‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 180 sur 245 · RAPPORT DE NECKER SUR LES FINANCES · texte numérisé non relu

RAPPORT DE NECKER SUR LES FINANCES

instant même que Ton a besoin de votre intervention... Il me parait impossible, soit d'otTrir un plan au premier ministre des finances, soit d'examiner celui qu'il nous propose..., la seule vérification de ses chiffres consumerait des mois entiers... Il n'est pas de votre sagesse de vous rendre responsable de ^ révénement, soit en vous refusant à des moyens que

> vous n'avez pas le loisir d'examiner, soit en leur en * substituant que vous n'avez pas celui de combiner î et de réfléchir. La confiance sans bornes que la ^ nation a montrée au ministre des finances... vous ■ autorise suffisamment à lui en montrer une illimi- I tée dans les circonstances... M. Necker réussira et i nous bénirons ses succès... Si, ce qu*à Dieu ne r plaise, le premier ministre des finances échouait..., I le vaisseau public recevrait sans doute une grande

> secousse, mais... vous seriez là, voire crédit serait intact... Décrétons les propositions du premier ministre des finances, et croyons que son génie... saura se montrer au niveau de nos besoins et des circonstances. D L'Assemblée, acceptant spontanément la proposition qui lui était faite, chargea son auteur de reviser le projet de décret. A peine Mirabeau eutil quitté la salle que le baron de Jessé, abordant la tribune, s'écria : « La justice doit passer avant l'en* thousiasme ]>, et affirma que la contribution d'un quart du revenu ne pouvait être exigée d'un peuple plongé partout dans la misère ; d'un autre côté d'Epremesnil, quand il eut entendu la lecture du projet, demanda qu'on supprimât tout l'éloge de Necker. a Je ne vois pas, répliqua Mirabeau qui sentait l'Assemblée prête à revenir sur sa résolution, avoir

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élé souvent en ma vie soupçonné de flagornerie même d*abiis d*éloges. Lorsque, dans rarrèté dont TAssemblée m*a chargé de lui présenter le projet, j'ai rappelé la conâance sans bornes que la nation i montrée au premier ministre des finances, c*est on fait quej*ai raconté... Lorsque je oie suis retiré pour préparer ce que TAssemblée avait bieii voulu me charger de rédiger, on a beaucoup dit <fÊe j'alhis rapporter de Véloquenee et non un décret. Lorsque je reviens, on accuse mon projet de àécret de sécheresse, d'aridité', de malveillance... La vérité ne se trouve jamais qu'au milieu des assertions exagérées... Je n'ai point l'honneur d*étre Tami du premier ministre des finances; mais je serais son ami le plus tendre que, citoyen avant tout, et représentant de h nation, je n'hésiterais pas un instant à le compromettre plutôt que r Assemblée nationale... Il faat, i mon avis, que nous autorisions une mesure profondément nécessaire, à laquelle nous n'avons, quant i présent, rien à substituer; il ne faut pas.. . que nous en fassions notre œuvre propre... Personne n'a le droit de me demander ce que je pense individuellement d*un plan, sur lequel mon avis est que nous ne devons pas nous permettre de discussion..., afin d'éviter toute ambiguïté et de déjouertoutes les insinuations... je déclare que j'opposerais à ce plan de grandes objections s'il s* agissait (de le juger..., mais cette opinion, comme toute autre, n'est pas une démonstration. Je puis avoir tort, et n'ai pas même le temps de m'assurer si j*ai tort ou raison... Quant à la prétendue sécheresse du décret que je propose, j'ai cru jusqu'ici que la rédaction des arrêtés du corps

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