SUPPRESSION DES SERVITUDES FÉODALES
tous les sacrifices que les circonstances impérieuses le forceront à faire... >
Et sur la motion d'un membre de la noblesse qui réclame le maintien rigoureux des règles arrêtées par l'Assemblée, d'après lesquelles on devait déii* bérer trois jours de suite sur les questions importantes, le comte de Montmorency réplique : « Toutes ces observations ne tendent qu'à écarter la rédaction du fameux arrêté: c'est un sentiment de patriotisme qui porte la noblesse et les ecclésiastiques à faire des sacrifices; il ne s'agit pas de délibérer trois jours pour accepter un bienfait. »
Les questions de mainmortes, mortes- taillées, sapprMH guets et autres servitudes féodales provoquèrent f<:^daSrÏN des débats animés dans lesquels plusieurs membres L'Am^m^ de la noblesse excipèrent des mandats qu'ils avaient '^JJ^„"°^\1'' reçus pour s'opposer à toute abolition actuelle de la app^uemiei féodalité, débats qui soulevèrent les défiances d'un public passionné, même parmi les membres de l'Assemblée, où l'un d'eux, cultivateur, à propos de la suppression des colombiers qui était contestée, 5*écria : a Je crois devoir reprocher à l'Assemblée luette variation dans ses décrets ; vous avez anéanti les colombiers ; comment peut-on agiter, aujourd'hui, la question de les conserver ? Si cette fluctuation dans les idées subsiste encore, ce ne sont pas les États généraux^ mais les Étals éternels ! j>, exclamation à la suite de laquelle l'Assemblée finit [>ar décider l'abolition du droit exclusif des fuies et wîombierSj et la destruction du régime féodal, iprès un tumulte qui ne s'apaisa que sur la menace 'aite par le Président de se retirer. La question des
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dîmes fut résolue sur Tobservation de Mirabeau que la dime n'était pas une propriété^ mais une jouissance annuelle révocable à la volonté du souverain, une contribution destinée à cette partie du service public qui concerne les ministres des autels.
UÂssemblée, après cette résolution^ proclama solennellement Louis XVI restaurateur de la liberté française^ et le 12 septembre, un mois plus tard, les arrêtes du 4 août^ dont le peuple, suivant le témoignage du duc de Mortemart, attendait la promulgation, que le parti royaliste voulait ajourner indéfiniment, furent présentés à la sanction du souverain. Les députa repoussaient remprunt proposé par Necker comme cx)ntraire à la lettre de leurs cahiers, prescrivant de ne pas voter d'impôt avant qu'on eût voté une Constitution, quand le marquis de Lacoste dit : c Vous avez, par l'arrêté déjà célèbre que vous avez pris mardi dernier, 4 Août, rendu à la nation française toute la majesté que son nom lui promettait depuis longtemps.... Elle a cependant encore un grand obstacle à surmonter. La foi publique est chargée d'une dette immense et le peuple accablé d'impôts... Il faut satisfaire et le peuple et les créanciers de rÉtat... Le clergé a été doté primitivement des biens destinés au service du culte divin. Le culte divin a pour ministres essentiels les évêquesetlfô curés. L'ordre public veut que les uns et les autres soient payés par l'État.... La prospérité nationale nous commande l'annihilation de la dime ecclésiastique... Cette disposition donnera à l'impôt sur les terres des facilités inappréciables... Je me contenterai de vous offrir une esquisse d'arrêté sur cet im-