NOMINATIONS DE BAILLY ET LA FAYETTE. M
lion, dit-il, vient avec confiance au milieu de ses représentants les inviter à trouver les moyens de ramener Tordre et le calme...; j'ai donné ordre aux troupes de s'éloigner de Paris et de Versailles. Je vous autorise, et je vous invite même à faire con*' uaitre mes dispositions à la capitale. »
Entoure d'une foule de députés, le Roi retourna aa château, traversant les rangs serrés d'une quantité de spectateurs qui voulaient jouir de son aspect, et lorsque la reine présenta au peuple le dauphin du haut du balcon, elle reçut sa part des acclamations populaires.
Les Électeurs, dans la nécessité où ils se trouvaient de pourvoir aux besoins d'une ville n'ayant que pour trois jours de vivres, s'empressèrent d'établir un comité de police et un comité des subsistances et de prendre des mesures pour racheter les fusils tombés entre des mains suspectes. Chargeant la milice parisienne de veiller à l'acquittement des droits d'octroi, ils venaient de lui donner l'ordre de faire dépaver les rues sur le bruit que le régiment de Vintimille s'était avancé jusqu'à La Chapelle, quand se présenta un citoyen haletant, comme à Sparte, qui avait couru annoncer la présence du Roi au mi* lieu des représentants et la prochaine arrivée d'une députation de l'Assemblée nationale dans la capitale. Une foule immense se porta tout aussitôt à la rencontre de cette députation aux cris de : Vive la nationl vive le roil vivent les députés! dont on prenait les mains et qu'on embrassait dans les transports de la plus vive allégresse.
Après la réception des commissaires de l'Assem^
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bléeà l'Hôtel de Ville» en présence du refus par le duc d'Aumont d'accepter ie commandeinent de la garde nationale, les Electeurs ne savaient sur qui faire porter leur choix, lorsque Moreau de Saint-Mery, montrant d'un geste le buste du général La Fayette envoyé par TËtat de Virginie, ce fut comme un trait de|lumière, et La Fayette, proclamé d'une voix unanime, tira son épée et prêta le serment de sacrifier sa vie à la conservation de cette liberté si précieuse doot on lui confiait la défense» au même instant des vois se mirent à crier : « Baitty^ prévôt des marehanù! — Nofiy pas prévôt des marchands^ répondirent les assistants, mais maire de Paris! » Bailly, troublé, s'inclina et accepta, sans se rendre compte que, depuis le départ de Necker, ce serait sur lui que reposeruit le lourd fardeau de pourvoir à la subsistance de la capitale et que, par suite de la démission du lieutenant de police, M. de Crosne, il aurait à sa charge la police de cette grande cité. Il observe dans ses Mémoires que, du reste, il n'aurait pu refuser, tant les citoyens, nourris d'inquiétude et de défiances, étaient facilement accessibles aux soupçons. Appelé ce même jour à présider les Électeurs, il reçut d*eux la mission de supplier le Roi de se rendre le lendemain à Paris, mission qu'il remplit avec succès dès son retour à Versailles. Ainsi, l'Assemblée apprit à la fois réloignement des ministres qu'elle demandait, le rappel de M. Necker, et l'annonce de la visite de Louis XVI dans sa capitale.
Le lendemain de ce jour si ^rempli d'événements solennels, Bailly, suivi d'une députation des électeurs et du corps municipal, vint à Chaillot lu