‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 182 sur 245 · ENVAHISSEMENT DU CHATEAU · texte numérisé non relu

ENVAHISSEMENT DU CHATEAU

à Versailles vers les dix heures du soir avec la garde nationale parisienne, lui fit, avant d'entrer dans la ville» renouveler le serment de fidélité à la loi et au Roi et, se rendit à l'Assemblée nationale pour expliquer sa présence, après avoir élé reçu par le président Mounier, puis par le Roi, il rétablit le calme et rendit par sa présence un peu de sécurité à la Cour; on croyait d'autant mieux pouvoir se rassurer que Louis XVI, à l'annonce de la venue des Parisiens, avait rappelé auprès de lui le président et les députés qui venaient de le quitter, leur certifiant qu'il n'avait jamais songé à s'éloigner de l'Assemblée nationale, et que les députés, convoqués par le son du tambour à une heure après minuit, s'étaient séparés à quatre heures sur les assurances données par M. de La Fayette du maintien du bon ordre et de la tranquil* lité générale. Mais, vers six heures du matin, quelques hommes du peuple s'étaient rassemblés sur les places de la ville, rôdant autour du château^ et la multitude, se formant en groupes animés, poussait des cris de fureur contre les gardes du corps. Une colonne, s'introduisant au château par la grille de la chapelle^ se dirige vers l'escalier du Roi sous la conduite d'un milicien de la garde de Versailles. Les gardes du corps se réunissent dans leur salle, mais ils sont contraints de l'abandonner, pendant que des émeutiers vomissant des injures contre la Reine, se précipitent vers son appartement. « Sauvez la reine! j> s'écrie à leur vue le garde du corps Miomandre de Sainte-Marie, fiûsant un rempart de son corps et arrêtant les furieux. Grâce à ce dévouement cette princesse, s'enfuyanl à demi nue, parvient à

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par la fouie

6 octobre.

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à Paris et k'eogage y rénider.

gagner l'appartement du Roi, qui allait être forcé, lorsque les grenadiers des gardes-françaises accourant en toute hâte, et bientôt suivis de La Fayette, vinrent protéger les gardes du corps, pourchassés par le peuple et victimes de sa rage meurtrière. Retirée dans les petits appartements, la famille royale attendait l'issue des événements, quand des cris partis de la foule, amassée dans la cour de Marbre, réclamèrent la Reine; elle hésitait, mais, sur l'observation de La Fayette qui représenta la nécessité d'acquiescer à une demande aussi pressante , elle prit ses enfants à la main et parut sur le balcon. € Paint d'enfants! » crie un homme du peuple. La Reine remet le dauphin et la dauphine à M"« de Tourzel et s'avance seule avec La Fayette, au même instant les volontés populaires exigeaient impérieusement que le Roi Pixât^son séjour dans la capitale, ce qu'il promit, à condition que la Reine et sa famille y viendraient avec lui. La Fayette, se joignant aux instances de Louis XVI pour obtenir la grâce des gardes du corps dont la vie était toujours menacée, ceux-ci se présentent au balcon, jettent au peuple leurs bandoulières, arborent des cocardes tricolores, échangent leurs chapeaux avec les bonnets des grenadiers, et l'ivresse de la joie, succédant dans la foule à celle de la fureur, des salves d'artillerie et de mousqueterie annoncent la victoire du peuple et le départ du Roi pour Paris.

Le Roi, accompagné d'une députation nombreuse de l'Assemblée nationale qui avait voté le matin <c que le Roi et l'Assemblée nationale étaient inséparables pendant la session actuelle j>, arriva dans

dans c«it0 Yille.

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