‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 172 sur 245 · LETTRE DE MIRABEAU A SON ONCLE · texte numérisé non relu

LETTRE DE MIRABEAU A SON ONCLE

se flattaient d'entraîner tous les suffrages en faisentir que le patriotisme commandait de grands ifices et qu'au lieu de vaines formules adhortats, bientôt méprisées par le peuple, il fallait porles offrandes sur l'autel de la paix.... Il est cerque la séance du 4 août offrait à des observa- 3 un spectacle singulier. L'Assemblée était dans jurbillon électrique et les commotions se succént sans intervalle. Pourquoi délibérer quand on d'accord... Ne suffisait-il pas d'énoncer toutes propositions patriotiques pour les prouver ?... pèce de défi des différents ordres qui se provoent à des concessions réciproques tournait tout 3r au bien général ; il semblait qu'on mît à l'en- •e tous les vieux effets, tous ces titres poudreux a féodalité, et que le prix demandé pour la destion de l'un fût la destruction d'un autre. » erme dans ses convictions, qu'aucun événement >u ébranler, l'homme privé était d'accord avec le naliste, et nous rencontrons, à propos de cette ce célèbre, si souvent regrettée et même traie, une lettre caractéristique de Mirabeau à son e, reconnaissant à la fois sa légitimité inexorable s dangers.

J'ai toujours pensé comme vous, mon cher Lettre

. ' t . 1 • . , de Mirabeau

e, et mamtenant encore plus que jamais, que la à son oncie h uté est la seule ancre de salut qui puisse nous pré- 8éaTeTu'4*AÔûi. er du naufrage... Ce que vous me fîtes l'honneur le dire sur la précipitation des arrêtés du 4 Août incore entièrement conforme à mes principes ; je ne puis croire, quand môme la plus grande ie du royaume n'aurait pas adhéré à ces

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arrêts, que F Assemblée ait excédé ses mandats.... l'aurais voulu que toutes les questions de privilèges Dt de fiefs, de propriétés acquises à titre onéreux eussent été discutées... Chaque parti aurait regagné par la conciliation des esprits ce qu'il aurait perdu par des sacrifices ; on aurait du moins évite le danger d'écraser sous un monceau de ruines Tédifice deU liberté. Ce n'est pas, mon cher oncle, que j'aie le moindre regret à l'abolition de ce qui restait du système féodal... Vous pensez qu'un seigneur de tîefs n'est qu'un utile protecteur de ses vassaux, et, jugeant des autres par vous-même, jugez des principes par votre cœur... Mais veuillez bien penser que pour le malheur de l'humanité, des seigneurs qui vous ressemblent sont excessivement rares ; veuillez bien vous rappeler quel a été depuis une année finconcevable délire de la noblesse ; comment elle s'eet liguée tour à tour avec les Parlements qu'elle ne devait pas défendre, avec la Cour qu'elle n'aurait pas dû servir, et vous concevrez sans peine que son anéantissement est son propre ouvrage. Il n'est pas un membre des Communes qui ne fût venu dans l'Assemblée nationale avec des sentiments très modérés; mais les obstacles qu'il a fallu surmonter pour fondre les ordres dans une seule Assemblée ont échauiTé tous les esprits. . . La démence de la Cour dans l'affaire du 14 Juillet acheva de tourner toutes les têtes; on ne chercha plus dans ce moment à établir la liberté, on crut l'avoir conquise ; et il fut, dès lors, facile de prévoir qu'une révolution qui commençait par le siège de la Bastille et par des têtes tranchées, irait cent fois plus loin qu'on aurait pu le penser.»

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