PRISE DE LA BASTILLE
ficierde Salis-Samade les côtés faibles du château, lui exprima ses craintes, sans dissimuler l'impossibilité d'en empêcher la prise dans le cas d'une attaque, impossibilité que contesta cet officier en lui faisant envisager, nous apprend-il, a que ses craintes étaient mal fondées, que la place était forte et la garnison assez nombreuse, si chacun voulait faire son devoir pour la défendre jusqu'à ce qu'on puisse la secourir. » M. de Flue, l'officier en question, passa en revue, après cette conversation, les événements dont il avait été témoin et dont il avait failli devenir victime. En suivant son récit, nous voyons de Launay faire rentrer à la Bastille les poudres en dépôt à l'Arsenal dans la nuit du 12 au 13 juillet, quand Paris était soulevé depuis le matin, donner l'ordre à la garnison de se concentrer dans l'intérieur de la place où il y avait pour deux jours de pain, pour un jour de viande, approvisionnement auquel il ajoute deux sacs de farine. Le lendemain, c'est-à-dire le 14, sur la demande d'un électeur de Paris, Thuriot de la Rosière qu'il reçoit dans la place, de Launay consent, pour rassurer la population, à faire retirer les canons de leurs embrasures, qu'on masquera avec des planches, concession moins étrange cependant que la permission donnée à Thuriot de haranguer les officiers et les soldats, en les sommant de se rendre, au nom de la nation, au nom de l'honneur et de la patrie, discours qui aboutit, sur la provocation même du gouverneur de la Bastille, au serment prêté par la garnison de ne faire feu et de ne se servir de ses armes que dans le cas où elle serait
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Cette espèce de reddition morale de la place par l'officier chargé de la défendre jusqu'à la dernière extrémité, ainsi que le portail le billet de Besenval. était à peine accomplie qu'on vit arriver une foule armée de sabres, de fusils et de haches, criant : a Nous voulons la Bastille^ àbasla troupe! d C*est alors que deux hommes» montant sur le toit du premier corps de garde^ coupent et brisent à coups de hache les chaînes d*un premier pont-levis et, à la suite de pourparlers entre la garnison et les députés envoyés en parlementaires par les électeurs, s'engage un combat confus où chacun se défend d'avoir tiré le premier.
Une heure s'était à peine écoulée après la retraite de ces premiers assaillants, qu'arrivent un tambour et un drapeau précédant une nouvelle députation de la Ville qui est admise dans la première cour et reçue par une décharge de mousqueterie, l'obligeant à se retirer, au moment où survenait une multitude de citoyens armés, parmi lesquels figurait un détachementde gardes- françaises avec des canons pour faire le siège en règle de la Bastille. Sur ces entrefaites de Launay perd la tête quand on lui parle de se rendre et, pour échapper au sort cruel qui l'attendait, saisissant la mèche d'une des pièces de canon, court au magasin à poudre placé dans une des tours avec l'intention de faire sauter la Bastille et les quartiers qui l'environnent. Mais deux sous-officiers, dont l'un devait être pendu par le peuple peu d'instants après, empêchent ce coup de désespoir. Le malheureux gouverneur, dans l'état d'exaltation où il se trouve, interpelle la garnison, lui demande le parti