont l'abbé dut acheter la pipe pour conjurer un pareil désastre, Besenval fit sortir les troupes de Paris dans la nuit du 12 au 13 juillet, vers une heure du matin, laissant la ville à elle-même et vint de sa personne tenir conseil à l'École militaire. Il s'était rendu de là aux Invalides, quand, dans la journée du 13, le gouverneur de Sombreuil lui conduisit une députation de deux districts demandant la livraison des trente-deux mille fusils de l'Hôtel.
Sur son refus d*y consentir, Sombreuil lui avoua qu'inquiet de voir ces armes tomber entre les mains du peuple, il avait voulu en faire retirer les chiens et les baguettes, mais que vingt invalides, en six heures, n'avaient désarmé que vingt de ces fusils. Complicité des Parisiens de toutes classes que vint affirmer, le lendemain, un inconnu d'une belle prestance qui, entrant dans la chambre de Besenval, les yeux enflammés, à cinq heures du matin, lui tenait ce langage : « Monsieur le baron, il faut que vous soyez averti pour prévenir toute résistance inutile aujourd'hui; les barrières de Paris seront brûlées; f ensuis sûr et ny peux rien, ni vous non plus, N* essayez pas de V empêcher, vous sacrifieriez des hommes sans éteindre un flambeau. y>
Les Électeurs en permanence firent en sorte que les agents du gouvernement, qui étaient suspects à tout le monde, fussent écartés, et que personne ne pût entrer dans la capitale sans décliner ses nom et qualités. Des illuminations avaient été ordonnées pour combattre les ténèbres et, à la lueur de clartés vaci!-
Hi4 LIVUK TROISIÈME.
lantes, passaient dans le plus profond silence des pelotons de gens armés qui ressemblaient à des fantômes et produisaient le plus terrifiantspectacle durant toute la nuit du 13 au 14 juillet. Avec le jour, le peuple reprit avec une nouvelle ardeur la recherche des armes et assiégeait l'Hôtel de Ville pour en obtenir, reprochant les refus involontaires et les défaites qu'il avait essuyées la veille; il parlait de Tarrivée des hussards dans le faubourg, des canons de la Bastille menaçant la population du faubourg Saint-Antoine, canons qu'on avait vu charger et pointer. Dès les neuf heures, les portes des Invalides furent forcées et les vingt huit mille fusils cachés dans les caves sous le dôme, enlevés par le peuple qui se portait en masse autour de l'Hôtel de Ville, s'adressantau pouvoir constitué par la force des événements pour lui demander la prise de la Bastille, a comme si cela dépendait de lui )>, écrit Dusaulx, ne cessant de réclamer des armes, de la poudre, quand le bruit se répandit que des caisses étiquetées Artillerie venaient i'arriver. Il s'agissait sans doute de l'envoi de Charleville; on les ouvre et on n'y trouve que du vieux linge, des bouts de chandelle et des morceaux de bois. Un cri général de trahison s'élève de toutes parts contre le prévôt des marchands, et les membres du Comité permanent que Ton accuse de complicité. Des efforts sont faits pour calmer la foule, FIcsselles, pour détourner la colère d'un rassemblement dangereux, l'envoie chercher des armes \u\ Chartreux et aux Céleslins où il n'en existait )as, et, en dépit des déconvenues qu'il avait eauices, voulut rester à THôlel de Ville avec les quatre