ABOLITIONS DE PRIVILÈGES
ient de l'Assemblée nationale, Chapelier» réclama droit de présenter, lui-même, le voeu de sa pronce à la nation, en exposant les motifs de prudence li avaient engagé quelques sénéchaussées de la *etagne à lier en partie les mains de leurs mandaires, alors les députés bretons s'avancent au milieu \ la salle et annoncent que, lorsque leurs comettants leur ont prescrit impérativement de ne pas noncer aux privilèges de la province, ils ne prélyaient pas Theureuse réunion de tous les ordres, 16 leurs commettants n'ont pas moins de zèle et $ patriotisme que les autres Français ; qu'ils ne »utent pas qu'ils ne s'empressent de réunir leurs térêts à ceux du reste du royaume. Les représennts des villes de Dijon , de Lyon , de Bordeaux, iralisant de patriotisme avec ceux des provinces, HDpressent d'abandonner leurs privilèges; les iputés de la commune de Paris eux-mêmes se déirent autorisés par leur mandat à renoncer exprèsment aux immunités pécuniaires dont jouissent les ibitants de la capitale.
c L'ivresse de la joie, dit à ce propos l'auteur des holutions de Paris, s'est aussitôt répandue dans 118 les cœurs : on se félicitait les uns les autres, on mmait avec enthousiasme nos députés, les pères lu Patrie ; il semblait qu'un nouveau jour allait ire sur la France. Il s'est formé des groupes dans esque toutes les grandes rues. Près de tous les ots, on attendait pour ainsi dire les passants pour jir apprendre ce qu'ils auraient peut-être ignoré iqu'au lendemain. On était aise de partager sa e, de la répandre... Il est des moments dans la
vie des peuples comme dans celle des hommes, qui font oublier des années de douleur et de calamité. » Bâillv, dans son enthousiasme, célèbre ainsi cette mémorable nuit : a On peut regarder ce moment eomme l'époque d'une nouvelle révolution, j'eo eompte trois : celle du 7 juin, où les communes ont repris l'autorité souveraine et nationale ; celle du 14 Juillet, où le peuple armé a fait éclore la véritable force publique, et, en renversant la Bastille, a détruit le pouvoir arbitraire; enfin la nuit du 4 Août, où toutes les charges qui pesaient sur le peuple ont été détruites et où la France a été vraiment régénérée. » Bailly, toutefois, entrevoit le danger de ces propositions entassées, précipitées, dont plusieurs ont été trop tôt décrétées, car il ajoute : c II en a résulté un relâchement de tous les liens. . . , les esprits n'ont pas saisi les limites du bien qu'on avait voulu faire... Il était instant de soulager le peuple des campagnes, mais il fallait assurer la Révolution, fixer le nouvel ordre de choses; et pour cela il n'y avait qu'un moyen sûr, c'était d'y attacher le peuple. »
Problème dont la solution paraissait aussi inévitable que périlleuse à celui que Ton a appelé l'hercule de la Révolution. « Qui ne sait pas, observe Mirabeau à l'occasion des troubles qui épouvantaient le pays, que le passage du mal au bien est plus terrible que le mal lui-même; l'insubordination du peuple entraîne des excès affreux...; le Comité a proposé i l'Assemblée de publier une déclaration solennelle pour témoigner sa profonde douleur des troubles qui agitent les provinces. Les opposants à la déclara-